Le Périgord est situé entre les pentes cristallines des derniers contreforts du Massif Central au nord-est, et les riches plaines alluviales du Bassin Aquitain au sud-ouest. Il est principalement arrosé par la Dordogne, l’Isle, la Dronne, l’Auvézère et la Vézère. De cette position géographique transitoire découle toute une variété de reliefs, de végétations, de climats, si bien qu’il serait plus exact de parler d’un « Périgord pluriel ».

On peut découper le département en zones très différentes : la bande granitique qui s’étend au nord-est appartient au Limousin. Elle offre un visage verdoyant, avec de très nombreux ruisseaux et des torrents qui se sont taillé de rudes passages dans des gorges rocheuses (Auvézère, Haute-Dronne). Le nord du pays, Le Mareuillais, constitue une pénéplaine calcaire, propice aux cultures céréalières (et autrefois à des vignobles réputés). Le Ribéracois est fait de collines successives, aux formes douces, favorables à la polyculture et à l’élevage. Le Périgord central (en gros, le cours moyen de l’Isle et le pays entre Isle et Dordogne) va des granits d’Excideuil aux sables de la Double. Double et Landais sont des régions sablonneuses (autrefois riches en étangs insalubres) où l’absence de pierres a contraint les habitants à utiliser largement le bois et le torchis. Essentiellement axé sur la rivière Dordogne que bordent plateaux et terrasses, le Bergeracois est le pays par excellence du vignoble et des arbres fruitiers. Les terres alluvionnaires de la vallée sont d’une grande richesse. Le Pays de Belvès fut autrefois couvert de forêts. L’arbre a cédé la place à la polyculture et à l’élevage. Quant au Périgord Noir, c’est une région pleine d’antithèses : coteaux pierreux, causses peu fertiles, plateaux chevelus, combes verdoyants, vallonnements aux cultures variées, vallée de la Dordogne aux méandres nombreux, aux « cingles » impressionnants, falaises calcaires portant des châteaux menaçants (Montfort, Castelnaud, Beynac…) ou de pittoresques villages. C’est cette variété de territoires qui fait le charme du Périgord. (1)

Le Périgord, c’est aussi un terroir préservé et authentique, riche de son passé et de son histoire, de ses traditions et de sa culture. Pour reprendre la formule de Paul Timélou « le Périgord est un conservatoire vivant et spontané de l’architecture, de la ruralité mais aussi de la culture européenne dans ce qu’elle a inventé de meilleur, dans une durée incomparable… ».  (2)

Le découpage des zones touristiques du Périgord proposé par Perigord-Explorer.com

Pour partir à la découverte du département de la Dordogne, PERIGORD-EXPLORER.COM vous propose une carte établie en fonction du découpage suivant :

  • Quatre zones qui s’articulent autour des vallées naturelles, à savoir Val de Dronne, Vallée de l’Auvézère, Vallée de l’Isle, Vallée de la Vézère.
  • Trois zones qui s’inspirent plus ou moins des territoires regroupant certaines intercommunalités :
    – Pour le Périgord-Limousin, les territoires du Nontronnais, ceux du Pays de Jumilhac-le-Grand et ceux de la Communauté de communes du Pays de Mareuil-en-Périgord.
    – Le Pays des Bastides correspond au territoire de la Communauté de Communes des Bastides Dordogne-Périgord.
    – Pour le Pays de Bergerac, les territoires de la Communauté d’Agglomération Bergeracoise, ceux de la Communauté de communes Montaigne Montravel et Gurson et la partie sud du Pays Vernois.
  • Le Pays de Sarlat, a été découpé de façon plus arbitraire. Il correspond toutefois à une zone facilement identifiable, à savoir les territoires qui bordent la rivière Dordogne de Carlux au Buisson-de-Cadouin.

1. Périgord limousin

En Périgord limousin, la nature est reine et, dans cet environnement préservé, vous pourrez admirer une flore et une faune préservées ainsi que des sites naturels d’exception. Une partie de ce patrimoine naturel est mise en valeur dans le Parc naturel régional Périgord-Limousin.

Icon du territoire Périgord-LimousinLe Périgord limousin se situe au nord et au nord-est du département de la Dordogne avec, en son centre, Nontron, sa capitale. Il occupe les contreforts du Massif central et repose sur des formations de roches anciennes de l’ère primaire, reconnaissables par leur modelé tout en rondeurs, dont l’aspect général est comparable au Limousin, ce qui lui a valu la qualification de « Périgord limousin ». Le sous-sol est composé de granite à Piégut, de gneiss à La Coquille, et de schistes cristallins à Lanouaille. L’érosion a profité des microfissures des granites pour déstabiliser leurs structures et former de pittoresques boules et chaos comme le chaos granitique de Saint-Estèphe (Chapelet du Diable, Roc-Branlant) ou celui d’Aubignac (Roche Eyzide). C’est aussi la partie la plus élevée du département puisque les cotes sont de l’ordre de 478m dans la forêt de Vieillecour au NO de Saint-Pierre-de-Frugie.

Le Périgord limousin ressemble à un vaste terrain de jeux pour amateurs de sports nature : randonnées pédestres ou équestres, pêche à la mouche, baignade en eaux vives, canoë ou descente en kayak pour les plus téméraires, ski nautique, escalade en falaises naturelles, spéléologie, acrobranche et autres sports à sensations fortes dans une nature préservée. Vous aurez le choix entre de nombreuses activités de pleine nature pour une pratique en famille ou entre initiés. Difficile de s’ennuyer en Périgord limousin !

À la richesse des attraits naturels et culturels de ce pays, s’ajoute un patrimoine bâti : l’impressionnante Tour de Piégut édifié sur une motte castrale et assiégée par Richard Cœur de Lion, le château de Jumilhac de style gothique finissant, autant de témoins d’un héritage prestigieux. Cette région se distingue du reste du département par un patrimoine industriel particulièrement riche. Nontron abrite d’ailleurs le Pôle des Métiers d’Art dont l’objectif est de protéger et transmettre les savoir-faire traditionnels. C’est ainsi qu’en alliant tradition, création et innovation, de nombreux ateliers prospèrent dans les domaines de la coutellerie, de la sellerie et dans le travail du châtaignier. Un peu plus loin, Varaignes et son musée rappellent les origines de la pantoufle charentaise. C’est également le pays de la gastronomie légendaire et traditionnelle : le veau sous la mère, le cochon cul noir, le dindon, la châtaigne, la pomme et la noix, le cèpe, la truffe et le foie gras constituent des produits caractéristiques d’une région périgourdine où il fait bon vivre.

Les atouts du Périgord limousin ont conduit à la création du Parc naturel régional Périgord-Limousin sur une partie de son territoire, permettant ainsi d’en préserver les ressources naturelles et d’en valoriser le patrimoine naturel, culturel et humain. Il s’étend sur 1800 km2, englobant 78 communes situées sur deux départements : la Dordogne (49 communes) et la Haute-Vienne (29 communes). Cet environnement préservé accueille une flore et une faune importantes et des sites naturels d’exception, mis en valeur sur la partie du Parc naturel régional Périgord-Limousin. Le parc est caractérisé par sa diversité de paysages : bocages (au nord), forêts, vallées et zones humides, soumis à l’influence océanique. Le territoire est riche en animaux et plantes, parfois rares et protégés. Le parc compte environ 4 500 plans d’eau de plus de 3 000 m2. On peut y admirer les nombreux oiseaux qui fréquentent ces zones humides : hérons cendrés, canards colvert, grèbes huppés, grues cendrées (visibles au moment des migrations).


2. Val de Dronne

Qualifiée de « plus belle rivière de France » par Élisée Reclus, grand géographe du XIXe siècle, La Dronne est le cours d’eau emblématique de ce verdoyant pays. Sauvage et déserte jusqu’à Saint-Pardoux-la-Rivière, elle s’élargit au confluent de la Côle et s’habille dès lors de paysages enchanteurs. Alimentées de résurgences multiples, la Dronne traverse le plateau du Ribéracois en empruntant une belle vallée agricole préservée, aux paysages variés, marqués par l’alternance de falaises et de prairies sur pente douce. Bénéficiant d’un climat doux et humide avec une influence océanique assez nette, le Val de Dronne est un pays de transition qui annoncent la douceur du Saintongeais et du Bordelais. On y cultive des céréales sur son vaste plateau, et on y élève des bovins dans les prairies de ses petites vallées. Quelques produits typiquement périgourdins sont bien représentés : la production de foies gras, les fameuses truffes noires du Périgord, ainsi que les cèpes et les noix du Périgord.

Icon du territoire du Val de DronneLe val de Dronne est riche d’un patrimoine architectural, historique et artisanal remarquable. Découvrez un site exceptionnel avec Brantôme, la « Venise verte du Périgord » (pont coudé du XVIe siècle, abbaye bénédictine, clocher Campanile du XIe siècle, habitations troglodytiques, moulin du couvent …), Saint-Jean-de-Côle, un des « Plus Beaux Villages de France », mais aussi ses châteaux majestueux, bâtis entre le XIIe et le XVIIe siècles, comme Bourdeilles (une baronnie de charme constituée d’une forteresse féodale et d’un logis Renaissance avec des salles d’apparat richement ornées), Richemont et Puyguilhem… Non loin des chemins de Compostelle, vous pourrez admirer les abbayes et prieurés, ainsi que de magnifiques églises à coupoles ornées qui témoignent d’un art roman particulièrement présent en Ribéracois. Laissez-vous guider dans les nombreuses grottes à concrétions et explorez au hasard d’un souterrain la trace de l’homme…

Le Val de Dronne permet d’apprécier les savoir-faire du Périgord, en vous livrant les secrets des chercheurs d’or ou des mineurs qui extrayaient le fer jusqu’au début du XXe siècle. Plusieurs moulins témoignent d’activités artisanales passées : meunerie, fabrication d’huile de noix… La gastronomie locale, du foie gras à la pomme, en passant par la truffe est également bien représenté.

Du sud de Brantôme jusqu’à sa confluence avec l’Isle, sur une distance d’environ 110 km, La Dronne traverse trois zones Natura 2000. Sur ce tronçon, la Dronne s’écoule dans un milieu principalement composé de prairies humides et de terres cultivées avec des zones de bocage. C’est un site important pour la reproduction de la lamproie marine (Petromyzon marinus). On y rencontre également des écrevisses à pattes blanches (Austropotamobius pallipes) et des visons (Mustela lutreola). Situés essentiellement sur les communes de Bourdeilles, Grand-Brassac et Montagrier, les coteaux de la rive droite de la Dronne sont composés de steppes et de landes propices à de nombreuses orchidées et à des genévriers (Juniperus communis).


3. Vallée de l’Auvézère

L’Auvézère prend sa source en Limousin. Elle fait une entrée tumultueuse en Périgord, dans un relief marqué de moyenne montagne. Après vingt kilomètres de gorges sinueuses, aux eaux rapides et cristallines et aux parois parfois très abruptes, cet affluent de l’Isle s’assagit ensuite et déroule ses méandres jusqu’à sa confluence. C’est le repère du cincle plongeur, que l’on cherchera sur les rochers affleurants, où le courant est vif. Dans la forêt, on peut observer l’épervier et les cinq espèces de pics des forêts de Dordogne. C’est toujours l’eau qui donne vie à des fontaines dites miraculeuses, qui alimentent moulins et vieilles forges, puits et lavoirs.

Icon du territoire de la Vallée de l'AuvézèreLa vallée de l’Auvézère invite à une rencontre avec le passé industriel de la province du Périgord. Les forges d’Ans, de Savignac-Lédrier illustrent une histoire laborieuse pendant laquelle les exploitations demeuraient traditionnellement dans le cadre familial. Les papeteries de Vaux, Malherbaux, succédant à la sidérurgie en déclin, trouvaient des débouchés jusque dans les territoires d’outre-mer

Parler de l’Auvézère conduit également à évoquer les moulins qui ponctuent son cours. Cette rivière a un débit régulier, son lit est rocheux ce qui permet la construction des barrages nécessaires au fonctionnement des moulins. Leurs activités correspondaient aux besoins de la région pour moudre le blé, le seigle, l’orge. Ils participaient à écraser les cerneaux pour produire de l’huile de noix. Aujourd’hui, ils ont tous cessé leurs activités. Ils sont implantés à Cubas, Cherveix, Benayes, Guimalet, Pervendoux.

Cherveix-Cubas fut, au début du Moyen-Âge, un lieu de passage important pour les pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Le bourg de Tourtoirac, et ses élégantes maisons Renaissance en pierres blanches, s’est développé autour de son abbaye bénédictine, fondée en 1025, sur la rive gauche de l’Auvézère.

Découverte en 1995, la Grotte de Tourtoirac propose un fabuleux « voyage au centre de la Terre », façon Jules Verne, où se mêlent géologie, histoire et aventure humaine. Chose rare pour ce type de visite, le parcours est intégralement aménagé pour l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite, aux fauteuils roulants et aux poussettes.

Un peu plus loin, le château de Hautefort domine fièrement le bourg. D’abord forteresse médiévale, le château fut l’objet au XIIe siècle d’âpres querelles entre le célèbre soldat-troubadour Bertran de Born et son frère Constantin, passé dans le camp des Plantagenêt.


4. Vallée de l’Isle

Étroite en amont, dans sa partie la plus pentue, L’Isle s’élargit à l’aval de Périgueux. Entre Périgueux et Libourne, elle peut être considérée comme une rivière de plaine. Ses eaux sont rejointes par quelques affluents comme le Vern, les deux Beauronnes (des Lèches et de Saint-Vincent), la Crempse, les Duches ou la Dronne, son affluent principal. D’aspect calme et d’une largeur moyenne de 40 mètres, cette rivière possède de très nombreux méandres qui lui donne un profil paisible et agréable. Située au cœur du département de la Dordogne, à l’Ouest de Périgueux, la vallée de l’Isle en Périgord est limitée au nord par le Périgord-Limousin, au sud-ouest par le Pays Bergerac, à nord-est par la Vallée de l’Auvézère et au sud-est par la Vallée de la Vézère. Montpon, Mussidan, Neuvic, Saint-Astier et Périgueux sont les principales cités de ce territoire.

Icon du territoire de la Vallée de l'IsleCe territoire permet de découvrir des paysages magnifiques, des milieux naturels, des sites historiques, du patrimoine industriel (moulins, canaux, carrières de chaux, terre de Beauronne, usines de chaussure…) et des hauts lieux de la gastronomie périgourdine (restaurants et producteurs de caviar, truites, foie gras, huile de noix, cabécou du Périgord, miel, safran, glaces de la ferme, légumes…)

C’est également un immense terrain de jeux pour pratiquer les sports nature : parcours dans les arbres, baignade, canoë, pêche, ateliers créatifs, et plus de 700 km de sentiers balisés, à parcourir à pied en VTT ou à cheval. La toute nouvelle Véloroute Voie Verte de la Vallée de l’Isle permet de parcourir plus de 100 km à pied, à vélo, en roller, en gyropode, seul, entre amis ou en famille.

Le Pays de l’Isle, c’est une invitation à cheminer sur les pas des pèlerins vers Saint-Jacques de Compostelle par la voie de Vézelay. Pour imaginer leur vie au Moyen-Âge, vous pouvez faire une halte à la cathédrale Saint-Front de Périgueux et poursuivre votre périple par l’abbaye de Chancelade, l’église fortifiée de Saint-Astier et l’ancien prieuré de Sourzac

Parmi les innombrables richesses patrimoniales de ce territoire, citons le Château de Montréal, et surtout, PérigueuxVille d’Art et d’Histoire. C’est en flânant dans ses ruelles pittoresques, de la cité Gallo-Romaine Vesunna à la cathédrale byzantine que vous découvrirez les grandes lignes de l’histoire du Périgord. Les musées vous séduiront par la richesse de leurs collections, témoins de l’histoire du Pays de l’Isle, notamment à Mussidan, avec le Musée André Voulgre, ou à Périgueux avec le Musée d’Art et d’Archéologie, et l’incontournable Site-musée gallo-romain Vesunna

La vallée de l’Isle est répertoriée dans le réseau d’espaces protégés NATURA 2000. Ces lieux renferment certaines espèces particulières de la faune française, à l’instar du vison d’Europe ou de la cistude. La diversité des sites permettra à tous les amoureux de la nature d’étudier les différents sites naturels de la vallée (des coteaux calcaires de Saint-Astier aux prairies humides de Douzillac, en passant par le marais de Ménesplet).


5. Vallée de la Vézère

En provenance du bassin de Brive, la Vézère fait son entrée en Périgord à hauteur de Terrasson. Elle poursuit son chemin via Le Lardin et Montignac, serpente dans la rgion des Eyzies, la capitale mondiale de la préhistoire, puis elle arrose Le Bugue avant de se jeter dans la Dordogne à Limeuil. Tout au long de ce parcours d’ une cinquantaine de kilomètres, la vallée de la Vézère est un étroit couloir de terres alluviales, encadré de falaises toutes cariés d’abris sous roches d’occupations préhistoriques (de Montignac aux Eyzies mais aussi dans les vallées affluentes des Beunes). Et c’est aussi un concentré du Périgord : paysage préservé, patrimoine rural, gastronomie sont partout bien représentés. Classée par l’UNESCO parmi les plus anciens et les plus vivants sites historiques du monde, la Vallée de la Vézère s’étirent, sur près de 50 km, de Terrasson à Limeuil.

Icon du territoire de la VézèreL’ancienneté de son occupation humaine (plus de 400.000 ans) et l’importance des vestiges préhistoriques en font un des principal centre mondial pour ce qui touche à la préhistoire. D’ailleurs, ses nombreux sites préhistoriques dont certains éponymes, ont donné le « moustérien » du Moustier, le « magdalénien », de la Madeleine, et l’homme de Cro-Magnon. D’autre part, les villes de Montignac, Lascaux et Les Eyzies-de-Tayac-Sireuil ont acquise une renommée mondiale. La première a été le cadre d’une des plus grandes découvertes liées à la préhistoire : la grotte de Lascaux en 1940. La seconde est à l’origine d’un nom utilisé dans le monde entier « Cro-Magnon ». Et la troisième est considérée comme la Capitale Mondiale de la Préhistoire. C’est ici qu’ont fouillé, étudié des préhistoriens notoires tels que Peyrony, Lartet, Capitan, les abbés Breuil et Glory…

Le classement par l’UNESCO de 15 sites de la vallée Vézère dès 1979, montre bien la qualité et l’importance des sites liés à la préhistoire. Mais la Vézère ne se résume pas à la préhistoire, elle regroupe les plus importants sites touristiques du Périgord Noir : les châteaux de Sauvebœuf, Puy-Robert, Losse, Clérans, Salignac, Chabans, Belcayre, Perdigat, la Maison Forte de Reignac ou bien encore le manoir de Lacypière. Du côté du patrimoine religieux, on compte de belles églises romanes et quelques églises fortifiées, celle d’Auriac-du-Périgord, de Sergeac et, surtout, celle de Saint-Amand de Coly, la plus impressionnante des trois.

Au Bugue, non loin de la confluence entre Vézère et Dordogne, le Gouffre de Proumeyssac mérite le détour : c’est la plus grande cavité aménagée du Périgord, un site touristique incontournable.


6. Pays de Sarlat

Situé au sud-est du département de la Dordogne, c’est une région faîte de vallées encaissées et de forêts nombreuses. C’est aussi une terre de polyculture, avec des productions agricoles extrêmement diversifiées. C’est là que prospère notamment la culture du noyer et l’agrotourisme. C’est la région du département où l’on compte le plus grand nombre de sites et monuments ouverts au public. Châteaux et manoirs, jardins ou villages authentiques ponctuent ce circuit au fil de la Dordogne.

Icon du territoire du Pays de SarlatSarlat-la-Canéda, capitale du Périgord Noir, ville d’art et d’histoire, n’est que la troisième ville de Dordogne par le nombre d’habitants, mais c’est sans doute la plus fréquemment associée au Périgord dans l’esprit de la plupart des gens extérieur au département. À l’écart du progrès et des grandes voies de communication, Sarlat doit ses succès économiques actuels à la promotion d’un patrimoine architectural intact. Il faut dire que Sarlat-la-Canéda est la première ville de France à avoir bénéficié, en 1962, de la loi André Malraux sur les secteurs sauvegardés. Aujourd’hui, Sarlat-la-Canéda est la première ville d’Europe par son nombre de bâtiments classés au m2 avec sur 11 hectares, 253 immeubles, 18 monuments classés et 59 monuments inscrits ! C’est un exceptionnel témoignage des époques médiévales et de la Renaissance. Le Sarladais se distingue par ses constructions traditionnelles, faîtes de murs en pierre calcaire couleur de miel et de toits à forte pente couverts de tuiles plates ou de lauzes calcaires.

Bastide française construite de 1283 à 1310 sur ordre de Philippe III le Hardi, Domme vous séduira par son élévation stratégique qui lui confère le rôle d’un immense promontoire haut de 150 mètres, au-dessus de la rivière Dordogne, d’où l’on peut embraser du regard un paysage enchanteur allant de Beynac au cingle de Montfort. Ses portes fortifiées et ses tours, qui servirent de prison aux chevaliers du Temple, témoignent d’un passé tumultueux. La visite de la ville permet de découvrir au fil des rues de magnifiques demeures de l’époque Renaissance. Sous la halle de la place centrale se cache une grotte à concrétions, avec plus de 450 m de galeries aménagées, riches en draperies de roches, desquelles on remonte par un ascenseur panoramique qui ouvre une inoubliable vision sur la vallée de la Dordogne.

Les châteaux de Beynac et Castelnaud, qui se font face et se défient depuis le Moyen-Âge, font partie des lieux touristiques les plus visités du département, à juste raison d’ailleurs, tout comme les Jardins de Marqueyssac voisins, véritable royaume de l’art topiaire.

De très nombreux circuits ont été préparés pour vous faire découvrir un territoire préservé, à pied, à cheval ou à VTT.


7. Pays des Bastides

La guerre de Cent Ans a marqué l’Aquitaine jusqu’à la fameuse bataille de Castillon en 1453. L’histoire des bastides nous entraîne à l’époque les rois d’Angleterre et de France cherchaient à accroitre leur influence sur une zone sensible où Dordogne et Dropt jouaient le rôle de frontières entre les deux royaumes. C’est là que furent créé des « bastida seu villa nova » (bastide ou village neuf). Ces agglomérations sont, en effet, « nouvelles », puisqu’elles ont été édifiées selon une nouvelle conception de la ville qui marque la rupture avec la cité médiévale organisée autour d’un château, d’une abbaye ou d’une église : plan en damier où rues et ruelles s’articulent autour de la place centrale et de sa halle. Un véritable phénomène d’urbanisation qui préfigurait l’habitat rural actuel. En Périgord, vingt-cinq bastides environ furent créées, mais seulement dix-huit arrivèrent à maturité dont Beaumont-du-Périgord, Eymet, Molières, Lalinde, Monpazier, Villefranche-du-Périgord.

Icon du territoire du Pays des BastidesLes paysages sont marqués par les méandres de la Dordogne – appelés « cingles » – qui offrent des points de vue à couper le souffle depuis Limeuil ou Trémolat. Si la Dordogne est bien sûr le cours d’eau principal du territoire du Pays des Bastides, il faut également évoquer La Couze, un cours d’eau qui traverse le Beaumontois par une vallée encaissée et verdoyante. La qualité de son eau a permis l’épanouissement d’une tradition papetière dans le village de Couze-et-Saint-Front. Au Sud du Pays des Bastides, dans le bassin-versant de la Garonne, le Dropt marque la limite du département avec le Lot-et-Garonne, de Capdrot à Eymet. Ces cours d’eau accueillent une faune discrète dont les principaux représentants sont le cincle plongeur, le chevalier guignette, le héron cendré, le foulque Macroule, le martin-pêcheur, des oiseaux hivernants (canards). Les trop rares putois et vison d’Europe, aux mœurs essentiellement nocturnes laissent parfois des crottes bien en vue sur les berges, attestant de leur présence. Un peu plus au sud-est, une plaine céréalière entre Faux et Issigeac, propose un paysage rare au niveau local. Relief plan, grandes parcelles céréalières séparées par quelques haies, cette zone propose un écosystème à part dans le Bergeracois, dans le département, et même au niveau Aquitain. Ici, les oiseaux ont pour beaucoup choisi de nicher au sol, dans les cultures, milieu qui a remplacé les grandes prairies verdoyantes d’antan

Au-delà des bastides qui caractérisent ce territoire, quelques villages médiévaux (Limeuil, Issigeac) recèlent d’authentiques maisons à pans de bois et des demeures périgourdines aux façades Renaissance. De nombreux villages ont également gardé la trace indélébile de la foi des hommes du Moyen-Âge et de la puissance de l’Église. Outre les chapelles (Montferrand-du-Périgord), églises romanes (Besse) ou fortifiée (Beaumont), ou encore abbatiales (Paunat), deux édifices majeurs classés par l’Unesco comme étape des chemins de Saint-Jacques de Compostelle, méritent un détour particulier : les abbayes de Cadouin et de Saint-Avit Sénieur.

Le Moyen-Âge nous a aussi laissé des châteaux remarquables, dont celui de Biron, fief d’une des quatre baronnies du Périgord, Bannes qui fut l’objet d’un enjeu stratégique âprement disputé au cours de la guerre de Cent Ans, ou encore celui de Lanquais, connu pour être « Le Louvre inachevé du Périgord ». Ce patrimoine authentique est niché dans une nature préservée.


8. Pays de Bergerac

Au sud-ouest du département, les paysages du Bergeracois préparent ceux du Bordelais et de l’Agenais. Très peu de forêts et de reliefs dans cette région, mais des horizons plus dégagés. L’axe majeur est la large vallée de la Dordogne. Si la Dordogne est, bien sûr, le cours d’eau principal du Pays de Bergerac, elle est alimentée par de nombreuses rivières qui façonnent le paysage. Le Caudeau rejoint la Dordogne au Barrage de Bergerac. La Gardonnette et le Seignal, au sud-ouest de Bergerac, traversent les paysages viticoles du Monbazillacois et du Saussignacois. L’Eyraud naît dans le massif forestier du Landais, avant de rejoindre la Dordogne dans la plaine fertile de La Force. La Lidoire également née dans ce massif, traverse les collines du Gursonnais, entre vignoble et forêt, puis marque la limite avec le Pays du Libournais en Gironde.

Icon du territoire du Pays des BastidesPlusieurs paliers de terrasses portent des vignes qui s’étalent à perte de vue sur les coteaux, de grands vergers d’arbres fruitiers (pêchers, pruniers), des cultures légumières ainsi que des champs de maïs et de belles prairies. Ici, la vallée donne une impression d’opulence. La nature des sols, conjuguée à un climat doux et ensoleillé, a naturellement conduit à l’épanouissement de la vigne, et le savoir-faire de vignerons passionnés et exigeants à contribuer à produire de grands vins, authentiques et séduisants, issus des meilleurs cépages, que l’on décline en cinq couleurs et treize appellations… Il est donc logique que cette terre d’élection de la vigne est instituée un tourisme viticole de qualité.

À partir du XIIIe siècle, Bergerac prospéra avec le développement de la viticulture qui s’organisa autour sur les rives de la Dordogne. La ville acquiert rapidement libertés et franchises, ce qui lui permet d’acheminer ses vins vers le port de Bordeaux, d’où ils seront exportés, tout d’abord vers l’Angleterre et, plus tard, vers la Hollande. Aujourd’hui encore, la viticulture participe largement à la prospérité de la ville. Si l’on tient compte des vicissitudes de l’histoire, on peut dire que le patrimoine bâti qui a été épargné est relativement bien conservé. Parmi les témoignages architecturaux du passé, on compte l’église Saint Jacques, le cloître des Récollets, la maison Peyrarède, au cœur de la vieille ville, qui abrite le Musée d’Intérêt National du Tabac, quelques belles maisons de briques à colombages dont l’une d’entre elles qui accueille le Musée du Vin et de la Batellerie, un musée qui retrace l’activité batelière, l’évolution du vignoble et le patrimoine fluvial Bergeracois.

On ne peut pas parler du Bergeracois sans évoquer le vignoble de Monbazillac et son château de style Renaissance, le château médiéval de Bridoire et le site-musée de la Villa gallo-romaine de Montcaret, ou bien encore, la Tour de Montaigne à Saint-Michel-de-Montaigne, aux confins du Bordelais, où vit très présent le souvenir de l’auteur des Essais.


Notes et sources :

  •  (1) Jean Secret, Le Périgord.
  •  (2) Paul Timélou, Le Périgord – Collection Tourisme culturel aux Éditions Jean-Paul Gisserot.