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À 7 km à l’est de Montignac et 20km de Sarlat, le village de Saint-Amand-de-Coly – l’un des plus beaux villages de France – abrite une spectaculaire abbatiale de style roman, construite à partir de 1124, à l’entrée de la grotte où l’ermite saint Amand vécut au VIe siècle. Ainsi adossée, elle semble surgir de la roche. Le clocher-porche, haut de 30 mètres, écrase le village sous son arc brisé monumental. La croisée du transept est voûtée d’une coupole, caractéristique de l’art roman périgourdin, les tympans du chevet sont sculptés, une abside est ornée de fresques. Les remparts et les dix bretèches donnent une idée de la puissance de l’abbaye qui a régné sur de vastes territoires. Dans la chapelle repose le corps du premier abbé, l’abbé Guillaume. Une merveille.

L’abbaye augustinienne était occupée par des chanoines réguliers qui suivaient la règle de saint Augustin. Ils se distinguent des autres moines en menant conjointement une vie monastique et un ministère sacerdotal. De cette ancienne abbaye, il ne reste aujourd’hui que l’église abbatiale, adossée à la paroi rocheuse et entourée des vestiges d’une enceinte fortifiée. Cette église romane du XIIe siècle a été construite selon un plan cruciforme avec absidioles. Un système défensif complexe et judicieux a été prévu dès le XIIe siècle avec terrasses de surveillance, couloirs de circulation, crénelages, hourdages et échauguettes.


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À la découverte des lieux…

Malgré une histoire mouvementée, l’église est encore entourée de murailles, surmontées d’un chemin de ronde. Après avoir franchi l’enceinte, se dresse un gigantesque clocher-porche, haut de 30 mètres, qui se distingue par son immense voûte en arc brisé encadrant la porte d’entrée de l’église. Allégé par une verrière, cette tour-donjon supporte une chambre de défense, aux logettes de guet dissimulées dans le transept, qui interdisait l’approche du portail. Le portail à triple voussure, aux chapiteaux sculptés de feuillages, est surmonté de deux atlantes jumelés d’époque romane. Les murs de l’absidiole sud sont ornés d’appliques, et les modillons de la corniche sont sculptés de têtes et de motifs géométriques. L’abside, qu’éclairent trois baies et un oculus, s’achève par une terrasse défensive. De loin, l’imposant édifice semble une bouche prête à dévorer le village.

À noter tout particulièrement, les formidables défenses fonctionnelles de cette abbaye, les mieux conservées du Périgord. Outre l’enceinte et le clocher-donjon, des bretèches en encorbellement reposent sur des corbeaux. Posées sur des modillons, des galeries de circulation ceinturant l’ensemble du chœur et du croisillon sud courent sous la toiture en lauze. Il existe aussi une chambre de défense sur les croisillons et le chevet, et trois logis défensifs au niveau du sol, près du chœur. Le système, très élaboré, permettait aussi bien de tenir l’ennemi à distance que de le détruire s’il parvenait à pénétrer dans l’église.

L’intérieur, simple et dépouillé, possède la beauté austère des constructions des abbayes augustiniennes. Le sol composé de grandes dalles de pierre inégales monte très doucement jusqu’au chœur surélevé, alors que la nef se rétrécit légèrement en arrivant au chœur. La croisée du transept est voûtée d’une coupole, caractéristique de l’art roman périgourdin, les tympans du chevet sont sculptés, une abside est ornée de fresques.

Une coupole sur pendentifs, percée de trous de tir, coiffe la croisée. L’absidiole sud contient des sculptures d’une exceptionnelle qualité, rappelant Souillac : deux hommes dévorés par un lion, et un oiseau-dragon. Les deux travées du chœur sont voûtées d’ogives très anciennes. (1)

Saint-Amand-de-Coly-porche-eglise-abbatiale

L’Église de Saint-Amand-de-Coly est l’une des plus belles église de France, et l’une des plus curieuses aussi. Sans doute la communauté de chanoines augustiniens qui l’édifia au XIIe siècle pensa-t-elle que ce sanctuaire, consacré à la prière et à la contemplation, serait par sa destination même, aussi bien que par sa situation éloignée des agitations du monde, à l’abri des entreprises guerrières s’il advenait que la malice des hommes put encore en susciter.

Confiant en la sagesse du temps et en la protection divine, elle adora le chevet de l’église aux escarpements d’un coteau qui le domine ; mais le rêve de paix dut être bientôt dissipé, et voici que le monastère se révéla si vulnérable aux attaques des adversaires qu’il fallut l’en protéger. L’abbaye devint forteresse. Les dispositifs de défense dont elle est munie lui confèrent une allure exceptionnelle, en tant qu’ils affectent non seulement le monument lui-même, mais aussi le pied de l’escarpement qu’il côtoie.

L’église offre un caractère de grandiose austérité et de sévérité toute militaire qui résulte de la simplicité de ses lignes et de ses volumes, de la nudité absolue de ses façades, parcimonieusement percées d’ouvertures, de la qualité de son appareil de pierres dorées par le soleil, de sa couverture de lauzes. Les postes de combat étaient établis sur tout le pourtour de l’édifice, dans la salle de défense au-dessus des voûtes ; des corbeaux soutenants jadis des échauguettes en portent témoignage : mais le système défensif le plus original se trouve à la façade occidentale, conçu à la fois comme un porche et un donjon.

L’intérieur est d’une simplicité et d’une beauté saisissante. La pente ascendante du sol prolongeant la montée du seuil de quatre marches se combine avec la légère convergence des murs et du berceau de la nef pour produire un remarquable effet de perspective. (2)

L’histoire de l’église est racontée sur le sentier d’interprétation, mais vous pouvez aussi emprunter un audioguide à l’office de tourisme pour découvrir les secrets de cet édifice défensif.

Eglise-abbatiale-de-Saint-Amand-de-Coly

Une brève histoire de l’Abbaye de Saint-Amand-de-Coly

À l’époque du roi mérovingien Clotaire, Amand, jeune noble d’origine limousine formé au monastère de Genouillac (Terrasson), se retire dans une grotte pour évangéliser la région. Ce lieu deviendra Saint-Amand-de-Coly. Compagnon des saints Sour et Cyprien, Amand mourut à la fin du VIe siècle, un 25 juin, après avoir fondé une abbaye augustinienne. Elle est détruite en 857 au cours d’incursions des Normands qui remontaient la Vézère, distante de seulement cinq kilomètres.

Le premier document attestant l’existence d’un monastère à Saint-Amand-de-Coly date de 1047.

De cette ancienne abbaye, il ne reste aujourd’hui que l’église abbatiale, entourée des vestiges d’une enceinte fortifiée. L’église fut bâtie devant l’entrée de la grotte où vécut Amand, en 1124. L’édifice est achevé au début du XIIIe siècle. La tombe de son bâtisseur, l’abbé Guillaume, subsiste dans la chapelle nord, ainsi qu’une inscription qui rappelle sa vie pieuse et exemplaire.

DISCAT QUI NESCIT VIR NOBILIS HIC REQUIESCIT
QUI RACHELQUE LIA QUI MARTA FIT ATQUE MARIA
PSALMOS CANTATE FRATRES CHRISTUMQUE ROGATE
SALVET UT ABBATEM W. PER PIETATEM

Apprenne qui ne sait pas.
Un noble homme ici repose qui fut à la fois Rachel et Lia, Marthe et Marie.
Chantez des psaumes, ô frères, et priez le Christ qu’il sauve par pitié l’abbé Guillaume.

L’église serait donc, au moins en partie, construite à cette époque. L’Abbaye connaît une longue période de prospérité et eut sous sa dépendance jusqu’à dix-neuf prieurés. En 1280, on y compte vingt-cinq chanoines et novices. En 1304, l’abbaye reçut la visite du futur pape Clément V.

Si cette abbaye romane eut une très grande importance, comme en témoigne l’ampleur des bâtiments, elle connut un déclin rapide. Peu nombreux au XIIIe siècle, les moines furent encore moins nombreux au XIVe siècle : sept chamoines seulement ! La position même de l’abbaye fit que les guerres anglaises la transformèrent en une forteresse redoutable, connu sous le nom de « fort St-Amand ». En 1377, les Anglais s’emparent des forteresses de Saint-Geniès et du Mont-Coly d’où ils ne partiront qu’à prix d’argent… pour y revenir à l’occasion. Ainsi en 1411 Pierre de Fleury, capitaine de Montignac, les chassait à nouveau et remettait le fort de Coly à l’abbé de Saint-Amand, Hélie de Girmond, à charge de réparer les fortifications du monastère et du château et d’en assurer la garde. À la fin de la guerre de Cent Ans le pays est ravagé, églises et monastères n’ont plus de quoi subsister.

En 1449, Saint-Amand est à moitié démoli, le cloître est détruit, de larges brèches s’ouvrent dans les fortifications. Il ne reste plus qu’un moine, les offices ont cessé, les revenus sont nuls. Les abbés de la famille Bonald qui se succédèrent de 1449 à 1504 ne relèveront qu’une partie des ruines de l’abbaye, mais reconstitueront l’essentiel de son temporel. 

Lors des guerres de religion, elle est occupée en 1575 par une troupe protestante commandée par Jean de Cugnac. Le sénéchal de Bourdeille ne pouvant le déloger, c’est Henri de Noailles, neveu de l’abbé commendataire, qui ayant pris des canons à Brive, fit bombarder l’abbaye pendant six jours. Ces traces de canonnade sont encore visibles dans les murs de la chapelle nord. En 1585, l’abbé Gilles de Noailles lève une petite troupe pour défendre l’abbaye. L’abbaye est sommairement restaurée en 1597.

Les différents sièges et attaques eurent raison de son cloître et de ses logis abbatiaux. Après une petite renaissance au XVIIe et XVIIIe siècle, le nombre de religieux baisse de façon drastique, tant et si bien que Louis XV autorisa la suppression de l’abbaye dont les biens furent finalement vendus à la Révolution française.

Après la Révolution, l’église devient paroissiale. Envahie par la végétation et les déblais, l’église abbatiale, devenue église paroissiale, était dans un état de délabrement avancé au XIXe siècle lorsque l’abbé Carrier, aidé de la population locale, s’attela à sa réhabilitation.

Après un premier classement en 1886, la charpente de couverture est réparée en 1894 par l’architecte Anatole de Baudot. Il fait une reprise d’une partie du mur gouttereau nord. L’architecte Rapine fait des réparations en 1905. En 1909, il reprend la couverture et la voûte de la chapelle sud. En 1919, il retire les gravats accumulés sur un mètre d’épaisseur sur la voûte du chœur. La voûte ogivale est reprise. En 19211923, il entreprend d’assainir le mur nord, retirant huit mètres de terre et mettant en place un mur de soutènement. En 19321936, un contrefort est repris. Le toit de lauzes est mis en place en 1947. Puis Yves-Marie Froidevaux reprend le mur sud gorgé d’humidité en consolidant les plateformes défensives en 1962(3)

Classement

  • L’ancienne abbaye est classée monument historique depuis 1965, (référence PA00082792).


Infos pratiques

Accès – Localisationicon info

  • Carte : IGN 48 – Milieu pli C5.
  • Situation : Le Bourg 24290 Saint-Amand-de-Coly.
  • Coordonnées GPS (degré décimaux) : Longitude : 1.24778911 | Latitude : 45.0632949.
  • Google Map : https://goo.gl/maps/ugJEPTR48vK2.

Visites

Services

  • Langues parlées à l’accueil : Français, Anglais.
  • Langues de la visite : Français, Anglais.
  • Visite libre.
  • Visite guidée uniquement sur rendez-vous.
  • Détail de la visite : Visites guidée en Juillet/Août sur rendez-vous.
  • Boutique, Espace jeux.
  • Aire de pique-nique, Bar cafétéria salon de thé.
  • Animaux acceptés.

Pour en savoir plus…


Notes :

  •  (1) Le Périgord, Jean-Luc-Aubardier et Michel Binet, Éditions Ouest-france, 1988.
  •  (2) Le Périgord – Richesse de France, Henry de Ségogne, Les Éditions Delmas, 1954.
  •  (3) Wikipedia : Abbaye de Saint-Amand-de-Coly.

Crédit Photos :

  • Abbaye de Saint-Amand-de-Coly, By Jochen Jahnke (Own work), via Wikimedia Commons.
  • Le porche de l’église abbatiale de Saint-Amand-de-Coly, By Marinelc13 Own work), via Wikimedia Commons.
  • L’ancienne abbatiale, By Père Igor (Own work), via Wikimedia Commons.
  • Saint-Amand-de-Coly, By Jochen Jahnke (Own work), via Wikimedia Commons.
  • Abbaye de Saint-Amand-de-Coly, By Jochen Jahnke (Own work), via Wikimedia Commons.


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