Abri du Cap Blanc, © Photo Ph. Berthé

Site inscrit au Patroine mondiale de l'UNESCO Classé Monument Historique (MH)Situé sur la commune de Marquay, rive droite de la Beune, à 7 kilomètres à l’est des Eyzies-de-Tayac, en Dordogne, se trouve l’abri de Cap Blanc, le plus grand abri-sous-roche préhistorique sculpté ouvert au public. On peut y admirer une frise occupant 13 des 16,5 mètres de l’abri, et comportant quatorze sculptures d’animaux, quasiment grandeur nature, parmi lesquels des chevaux sculptés en hauts-reliefs. Les qualités artistiques des sculptures, qui semblent jaillir de la paroi, confèrent à l’ensemble un réalisme saisissant. Découverte en 1908, classée monument historique en 1926, inscrite au Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’UNESCO dans le cadre des sites préhistoriques et grottes ornées de la vallée de la Vézère, cette œuvre d’art pariétal datées du Magdalénien ancien ou moyen est unique au monde. Du chemin descendant à l’abri du Cap Blanc, on a une belle vue sur le château de Commarque.

L’Abri du Cap Blanc est un abri-sous-roche à flanc de falaise, autrefois ouvert, fermé par mesure de conservation. Trois couches archéologiques ont été identifiées. Elles révèlent une fréquentation de l’abri tout au long d’une période allant du Solutréen à l’Azilien, avec une occupation importante au Magdalénien moyen.


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À la découverte des lieux…

Les hommes préhistoriques ont souvent peint ou gravé les parois des grottes, comme à Lascaux. Mais l’abri de Cap Blanc est renommé pour son important bestiaire sculpté et non peint. L’art rupestre de cet abri-sous-roche se caractérise en effet par des sculptures profondes disposées en frise, dont certaines en haut-relief. Par la vigueur et la profondeur de ses reliefs, certainement exécutés à l’aide des pics en silex retrouvés lors des fouilles, l’abri du Cap Blanc est présenté comme l’un des chefs-d’œuvre de la sculpture pariétale monumentale du Paléolithique supérieur.

« La tête, le cou et le dos sont d’un modelé parfait qui fait rêver les sculpteurs actuels » – Denis PEYRONY

La frise se divise en deux parties principales. Une partie gauche, la plus longue et la plus profonde de l’abri, qui comprend huit représentations d’animaux dont les têtes sont toutes orientées vers la droite à l’exception du grand cheval, en sens opposé. Une partie droite, composée de quatre représentations dont l’une n’a pas pu être identifiée. Cet exceptionnel bestiaire représentent six chevaux (dont un mesurant 2,20 m de long), au moins trois bisons, un bouquetin, plus quelques figures imprécises. Il est probable qu’à l’origine, ces sculptures animales étaient rehaussées de couleurs, si l’on en croit les traces d’ocre rouge encore visibles sur la paroi.

L’Abri du Cap Blanc n’étant pas le sanctuaire inhabité d’une grotte profonde, on en déduit que les hommes préhistoriques pouvaient également recourir à l’art pour décorer leur lieu de vie.

La technique utilisée à Cap Blanc

Pour faire émerger les sculptures de la paroi de Cap Blanc, l’homme du Magdalénien a utilisé des techniques dont on retrouve des traces à l’Aurignacien et au Gravettien : le piquetage. Le sujet est mis en relief en creusant la roche sur son contour. L’artiste, pour entamer la roche calcaire, travaille en effectuant des percussions avec un outil de pierre. Un silex ou un galet grossièrement taillé permettent avec une frappe précise de faire sauter un minuscule morceau de roche. Le trou ainsi formé ressemble à une petite cupule. L’artiste, par son martellement répétitif, élimine donc la matière rocheuse par la jonction et l’approfondissement des cupules. La figure ainsi détourée apparaît en relief par rapport à la paroi. La même méthode de piquetage est employée pour le relief et le modelé de la figure animale en elle-même. (1)

Un squelette de femme

Photo de 1911 montrant les travaux de fouilles de l'abri de Cap Blanc

Photo de 1911 montrant les travaux de fouilles de l’abri de Cap Blanc

Le squelette humain a été exhumé par Denis Peyrony et Louis Capitan, en 1911, à la base de la paroi de l’abri, lors de la construction d’un mur de protection. Il était couché sur le côté gauche, en position fœtale, une main sur la face. Le corps était placé sous trois dalles de pierre. C’était probablement une femme de 25-35 ans, mesurant 1,60 mètre. L’hypothèse selon laquelle cette femme aurait pu être l’un des auteurs de l’ensemble sculptural de Cap Blanc ne repose sur aucune preuve.

Le squelette présenté au public est un fac-similé, réalisé en 2001. L’original a été vendu en 1926 au Field Museum de Chicago par le propriétaire. Le « squelette de la femme de Cap Blanc » est aujourd’hui connu sous le nom de « Magdalenian Girl ». Ces transactions étaient courantes, à une époque où l’État ne contrôlait pas encore le secteur de l’art.

Le Musée de l’Abri du Cap Blanc

Avant d’accéder aux sculptures de Cap Blanc, vous pouvez visiter un sas muséographique qui offre un panorama de la vie et de l’art sur le site, avec des objets et des images racontant l’aventure des sculpteurs d’alors. Les informations sont présentées de manière pédagogique : les différentes techniques de sculpture bas-relief (celui de Cap Blanc), haut-relief et rondes bosses, une vision globale de l’art et des Vénus de la préhistoire, les outils retrouvés dans l’abri.

Histoire et découverte de l’Abri du Cap Blanc

Lettre envoyée par Raymond Peyrille à Jean-Gaston Lalanne et lui annonçant la découverte des sculptures de l'abri de Cap Blanc

Lettre envoyée par Raymond Peyrille à Jean-Gaston Lalanne et lui annonçant la découverte des sculptures de l’abri de Cap Blanc

C’est en 1908 que Raymond Peyrille rend compte à G. Lalanne (médecin bordelais commanditaire des recherches) de la découverte de l’Abri du Cap Blanc. Raymond Peyrille était le contremaître d’une équipe de terrassiers creusant le site à la recherche de restes mobiliers (os, pierres taillées). C’est en travaillant sur le gisement de Lausel que R. Peyrille remarque la présence d’un creux au bas d’une falaise.

Les travaux de dégagement commencent en septembre 1909. Un abri de 15 mètres de long apparaît au fur et à mesure du terrassement, délivrant des sculptures et des restes de peintures. Les ouvriers mettent à jour deux couches archéologiques différentes. La frise a été légèrement abîmée par les ouvriers, car ils cherchaient tout d’abord à dégager des outils ou de l’art mobilier, sans se préoccuper de la paroi… En décembre 1909, un bloc détaché de la paroi est dégagé comportant un bison sculpté.

Ces sculptures furent alors décrites par J.-G. Lalanne et Henri Breuil. L’abbé Breuil est également appelé pour authentifier la découverte. Il publie une description détaillée de l’abri en 1911. La même année la construction d’un mur de protection en avant de l’abri permet d’exhumer les restes d’un squelette humain.

Dans les années 1960, Alain Roussot fouille l’extrémité ouest du site et réalise une première étude des œuvres.

Classement

  • Classé Monument Historique par arrêté du 13 octobre 1926 (référence n° PA00082632).
  • L’abri-sous-roche de Cap Blanc est inscrit au Patrimoine mondial par l’Unesco depuis 1979 au sein des sites préhistoriques et grottes ornées de la vallée de la Vézère. L’abri a été acquis par l’État le 14 avril 2006.

Infos pratiques

Accès – Localisationicon info

  • Carte : IGN 48 – Haut pli D4.
  • Situation : Abri Préhistorique de Cap Blanc, Marquay (24620), Dordogne, Aquitaine, France.
  • Accès : à 6,5 kilomètres des Eyzies-de-Tayac, sur la rive droite de la vallée de la Grande Beune.
  • Coordonnées GPS (degré décimaux) : Longitude 44.945692° N – Latitude 1.097259° E.
  • Google Map : http://goo.gl/maps/IQAvA.

Visites

  • Visite guidée uniquement sur rendez-vous : 45 mn.

Services

  • Langue parlée autre que le français : anglais.
  • Les animaux de compagnie ne sont pas admis sur le site.
  • Ateliers du patrimoine selon les périodes, sur réservation.

Accessibilité – Confort

  • Proximité du parking au site : 400 m. Distance entre le guichet et le début de la visite : 0 m.
  • La visite même est facile mais le long chemin à faire sur un terrain accidenté et en pente entre le parking et le guichet est pénible.
  • Toilettes séparées homme/femmes.

Plus d’infos sur l’accessibilité et le confort de cette visite en consultant la page Abri du Cap Blanc sur le site ConfortExplore.

Pour en savoir plus…


Notes et sources :

Crédit Photos :

  • Abri du Cap Blanc, © Photo Ph. Berthé, Centre des monuments nationaux.
  • Photo de 1911 montrant les travaux de fouilles de l’abri de Cap Blanc, public domain, via Wikimedia Commons.
  • Lettre envoyée par Raymond Peyrille à Jean-Gaston Lalanne et lui annonçant la découverte des sculptures de l’abri de Cap Blanc, public domain , via Wikimedia Commons.


Adresse

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Cap Blanc Marquay (24620)

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