Abri-Pataud-les-Eyzies-de-Tayac-stratigraphies

 Classé Monument Historique (MH)L’abri Pataud est un gisement préhistorique majeur, situé au cœur même de la ville des Eyzies-de-Tayac. On peut y admirer une collection issue d’une fouille scientifique et moderne menée dans les années 1950-1960 par le Professeur américain H. L. Movius, du Peabody Museum (Harvard University), en collaboration avec le Muséum National d’Histoire Naturelle. Constituée de l’intégralité du matériel archéologique issu de ce site, elle est considérée comme une référence incontournable pour les cultures d’Homo Sapiens des périodes de l’Aurignacien, du Gravettien et du Solutréen, dans le sud-ouest de la France. La qualité informative du mobilier exhumé est exceptionnelle. Plus de quarante structures d’habitat de chasseurs de rennes y ont été étudiées. L’abondance des restes culinaires montre que cet animal était pour les chasseurs Aurignaciens, un gibier de choix. L’examen des débris osseux, des mandibules, des bois de massacre prouvent que les hommes rapportaient les corps entiers et les débitaient sur place. Mais ce site est particulièrement remarquable du fait des nombreux restes humains en très bon état de conservation. La bonne préservation du site s’explique par l’effondrement de surplombs rocheux durant la dernière glaciation. Dans une partie non effondrée de l’abri, le plafond a conservé un très beau bouquetin en relief. Cette visite complète celle des grottes de Lascaux II.


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À la découverte des lieux…

Le gisement se situe au pied de la corniche de calcaire qui surplombe le village des Eyzies-de-Tayac, en rive gauche de la Vézère. Les premiers occupants de Pataud, des chasseurs-cueilleurs semi-nomades, les Aurignaciens, découvrent au pied de la falaise une vaste plate-forme de 90 mètres de long sur quelques mètres de large, orientée sud/sud-ouest, une exposition idéale pour se protéger du froid et des dangers potentiels. Ce refuge peu profond ne permet pas des séjours prolongés. Plus tard, lorsque lʼérosion agrandit l’abri, les Gravettiens sʼy installent pour des séjours de plus longue durée. Après l’effondrement de l’auvent, il ne reste plus quʼun couloir longeant la paroi rocheuse qui servira de sépulture : sept individus y seront inhumés.

Propriété du Muséum depuis 1957, l’abri Pataud propose aux visiteurs deux espaces de découverte, sans compter l’ancienne ferme du XVIIIe siècle dans laquelle est installé un laboratoire d’études non visitable. En fait, le site se compose de deux abris-sous-roche distants d’une cinquantaine de mètres. Au nord, l’abri Pataud. C’est dans cette zone d’éboulement que les fouilles principales ont été entreprises. Au sud, l’abri Movius : il abrite le musée de site. L’abri Pataud est l’un des grands gisements de référence de la première moitié du Paléolithique supérieur. (1)

Abri-Pataud-exterieur

Le site préhistorique

Le site préhistorique a été spécialement aménagé pour le public.

14 couches de stratigraphie – Sur une hauteur de 9,25 mètres, quatorze couches archéologiques extrêmement complexes se sont succédées sous la falaise. Elles permettent de suivre la succession des occupations préhistoriques sous lʼabri, aujourdʼhui effondré. C’est un véritable site de référence pour les périodes de l’aurignacien, du gravettien et du solutréen.

Des traces de l’occupation humaine – Hallam Movius a reconstitué les campements de chasseurs de rennes. Trois foyers à l’intérieur d’une grande dépression ovale située en avant de la paroi de l’abri, comportant des galets provenant de la Vézère toute proche, rougis et détériorés par les hautes températures. Peut-être étaient-ils chauffés pour servir de radiateurs ? Sur la bordure sud de la dépression étaient dressés de grandes dalles de calcaire dont le rôle reste à ce jour inexpliqué. Des burins, grattoirs et autres pointes en os complètent les découvertes. À noter, également des pointes en os qui servaient à armer les sagaies pour la chasse, des outils, produits de débitage, déchets de fabrication, ainsi que des échantillons géologiques.

Art et sculptures – L’une des premières révélations des fouilles est la mise au jour d’une sépulture de jeune femme accompagnée d’un nouveau-né. Suivent une vénus en relief (La Vénus de Pataud), sculptée dans un bloc de calcaire, et de nombreux objets d’art mobilier – notamment une gravure d’un poisson sur bois de cervidé (présentée au Musée d’Art et d’Archéologie de Périgueux), des éléments de parure, des coquilles perforées, des galets décorés, des tracés serpentins retrouvés sur un bloc éboulé… À noter, cette dent humaine perforée, qui a dû être suspendue comme une pendeloque. (2)

Art mobilier et restes humains – En  », le réexamen des matériaux retrouvés dans le niveau 5 (Gravettien ancien) a permis de découvrir une dent humaine perforée. Ce n’est pas la première dent perforée sur le site, mais c’est la seule appartenant à l’espèce humaine. La perforation permettait probablement à l’objet d’être suspendue comme une pendeloque. La découverte du crâne d’une jeune protomagdalénienne de 16 à 18 ans enrichit les connaissances concernant le Périgordien final.

Abri-Pataud-bouquetin-en-relief

Le petit musée accolé à l’abri Pataud

Juste à côté de l’Abri Pataud, dans les locaux de l’ancienne ferme construite au XVIIIe siècle, a été aménagé le laboratoire d’études des éléments trouvés sur le site. Cette partie n’est pas visitable. Par contre, sous l’abri Movius, fermé par des murs, se trouve un petit musée de 75 m2, accessible à tous, qui présente une partie du résultat des fouilles, mais aussi les techniques employées par les archéologues pour les mettre à jour et les dater. Panneaux, maquettes, reconstitution par animations et dessins des habitats et paysages permettent de comprendre la vie des hommes de Cro-magnon. Ne ratez pas la reconstitution de l’environnement, de l’habitat et du mode de vie des hommes préhistoriques.

En fait, c’est la totalité du matériel archéologique issu des fouilles de l’abri Pataud qui est conservée sur place – excepté les vestiges humains conservés au Musée de l’Homme à Paris – environ 1 800 000 pièces issues des industries lithiques et osseuses. Mais, seules les pièces les plus significatives sont exposées. La documentation scientifique est constituée d’environ 200 000 documents de fouilles originaux tels que des notes de fouille (carnets et fiches), des fiches d’inventaire et de description des objets et des relevés de terrain (plans et coupes originaux). (3)

Histoire et découverte…

abri-pataud-venus-de-pataudBien que connaissant le site depuis 1890, Émile Rivière ne signale le gisement que neuf ans plus tard, sous le nom de « Croze-de-Tayac » après avoir effectué une petite fouille les 21 et 22 avril 1899, rapidement interrompue par le propriétaire. Cette courte prospection lui livre de nombreuses pièces archéologiques, ossements et silex taillés. D’autres amateurs célèbres de la préhistoire s’intéresseront au site : Louis Capitan, Maurice Féaux, Denis Peyrony, Otto Hauser… Les recherches sont ponctuelles et sans découverte majeure… Toutefois, en juin 1894, Maurice Féaux trouve un bois de renne, sur lequel sont gravés deux poissons. Le lieu étant encore habité par la famille Pataud qui s’oppose aux fouilles, il faudra attendre plusieurs décennies avant que ce site ne révèle son véritable potentiel. Soit dit en passant, ce refus a contribué à la conservation du site jusqu’à une époque récente. C’est en 1953 que le préhistorien américain Hallam Leonard Movius (1907-1987) va louer le terrain et commencer les fouilles. En 1957, il fait en sorte que la ferme devienne propriété du Muséum National d’Histoire Naturelle. De 1958 à 1964 Movius va entreprendre 6 campagnes de fouilles (avec une interruption en 1962 pour cause de fermeture du site). Scientifique et strict, H.L. Movius va utiliser la technique du carroyage au sol pour garder les traces des découvertes au fur et à mesure de l’avancée des travaux. C’est la première fois que cette technique moderne de fouilles est utilisée en Périgord. Il utilisa d’autres techniques novatrices : le décapage horizontal, le relevé des coupes stratigraphiques, et le recours systématique aux datations radiocarbone.

Jusqu’en 1980, les études du matériel, amassé pendant des années, vont continuer dans la maison adjacente, transformée en réserve et en laboratoire. En 1986, le site et l’étude ont été repris par H. de Lumley et son équipe. Le site est ouvert au public en avril 1990 sous la direction du Museum National d’Histoire Naturelle. De 2005 à 2009, les fouilles utilisant des techniques plus modernes sont reprises, mais en utilisant de manière informatique cette fois, une partie du carroyage mis en place par H.L. Movius. Plus de 400 restes humains vont être mis à jour dans la couche 2. Ils correspondent d’après les chercheurs à 6 individus au minimum : une femme de 20-29 ans, un nouveau-né âgé (moins de 3 mois), un homme adulte, une femme adulte et un autre nouveau-né (entre 3 et 6 mois) ainsi qu’un enfant d’environ 5 ans. La présence d’éléments de parure (perle en ivoire de mammouth) et d’ocre suggère qu’il s’agit bien de dépôts intentionnels, vraisemblablement dans le cadre d’un rituel funéraire complexe. Les dernières fouilles remontent à septembre 2012(1)

Abri-Pataud-Protomagdalenian-crame-de-femme

Classement

  • Le site a été classé monument historique par un décret du 25 juin 1930, puis les abris situés sous la falaise par un arrêté du 9 mai 1958, (référence n° PA00082543).

Infos pratiques

Accès – Localisationicon info

  • Carte : IGN 48 – Haut droite pli D3.
  • Situation : 20 rue du Moyen Âge, Les Eyzies-de-Tayac-Sireuil (24620).
  • Accès : l’Abri Pataud se trouve au cœur du village des Eyzies-de-Tayac.
  • Coordonnées GPS (degré décimaux) : Longitude 44.933611° N – Latitude 1.018056° E.
  • Google Map : http://goo.gl/maps/AO9Bq.

Visites

  • Durée moyenne de la visite : 60 minutes.

Services

  • Langues parlées autres que le français : anglais, espagnol.
  • Animaux de compagnie admis sur le site, tenus en laisse. Point d’eau sur demande.

Accessibilité – Confort

  • Point Dépose Minute.
  • Distance entre le guichet et le début de la visite : 100 m.
  • Plusieurs marches ou pentes à négocier mais peu de distances à parcourir.
  • Assez spacieuses pour accompagner un enfant, pour une personne à mobilité réduite.

Plus d’infos sur l’accessibilité et le confort de cette visite en consultant la page Abri Pataud sur le site ConfortExplore.

Pour en savoir plus…


Notes et sources :

Crédit Photos :

  • L’abri Pataud, site de fouilles archéologiques situé aux Eyzies-de-Tayac, Dordogne, By Author Sémhur (Own work), via Wikimedia Commons.
  • Vue extérieure des bâtiments protégeant l’abri Pataud, By Didier Descouens (Own work), via Wikimedia Commons.
  • Bouquetin gravé sur la paroi de l’abri Movius, qui fait partie du même ensemble archéologique, By Sémhur (Own work), via Wikimedia Commons.
  • Crâne d’une jeune femme proto-magdalénienne trouvé dans l’abri, By Sémhur (Own work), via Wikimedia Commons.


Adresse

Adresse:

20 rue du Moyen Âge, 24620 Les Eyzies-de-Tayac-Sireuil

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