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C’est tout au nord de la Dordogne, dans le Parc naturel régional Périgord-Limousin, que l’Atelier-Musée des Tisserands et de la Charentaise a trouvé place au château de Varaignes, un petit village situé à quelques kilomètres de Nontron. Cet écomusée raconte l’histoire de l’activité textile en Périgord-Limousin, berceau de la fameuse pantoufle charentaise, et la vie du paysan-tisserand de village, de la fin XIXe siècle et début XXe siècle. Tous les savoir-faire textiles régionaux, du travail du chanvre et de la laine à la technique du cousu-retourné des charentaises sont présentés. L’outillage, manuel ou industriel, est en état de fonctionnement. De ce fait, vous pourrez suivre toutes les étapes de la fabrication d’une paire de charentaises, au feutre confortable, bien connu de tous les pantouflards. Vous pourrez même y fabriquer vos propres « Charentaises », grâce à la méthode du cousu-retournée (sans colle). L’Atelier-musée fait également le lien avec la création textile contemporaine en exposant des créations textiles et en accueillant chaque année, à la Pentecôte, le Marché des Tisserands, organisé par l’Association Fils et Métiers.


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À la découverte des lieux…

Logo de l'AMTC (Atelier-Musée des Tisserands et de la Charentaise)Découvrez tout d’abord le château de Varaignes, avec son donjon médiéval et sa cour intérieure d’inspiration Renaissance italienne. À l’intérieur, déambulez dans les différentes salles du château qui portent le nom d’anciennes usines locales et où sont exposés des métiers à tisser, une filature et son laboratoire ou encore des machines à découper et à coudre les charentaises.

Dans la maison du tisserand du village reconstituée, retrouvez le quotidien d’un paysan-tisserand du XIXe siècle. Bien souvent, il était à la fois tisserand, fileur et agriculteur. Plus tard, à la fin du XIXe siècle et surtout au début du XXe siècle, l’industrie gagne le pays : des usines se créent. Elles fournissent le feutre aux papeteries d’Angoulême, puis aux pantoufliers du pays. Certaines utilisent l’énergie hydraulique des moulins, d’autres, plus rapidement, s’équipent de turbines électriques… L’Écomusée des Tisserands et de la Charentaise rappellent ce riche passé textile de la région. On peut y admirer la filature et son laboratoire, ainsi que les machines à découper et à coudre les célèbres « charentaises ».

Vous pouvez participer à un atelier de fabrication de charentaises animé par le CPIE du Périgord-Limousin, qui vous remettra à cette occasion un diplôme de pantouflier !

L’atelier des Tisserands et de la Charentaise expose également des créations textiles contemporaines.

Le château de Varaignes

En 1280, Robert de Montbron est seigneur de Varaignes. En 1451, la Châtellenie de Varaignes passe de François de Montbron à Gauthier-de-Pérusse, Seigneur des Cars de la Vauguyon, de la Coussière, de Roussines, de la Tour de Bar, du Repaire et de la Baronnie de Saint-Germain-sur-Vienne. Ancien repaire noble, le château actuel était le cœur d’une enceinte de défense dont la dernière tour a été détruite en 1920.

L’intérêt archéologique de ce château tient au fait qu’il permet d’embrasser l’évolution de l’architecture locale : architecture médiévale à vocation militaire du donjon carré à mâchicoulis (XIIIe), architecture gothique de la tour polygonale d’escalier (XVe) et façade de la cour intérieure (XVIe) d’inspiration renaissance italienne, sans parler des retouches datant de l’époque classique. À noter, une élégante cour intérieure et de nombreuses fenêtres à meneaux avec colonnes moulurées. Il possède des souterrains et une grange dîmière à proximité

Les Animations de l’Atelier-Musée des Tisserands

  • Les expositions temporaires à caractère ethnologique d’art textile contemporain.
  • Les résidences d’art de créateurs textiles
  • Le Marché des Tisserands, le week-end de la Pentecôte
  • Les stages d’initiation ou de perfectionnement aux arts textiles.
  • Les classes de découverte du patrimoine et de sensibilisation aux arts textiles du CPIE.
  • L’atelier-musée des tisserands en activité.
  • Les remises des “charentaises d’Honneur” avec épreuves du cousu-retourné, du lancer de charentaises et la cérémonie de signature des diplômes de pantoufliers aux récipiendaires.

Une brève histoire de la Charentaise

La charentaise a été conçue dans la région d’Angoulême, en 1666, sous Louis XIV. C’est le résultat du hasard et de la nécessité, la résultante du recyclage des feutres à papier. En effet, la fabrication feuille à feuille du papier nécessitait l’utilisation de feutre pour l’égouttage. Ces feutres étaient en laine et, après avoir servi au pressage et avoir absorbé l’eau de la pâte à papier, ils devenaient imperméables. On pouvait alors les transformer en semelles souples et confortables. À partir des années 1860, avec l’installation de machines à papier en continu, le besoin en feutre s’accroît et entraîne la création d’usines de feutre.

La partie supérieure de la pantoufle appelée « tige » provenait des excédents de fabrications des tisserands locaux qui travaillaient pour la confection des uniformes de la Marine royale dont le principal élément est la chaude pèlerine en feutre. C’est dans les moulins à eau d’Angoulême que sera foulée la laine qui sert à sa fabrication, qui sera ensuite transformée en feutre. Après la découpe, de nombreux rebuts de tissu restent inutilisés. Les cordonniers-savetiers de la région ont alors l’idée de les recycler pour fabriquer des sortes de chaussons à semelle de feutre et dessus en laine noire, sans pied gauche ni pied droit.

Cette invention particulièrement astucieuse et économique va peu à peu remplacer la paille que les paysans glissaient dans leurs sabots pour ne pas se blesser les pieds et se protéger du froid. Les premiers modèles sont noirs, sans distinction entre le pied droit ou gauche. Au XVIIIe siècle, les domestiques porteront les charentaises pour lustrer les parquets des châteaux. Appelées également « silencieuses », ces pantoufles chaussaient les valets des grandes maisons afin qu’ils ne fassent pas de bruit lors de leurs déplacements dans les pièces. Un peu plus tard, un cordonnier de La Rochefoucauld (Charente) y ajoutera une semelle rigide, afin de la faire durer plus longtemps. La charentaise se transforme alors en chausson d’intérieur particulièrement confortable et chaud.

La charentaise est créée à la fin du XVIIe siècle à partir des rebuts de feutres utilisés pour la fabrication d’uniformes militaires à la suite de la fortification de la ville de Rochefort par Colbert en 1666. L’Administration Royale se tourne alors vers Angoulême et ses moulins à eau pour fouler la laine et fabriquer du feutre, les chutes et les rebuts de feutre des pèlerines de la Marine Royale étant recyclés par les cordonniers-savetiers pour fabriquer les premières charentaises qui sont noires, le dessus en laine, la semelle en feutre, sans pied droit ni pied gauche pour en faire durer l’usage. La charentaise se développe également au XVIIe siècle à partir des rebuts de feutres de papeterie utilisés dans l’industrie papetière implantée sur la Charente et sur ses affluents, dans la région d’Angoulême.

Au début ce type de pantoufles, pour plus de confort, se glisse dans les sabots pour remplacer la paille, la languette des charentaises ayant pour fonction originelle de protéger le cou-de-pied du contact du bois. Par la suite, un cordonnier de La Rochefoucauld aurait eu l’idée de poser une semelle rigide sous la pantoufle.

Au XVIIIe siècle, ces pantoufles tout en feutre servent aux domestiques pour cirer les parquets des châteaux. À l’époque, les charentaises étaient appelées les silencieuses. Ce nom vient du fait que les charentaises étaient portées par les valets et leur permettaient de se déplacer dans la chambre de leur maître sans bruit.

La véritable charentaise apparaîtra au XXe siècle en 1907, grâce au docteur Jeva, dont l’usine existe encore aujourd’hui à Chasseneuil-sur-Bonnieure à 10 km de La Rochefoucauld, qui invente le collage du feutre et crée des pantoufles aux couleurs vives et aux décors de type écossais. Cette Charentaise se verra portée toute seule à partir du XXe siècle. Le succès mondial vient avec James Rondinaud qui a l’idée de les exporter aux quatre coins du monde.

La Charentaise aujourd’hui

L’apogée de la Charentaise se situe vers les années 1960. À cette époque, plus de 70 entreprises produisent des charentaises autour de Nontron. Presque toutes les communes du Nontronnais possèdent un ou plusieurs ateliers (33 ouvrier(e)s à Varaignes). À partir des années 1970, les ateliers ferment progressivement face à la concurrence des produits de l’Extrême-Orient. Le cousu-retourné a été remplacé par le soudé, le vulcanisé, l’injecté de matières synthétiques. Face à ces changements, le petit patronat pantouflier local ne peut résister. Aujourd’hui, les ateliers de cousu-retourné de « charentaises » en feutre de laine se comptent sur les doigts d’une main, car cette technique est coûteuse. Et pourtant, elle garantit un meilleur confort et une meilleure durabilité aux pantoufles.
Les entreprises d’articles chaussants qui ont survécu ont dû diversifier leur production et suivre la mode.

Classement

  • Ce château communal est inscrit à l’inventaire des Bâtiments de France. Il a été restauré grâce aux efforts du Syndicat d’Initiative et du Foyer d’Animation Culturelle de Varaignes qui ont reçu le 1er prix du Concours National d’Antenne 2 « Chef d’œuvres en Périls en 1981 » des mains du Ministre de la Culture.

Infos pratiques

Accès – Localisationicon info

  • Carte : IGN 47 – Haut gauche pli A10.
  • Situation : Le Bourg 24360 Varaignes.
  • Accès : à 15 Km de Nontron. Panneaux RIS à partir de Nontron. Prendre la direction de Javerlhac, après 4 km, au lieu dit le Grand Moulin tournez à droite direction Varaignes. C’est limitrophe à la Charente, à l’extrème nord du Périgord Vert. Périgueux : 65 Km. Angoulème : 35 Km
  • Coordonnées GPS (degré décimaux) : Longitude : 0.529302 | Latitude : 45.598811.
  • Google Map : https://goo.gl/maps/dBNg2oakDmn.

Visites

  • Visites guidées et balades animées par le CPIE du Périgord-Limousin (Centre Permanent d’Initiatives pour l’Environnement) tout l’été.
  • Visites guidées sur réservation hors saison.
  • Durée moyenne de la visite : 60 minutes.
  • Langues de la visite : Français, Anglais.
  • Visites guidées sur réservation hors saison.

Services

  • Animaux domestiques accepté, tenus en laisse.
  • Langues parlées à l’accueil : Anglais.
  • Langues de la visite : Français, Anglais.
  • Restauration.
  • Boutique du château.
  • Salle de réunion équipée.
  • Chien tenus en laisse admis.

Pour en savoir plus…


Notes :

Crédit Photos :

  • Félibrée à Piégut-Pluviers 2012, étale avec des charentaises, By Traumrune (Own work), via Wikimedia Commons.
  • Atelier-Musée des Tisserands et de la Charentaise, métier industriel, By Traumrune (Own work), via Wikimedia Commons.
  • Bobineuse, marque Dubied de Jarnac (1920), Atelier-Musée des Tisserands et de la Charentaise à Varaigne, Dordogne, By Traumrune (Own work), via Wikimedia Commons.


Adresse

Adresse:

Atelier-Musée des Tisserands et de la Charentaise, Varaignes

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