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Fondée en 1281 par Philippe le Hardi, surnommée l’ « Acropole du Périgord », cette bastide royale ne ressemble à aucune autre. C’est pourtant l’une des plus attirantes de la région. Elle a pour principale particularité d’être niché sur le rebord d’une barre rocheuse, percée de grottes, surplombant la rivière de quelques 150 mètres. Elle offre un panorama exceptionnel sur les méandres de la Dordogne et sa riche plaine cultivée. Autre particularité : alors que les bastides adoptent un plan géométrique (rues rectilignes et perpendiculaires), ici, le tracé a dû s’adapter à la géographie courbe des lieux. Enfin, plus inhabituel, cette bastide a deux places (alors qu’une bastide typique s’organise autour d’une place centrale unique) : la place de la Halle et la place de la Rode, où se tenaient marchés, foire et… supplices de la roue (d’où son nom). De tous ses illustres visiteurs, Henry Miller fut sans doute le plus impressionné, qualifiant le site d’ « approximation la plus voisine du paradis » ! Rien d’étonnant donc à ce que Domme figurer sur la liste des « Plus Beaux Villages de France » !


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À l’écart des grands centres industriels, Domme a traversé les siècles sans subir d’autres ravages que ceux de l’histoire pour notre plus grand plaisir. C’est ainsi que l’enceinte fortifiée a encore fière allure et court sur plusieurs centaines de mètres. On peut aussi y admirer de nombreux vieilles maisons de pierres blondes, coiffées de tuiles brunes, classés sur la liste des Monuments historiques. De plus, grâce à sa situation particulière, Domme ne souffre pas de la monotonie géographique qui souvent caractérise les autres bastides. Les surprises

  • Origine : Bastide royale française.
  • Date de fondation : 1281.
  • Fondateur : Philippe le Hardi, sénéchal de Périgord. Paréage avec Guillaume de Domme.
  • Réalisation : Simon de Melun.
  • Toponymie : Deux hypothèses sont avancées quant à l’origine du nom et toutes les deux évoquent la hauteur. Pour la première, Domme viendrait du nom gaulois duma, la montagne; pour la seconde, du mot latin, doma, désignant un toit en terrasse.

Un peu d’histoire

Le lieu sur lequel la bastide de Domme a été bâtie appartenait, avant 1280, à Guillaume de Domme, alors vassal de l’abbé de Sarlat. Sur sa pointe ouest s’élevait déjà le château féodal de Domme-Vieille (XIe et XIIe), propriété d’Almalvin Bonafos et de Bertrand de Gourdon. C’est sa position hautement stratégique – par rapport au fleuve et à sa vallée – qui retint l’attention de Philippe III le Hardi, roi de France. Décidé à y implanter une fondation, son sénéchal, Simon de Melun, acheta pour 500 livres tournoi la partie centrale du plateau et obtint le complément nécessaire des deux seigneurs occupant le château de Domme-Vieille. C’était en l’année 1281… Grâce à cette nouvelle bastide, il pouvait ainsi renforcer le dispositif français déjà mis en place aux limites du Périgord et du Quercy.

Porte des Tours permettant d'accéder à la bastide de DommeLe tracé de la bastide de Domme est ici beaucoup plus complexe que dans les autres fondations car il fallait s’adapter aux exigences du site. Au lieu d’être carrée ou rectangulaire, elle est en forme de trapèze, et les rues suivent autant que possible un plan géométrique. Son édification, commencée en 1283, posa de nombreux problèmes techniques, en raison de la nature rocailleuse du terrain et de l’accès difficile. De plus, la population était très pauvre et elle manquait de vivre. Les ouvriers n’étaient payés qu’avec une monnaie de cuir frappée à Domme : l’obsidionale (par la suite, la ville conserva le privilège de battre monnaie). Malgré ces difficultés, la construction de l’enceinte est achevée en 1310. La réussite de l’entreprise fut grande et elle devint la plus belle bastide française du Périgord.

Dès sa création, en 1283, Domme se voit accorder des privilèges considérables. Par exemple, les simples particuliers avaient le droit de disposer d’un four ou d’un moulin. De plus, la justice était rendue avec une certaine fermeté, ce qui favorisait le sentiment de sécurité : sur la place de la « Rode », les assassins et les voleurs étaient attachés à une roue avant que le bourreau ne leur brise les membres à l’aide d’une barre de fer.

Domme joua un rôle de première importance durant toute la période des guerres franco-anglaises. Devenu le siège de la sénéchaussée du Périgord-Quercy, elle s’efforçât, avec plus ou moins de succès, de contrecarrer les velléités d’expansion anglo-gasconnes. C’est ainsi qu’elle changea de main à de multiples reprises :

Dès 1346, les Anglais s’emparent de la ville à la suite d’une trahison, des habitants leur ayant ouvert les portes. L’année suivante, le sénéchal du Périgord libère la ville et fait pendre les traîtres. Par la suite, la bastide devient tour à tour anglaise ou française, et ce, à de multiples reprises. Les méfaits de la guerre furent tels qu’en 1415 la paroisse qui comptait auparavant 1000 fidèles n’en comptait plus qu’une centaine. Le sénéchal du Périgord dut interdire à tout habitant de quitter la bastide sous peine de se voir confisquer ses biens. Ce n’est qu’en 1438, après vingt années d’occupation anglaise, que la bastide redevient définitivement française et le château de Domme-Vieille prenait l’appellation de château du roi. Domme connu enfin le calme durant quelques décennies : c’est une période de reconstruction.

Cité catholique, Domme fut dès le début de 1572, soumise aux assauts du capitaine protestant Geoffroy de Vivans, qui s’était juré de s’en emparer. Il échouera par deux fois. Ce n’est que le 25 octobre 1588, seize ans plus tard, que la citadelle tomba, suite à un exploit d’une incroyable témérité. Les capitaines Bordes et Bramarigues, escortés de trente hommes, escaladent de nuit (deux heures avant le lever du jour) les falaises de la « Barre de Domme », non défendues, car jugées imprenables en raison de leur hauteur et de leur verticalité. Une fois dans la citadelle, ils ouvrent alors une des trois portes de la citadelle au gros de la troupe et Vivans fit son entrée officielle aux sons des tambours et des trompettes. La population, encore toute endormie, n’opposa aucune résistance. Les Huguenots s’y retranchèrent, rasèrent partiellement l’ancien prieuré d’augustins fondé en 1375 ainsi que l’église et y installèrent le premier pasteur protestant, nommé Bopoil.

Le 23 août 1590, la bastide de Domme est attaquée par des troupes catholiques commandées par les seigneurs de Monpezat, de Montluc, de Pompadour, de Castelnau-Clermont-Lodève et de Camburat. Elle est partiellement prise, alors que Geoffroy de Vivans était à Paris. Les succès grandissant des catholiques l’obligeront à vendre la bastide en 1592. La paix revenue, ces édifices reconstruits, un collège fut fondé au couvent.

En 1594, la bastide dut faire face à une jacquerie de « Croquants », surnom méprisant donné aux paysans. Ils récidivèrent en 1637 et la cité fut le théâtre de quelques escarmouches… Au XVIIe siècle, la bastide connaît une grande prospérité grâce, notamment, à la qualité de son vignoble, à ses marchés et au commerce fluvial. En 1741, Domme verra naître le juriste Jacques de Maleville, qui fut un des rédacteurs du Code civil. Toutefois, l’abolition des privilèges royaux, conséquences de la Révolution française, favoriseront l’exode rural et le déclin de la bastide.

À visiter

La bastide a conservé de très nombreux et beaux vestiges qui témoigne encore de nos jours, de la richesse de son passé. 

Fenêtre de style Renaissance témoignant du riche patrimoine bâti de la bastide de DommeElle est encore ceinturée de remparts (MH) percées de trois portes : au sud-ouest, la Porte del Bos qui signifie « du bois » en français (autrefois barrée d’une herse, elle était située à proximité d’un bois où furent pendus les traîtres qui livrèrent Domme aux Anglais en 1346), au sud, la Porte de la Combe (simple ouverture aménagée dans les remparts, mais importante pour les habitants puisqu’elle permettait d’accéder à la source) dont les deux escaliers permettent d’accéder au chemin de ronde et, enfin à l’est, la Porte des Tours, joyau de l’architecture médiévale, l’une des plus belles du Périgord. Cette porte est flanquée de deux grosses tours à bossage du XIIIe siècle, parfaitement symétriques, mais selon un plan inversé. Ces corps de garde servirent également de geôle pour soixante-dix chevaliers de l’ordre des Templiers qui y furent enfermés pendant onze ans (1307 à 1318), après une rafle massive ordonnée par Philippe le Bel, inquiet du pouvoir financier et occulte de cette confrérie, accusée ensuite d’hérésie. Pendant leur emprisonnement, ces moines-soldats gravèrent sur les murs un message ésotérique composé de sept tableaux différents, tous liés à l’iconographie religieuse… mais que personne ne peut vraiment traduire. En 1970, le chamoine Le Tonellier fit un relevé par estompage de ces graffitis afin de les décrypter, ce qui lui aurait permis de découvrir des inscriptions indiscernables à l’œil. Mais son travail ne fait pas l’unanimité. Une visite guidée propose une lecture iconographique de ces gravures mystérieuses parmi lesquelles on reconnaît des croix de templiers, des groupes de trois points et divers blasons… On peut y voir Joseph d’Arimathie recueillir le sang du Christ dans la coupe du Graal, le pape Clément V, représenté sous la forme du dragon terrassé par saint Michel, protecteur des Templiers, et bien d’autres choses encore…

À l’intérieur de la bastide, subsistent de belles maisons anciennes de style roman et Renaissance : ogives, plein cintre, portes anciennes, fenêtre double Renaissance et figures sculptées. Maisons dites « le Castellet » du XVIIe (IMH), « le Tournoi » (IMH), « le Touzon » du XVIIIe (MH), l’ancien Hôtel de ville (façade XIIIe).

La magnifique halle de pierres sèches datent du XVIIe (IMH). Une rangée de colonnes en pierres sculptées supporte le balcon en bois datant du XVIIIe et une galerie en charpente. Elles abritent l’entrée des grottes faites de concrétions millénaires. Longue de près de 500 mètres, la cavité principale aboutit à une terrasse offrant un panorama exceptionnel sur la rivière Dordogne. Sur la place de la Halle vivaient les notables dans leurs belles demeures dont l’Hôtel du Gouverneur (aujourd’hui syndicat d’initiative). Ce bâtiment du XVe siècle à façade XVIIe (IMH) semble avoir été surélevé au XVIe siècle, avec sa haute tour carrée flanquée de tourelles. Dans la Maison commune se réunissaient les consuls de la ville. Sa façade présente deux fenêtres gothiques et un superbe clocher-mur. Toujours près de la halle, le Musée des Arts et Traditions populaires retrace l’histoire de la vie quotidienne des Périgourdins.

Près de la place de la Rode, l’hôtel du batteur de Monnaies présente une superbe fenêtre gothique. Située dans la ville basse, la place de Rode est l’une des deux places de la bastide. Elle est non seulement le lieu des supplices (place de « la Roue ») mais aussi celle des foires qui s’y tenaient, quatre fois l’an, sur décision royale.

Parmi les autres édifices dignes d’intérêt, signalons la demeure Delol, une des dernières bâtisses typiquement dommoise, avec son grand escalier, l’ancien couvent des Augustins, et son logis XVII et XVIIIe avec cheminée et caves des XIV et XVe ; la chapelle du XV et XVIe (IMH) avec porche néo-gothique à tympan du XIXe, contreforts et culs-de-lampe sculptés.

En passant devant l’église et son clocher-mur, reconstruite en 1621 et 1883, on accède à la « Barre de Domme ». Ce belvédère, qui s’élève à 212 mètres au-dessus du niveau de la mer et à 150 mètres au-dessus de la rivière, permet d’apprécier la position militaire favorable de la citadelle. De là, le panorama embrasse un cirque de plus de 40 kilomètres sur la vallée de la Dordogne, du cingle de Montfort au château de Beynac.

Vue sur la vallée de la Dordogne depuis la barre de Domme


La bastide de Domme en bref…

  • Carte : IGN 48 – Intersection bas pli D4-D5.
  • Accès : 11 km sud de Sarlat-la-Canéda.
  • N° INSEE : 24152 – Code Postal : 24250.
  • Administratif : Arrondissement de Sarlat-la-Canéda – Canton : Domme.
  • Superficie : 2491 ha.
  • Point culminant : 250 m.
  • Population : 1015 habitants (Source INSEE : Recensement 2010).
  • Nom des habitants : Dommois, Dommoises.
  • Coordonnées GPS (degré décimaux) : Longitude 44.801305° N – Latitude 1.217048° E.
  • Google Map : http://goo.gl/maps/jbY2d.

Pour en savoir plus…


Notes :

Crédit Photos :

  • Porte de la bastide de Domme, By Jochen Jahnke (Own work), via Wikimedia Commons.
  • Place de la Rode, bastide de Domme, By Jochen Jahnke (Own work), via Wikimedia Commons.
  • Place de la halle, bastide de Domme, By JF Tronel (Own work), via Wikimedia Commons.
  • Vue aérienne de la bastide de Domme, By Luc Viatour (Own work), via Wikimedia Commons.
  • Porte des Tours, bastide de Domme, By JF Tronel (Own work), via Wikimedia Commons.
  • Fenêtre de style Renaissance, bastide de Domme, By JF Tronel (Own work), via Wikimedia Commons.


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Domme 24250

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