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Fondée en 1272 au nom d’Edouard Ier, roi d’Angleterre, par Luc de Thaney, sénéchal de Guyenne, cette charmante bastide possède de nombreuses richesses architecturales parmi lesquelles de nombreuses maisons des XIVe, XVe et XVIe siècle, la plupart classées. Sa place centrale est entourée d’arcades appelées « cornières » sur lesquelles donnent les échoppes. À côté de la place se trouve l’imposante église fortifiée, mi-château, mi-église, le plus bel exemple de l’architecture défensive caractéristique en Périgord. Beaumont-du-Périgord possède encore des vestiges de son enceinte fortifiée et une porte médiévale récemment restaurée, la Porte de Luzier. C’est l’une des plus imposantes bastides du Périgord.


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On lit très souvent que le plan de la bastide de Beaumont-du-Périgord se distingue par sa forme en « H », conformément au vœu d’Edouard Ier, en souvenir de son père Henri III d’Angleterre. Rien de plus faux ! Le plan n’est certes pas celui d’un quadrilatère, comme c’est le cas habituellement pour la plupart des bastides, mais ce qui est sûr, c’est qu’il n’y a pas de « H » dans le plan de cette bastide.

  • Origine : Bastide anglaise.
  • Date de fondation : 1272.
  • Fondateur : Edouard Ier. Contrat de droit féodal d’association (paréage) entre le roi, le prieur de Saint-Avit-Sénieur, l’abbé de Cadouin, et le seigneur de Biron.
  • Réalisation : Lucas de Thaney, sénéchal de Guyenne.
  • Toponymie : Beaumont est la francisation de l’occitan bèl mont provenant lui-même du latin bellus mons.

Un peu d’histoire

Beaumont est la francisation de l’occitan bèl mont provenant lui-même du latin bellus mons. Comme l’indique si joliment ce nom, le village a été édifié sur une pittoresque hauteur.

Au milieu du XIIIe siècle, les terrains furent cédés à Edouard Ier, fils du roi Henri III d’Angleterre, par le prieur de Saint-Avit-Sénieur, l’abbé de Cadouin, et le seigneur de Biron qui conclurent un acte de paréage (contrat de droit féodal d’association), dans le but de défendre la frontière avec le comté de Toulouse, resté français. Edouard Ier chargea son Sénéchal de Guyenne, Lucas de Thaney, de construire la bastide en novembre 1272, au nom du roi d’Angleterre. Philippe le Hardi occupait alors le trône de France.

La ville est construite suivant un plan de rues droites se coupant à angles droits. La place centrale est entourée de cornières. Elle a un plan presque rectangulaire mesurant, dans l’enceinte, 338 mètres par 137 mètres.

Cinq ans plus tard, en 1277, Edouard Ier octroyait une charte de coutumes aux habitants de la Bastide. Les travaux se poursuivirent et la juridiction de la bastide s’étendit très largement aux paroisses environnantes dont Sain-Avit-Sénieur, Bourniquel, Montferrand, Rampieux et Sainte-Croix. Six ans plus tard, en 1283, une nouvelle extension englobait Nausannes, Bannes et Monsac. En 1284, Henri le Gallois l’afferma pour dix ans en même temps que Lalinde et quatre autres bastides. En 1286, de nouvelles franchises furent accordées à la ville. En 1289, une lettre du roi autorise les consuls à construire une maison communale au-dessus des abattoirs.

Mais les fortifications et les portes ne sont toujours pas terminées en 1320. Les habitants réclament leur réalisation. En 1365, Beaumont totalise 230 feux. Elle compte parmi les plus anciennes bastides du Périgord, et aussi les plus rentables.

Les paysans bénéficiaient de leurs terres fraîchement acquises après avoir réglé « six deniers de droit d’oublie pour chaque pièce de quatre aunes de large et dix de long… ». Ils vivaient sereinement puisque « ni le bayle, ni le consul ne pouvaient arrêter un habitant de la localité, ni lui faire violence, ni se saisir de ses biens… »

Durant la guerre de Cent Ans, en 1370, la bastide fut cédée par Charles V à Perducat d’Albret Bergerac. Les Anglais l’occupèrent la majeure partie du temps jusqu’à la fin du conflit. Toutefois, en 1442, la bastide fut reprise par les Français, grâce à l’intervention de Pierre de Beaufort, vicomte de Turenne. En 1461, la charte octroyée par Edouard Ier fut confirmée par Louis XI roi de France.

Durant les Guerres de religion, la ville est assiégée à trois reprises par les huguenots, en 15611575 et 1576, et finalement prise le 5 février 1576, par le capitaine huguenot Campagnac de Rufen. Après la signature d’un traité de paix, la ville revient aux catholiques, mais elle est de nouveau assiégée par les huguenots commandés par le capitaine Panissaut et tombe le 13 novembre 1585.

C’est au XVIIIe siècle que la ville perd son aspect militaire. Le mur d’enceinte fut vendu aux riverains qui l’abattirent ou y adossèrent leurs maisons. De ses seize portes, il ne reste plus que celle de Luzier, dans laquelle on peut voir la percée qui guidait la herse de défense. Visible encore aujourd’hui, une tour au nord ouest (reconstruite probablement au XVIIIe siècle) et des vestiges du mur d’enceinte. La halle aux piliers en bois massif, détruite en 1864 pour cause de vétusté, vient récemment d’être reconstruite à l’identique ou presque, grâce à l’étude historique et archéologique sur la bastide de M. Léo Testut.

À visiter

Plan de La Bastide de Monpazier

Plan de La Bastide de Monpazier – Cliquez pour agrandir

Impossible de se promener dans le village sans remarquer l’imposante église fortifiée, mi-château, mi-église, le plus bel exemple de l’architecture défensive caractéristique en Périgord. Édifiée à cheval sur le mur d’enceinte, entre la fin du XIIIe et le début du XIVe siècle, elle est marquée par le style gothique anglais de l’époque et réunie l’arsenal défensif habituel : mâchicoulis, meurtrières, bretèches… Sans compter quatre puissantes tours encadrant la façade et le chevet, et un chemin de ronde ceinturant l’édifice. Deux de ces tours, l’une faisant office de clocher, l’autre de donjon – encadrent un portail à cinq voussures que décore une galerie à balustrade soulignée par une frise de sculptures grimaçantes. C’est le plus beau portail du Périgord et c’est aussi l’une des plus belles églises fortifiées du Sud-ouest, tant par la hardiesse de ses voûtes gothiques que par l’ingéniosité de son système défensif. C’était le dernier repli permettant à la population locale de se protéger des envahisseurs.

Des seize portes qui gardaient la ville une seule nous est parvenue, la Porte de Luzier ou de Lusies. Ouverte à l’ouest, cette porte, encore bien conservée, laisse voir la rainure qui guidait la herse de défense. Un pan des anciens remparts est également visible. Ils sont bordés de maisons fortifiées à « mur-écran » du XIIIe siècle.

Le village possède également de nombreuses maisons classées des XIVe, XVe et XVIe siècles. Autrefois, il y avait en effet une ceinture de maisons à cornières ou de « couverts » autour de la place centrale. Il en subsiste sept. La plus ancienne se nomme la maison « Laphite ». Moins gracieuse que les cornières ogivales, elle est montée sur piliers de pierre, et elle possède de jolis pans de bois. Un autre ensemble de maisons subsiste entre les rues Ratier et Féliciane. Leurs façades en mur-pignon suggèrent qu’elles jouaient le rôle de deuxième défense après les remparts dont elles sont séparées par les lices. Sur la rue Ratier, certaines ont conservé au rez-de-chaussée les baies ogivales qui permettaient leurs activités commerciales.

Les careyrous et les venelles pavé, parfaitement restaurées, permettant une visite très atypique. En été, des visites nocturnes aux flambeaux, accompagnées de musique médiévale, de troubadours parlant l’occitan ainsi que les combats de chevalier restituent l’ambiance d’autrefois…

Fortement remanié au cours des siècles, le plan de cette importante bastide est encore parfaitement lisible. Le cadastre de 1832 montre que le tissu urbain n’a pas été modifié depuis les origines ; la ville est restée dans ses murs, les principales extensions ayant eu lieu dans la deuxième moitié du XIXe siècle vers le nord et vers le sud.

Une visite guidée de la bastide est organisée tout au long de l’année par l’office du tourisme.


Beaumont-du-Périgord en bref…

  • Carte : IGN 56 – Haut gauche pli A11.
  • Accès : 29 km sud-est de Bergerac par D660.
  • N° INSEE : 24028 – Code Postal : 24440.
  • Administratif : Arrondissement de Bergerac – Canton : Beaumont-du-Périgord.
  • Intercommunalité : CC des Bastides Dordogne-Périgord.
  • Superficie : 2418 ha.
  • Point culminant : 176 m.
  • Population : 1141 habitants (Source INSEE : Recensement 2010).
  • Nom des habitants : Beaumontois, Beaumontoises.
  • Coordonnées GPS (degré décimaux) : Longitude 44.770052° N – Latitude 0.769334° E.
  • Google Map : http://goo.gl/maps/eaEMz.

Pour en savoir plus…


Notes :

Crédit Photos :

  • Pays du Grand Bergeracois, via Wikimedia Commons.
  • La porte de Lusies (ou Luzier), By MOSSOT (Travail personnel), via Wikimedia Commons.


Adresse

Adresse:

16 Place Jean Moulin, 24440 Beaumont-du-Périgord

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