Biron-chateau-00

 Classé Monument Historique (MH)Biron est posé sur un pech aux vastes horizons, aux confins des trois départements de la Dordogne, du Lot et du Lot-et-Garonne. On a coutume de dire que château est un livre ouvert dans lequel se lit une magnifique leçon d’architecture. On y retrouve tous les styles, depuis le roman jusqu’au classique. Chaque période y a laissé son empreinte, donnant un attrait particulier à cet ensemble architectural exceptionnel, l’un des plus imposants du Périgord : donjon du XIIe, chapelle à double étage, appartements Renaissance, cuisines voûtées, salle des États… De cette incroyable juxtaposition de bâtiments résulte un ensemble architectural exceptionnel. Son histoire est intimement liée à la grandeur d’une famille, les Gontaud-Biron, qui tint le fief du XIIe siècle à 1938, soit vingt-quatre générations sur une période de huit cents ans.


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À la découverte des lieux…

Ce n’est pas un château que vous allez visiter, mais un groupe de trois châteaux d’époques différentes. Aucune description ne peut rendre exactement l’image de cet enchevêtrement d’architectures et de sculptures. Jean Secret distingue trois ensembles :

Siège de l’une des quatre baronnies du Périgord, Biron est l’un des plus vastes et des plus beaux châteaux dont s’honore celui-ci. Très complexe, il comprend deux enceintes successives. L’enceinte inférieure – dont les remparts crénelés et les terrasses remontent aux XIIIe et XIVe siècles – comporte un châtelet d’entrée entre une grosse tour ronde et un logis du XIIe , très remanié au XVIe et enrichi, côté cour, d’une ravissante lucarne sculptée. Vient ensuite une porte de galerie défensive, qui devait être hérissée de mâchicoulis au XVIe siècle mais que la Renaissance a fort humanisée.

C’est la même époque qui a bâti la chapelle castrale, la plus impressionnante du Périgord. En effet elle est à deux étages. L’étage inférieur (dont la porte est extra muros par rapport au château) était destiné aux serfs du village ; elle était desservie par un chapitre en miniature, comptant quelques chanoines prébendés. La chapelle supérieure, celle des seigneurs, leur servait de tombeau. C’est ainsi que les deux frères qui l’avaient bâtie, Pons et Armand de Gontaut, y furent ensevelis sans de riches tombeaux sculptés. On y ajouta, vers 1530, un retable de pierre, une Vierge de Pitié et une Mise au Tombeau qui sont maintenant au Metropolitan Museum de New-York.

Cette chapelle, voûtée d’ogives, est sommée d’une galerie sculptée et d’un clocher à bulbe. Un petit manoir du XVe avec une tourelle d’escalier complète la partie inférieure de l’enceinte. On accède à la seconde enceinte, beaucoup plus élevée, par un escalier du XVIIe pratiqué dans un bâtiment sans art. De là, un pont-levis donne accès à un beau portail Renaissance d’où un couloir voûté d’ogives permet d’entrer dans la cour supérieure. Celle-ci est entourée de logis divers, sans nulle symétrie, mais pittoresques dans leur disparité  un donjon roman à contreforts plats, roussi dans les incendies, un vaste logis du XVIIe, un autre du XVIIIe (mais dans le goût de la Renaissance !) lancé sur un arc surbaissé, soulagé par des colonnes. Une aile du XIVe jouxte une tour d’escalier et un pavillon du XVe rajeuni au XVIe. À l’intérieur, des salles et une cave voûtées, des pièces lambrissées, de remarquables cheminées permettent de voir avec quel art toutes les époques ont participé à embellir la demeure. — Châteaux du Périgord, Jean Secret. (1)

Une brève histoire du Château de Biron

Les origines du château, bien qu’assez imprécises, semblent remonter au XIe siècle. Deux textes de 1239 (il est question du « Castel de Biron ») et de 1283 (on parle du « Castrum de Bironio ») rappellent que le seigneur de Biron, la famille Gontaut, tenait le château de la famille Rudel de Bergerac (2). En 1189, Gaston de Gontaut marie sa fille Raymonde au cathare Martin Algaïs, sire de Bigaroque, sénéchal de Gascogne et du Périgord pour le roi d’Angleterre. Enjeu stratégique, les Catholiques et les Cathares se disputèrent âprement le château qui occupe une position stratégique, à la lisière du Périgord et de l’Agenais. En 1211, les forces cathares s’enferment dans Biron. Simon de Montfort les assiègent et triomphe en 1214. Moyennant la vie sauve pour tous, il obtint que les défenseurs lui livrent Martin d’Algaïs. Traîné par un cheval, puis pendu il connut une mort atroce.

Tantôt pro-anglais, tantôt pro-français, le château eut une histoire agitée pendant la guerre de Cent Ans. Au début du XVIe siècle Pons de Gontaut, conseiller de Charles VIII et son frère Armand évêque de Sarlat, restaurèrent le château au goût du jour. On peut voir leurs gisants mutilés dans la chapelle collégiale.

La lignée des Gontaut survécut à la période mouvementée des Guerres de Religions. Ils restèrent fidèles au parti catholique et prirent part allègrement aux massacres réciproques. Armand de Gontaut-Biron, grand maître de l’artillerie du roi, sut bien servir Henri III qui l’éleva au rang de maréchal en 1576. Compagnon d’Henri IV, il se battit à Évry et à Arques avant d’être tué au siège d’Épernay en 1592. Brantôme, qui s’y connaissait en hommes d’armes, l’avait surnommé « le plus grand capitaine de France ».

Son fils, Charles de Gontaut (1562-1602) avait hérité de son tempérament fougueux. Il fut plus célèbre encore. Compagnon d’armes et favori, Henri IV qui l’adorait, l’appelait « le plus tranchant instrument de ses victoires ». Le roi combla d’honneur le jeune homme, le faisant amiral, maréchal de France en 1595, lieutenant général des armées, duc et pair de France en 1598, gouverneur de Bourgogne. Mais son ambition le perdit. Avec le duc de Savoie et le gouverneur espagnol de Milan, il complota un démembrement du royaume qui lui laisserait l’Aquitaine. Le roi lui pardonna. Il conspira à nouveau et fomenta des troubles. Le roi lui aurait encore pardonné contre des aveux complets, mais il s’y refusa. Il fut décapité le 31 juillet 1602 dans la cour de la Bastille. Le roi ne se sépara pas sans regret de celui qui, selon ses propres dires, ne pouvait « pas davantage s’empêcher de mal dire d’autrui, que de bien faire quand il avait le cul sur la selle et l’épée à la main ». (3) Le duché fut alors rétrogradé au rang de Marquisat. Au XVIIe siècle, les biens de Biron sont restitués, la demeure est peu à peu délaissée pour être reprise par Armand-Charles de Gontaut-Biron qui se lance dans de grandes réparations.

Entre temps, la famille Gontaut avait entreprit la restauration complète du château, travaux toutefois interrompus par le procès et l’exécution de l’ambitieux Charles de Biron. C’est vers 1715 et 1730 seulement que le gros œuvre fut terminé et la décoration de l’aménagement intérieurs commencés. La mise en place des boiseries, des plafonds et de la serrurerie n’était pas terminée lors de la Révolution. Grâce au département de la Dordogne, propriétaire des lieux, la restauration de ce château se poursuit encore aujourd’hui.

Armand Charles de Gontaut perpétua cette race de seigneurs. Lieutenant-général des armées de Louis XIV puis maréchal en 1734, il fut enfin duc et pair de France sous la régence. Armand Louis de Gontaut (1747-1793), duc de Lauzun dont la légèreté et la frivolité défrayèrent la chronique sous le règne de Louis XVI, n’en fut pas moins un grand général. Il participa en Amérique à la guerre d’indépendance, puis rallié à la Révolution il commandé en chef l’armée du Rhin en 1792 et combattit ensuite en Vendée. Malgré sa valeur, il fut destitué de ses fonctions et guillotiné sous la Terreur la même année que Louis XVI. Il est difficile de ne pas mentionner Anne Armand de Gontaut (1817-1890) député puis sénateur sous la Troisième République. Ambassadeur à Berlin, il œuvra sans relâche de 1871 à 1879 à la normalisation des relations franco-allemandes. Enfin, le poète romantique anglais lord Byron est issu, selon certains historiens, d’une branche des Biron.(3)

Le Château de Biron est très souvent utilisé pour les tournages de films : Sophie Marceau en « fille de Dartagnan » y a joué de l’épée, Les « Visiteurs II » y ont tourné les scènes intérieures et les réalisateurs du récent « Jacquou le croquant » ou de « Nicolas le Floch » (série pour France 2) y ont posé leurs caméras.

Famille

La famille Gontaut tenait le château de la famille Rudel de Bergerac. Ce château est resté pendant vingt-quatre générations au sein de la famille Gontaut-Biron, du XIIe siècle jusqu’en 1938, puis propriété de la famille Copper-Royer. Depuis 1978, le département de la Dordogne est propriétaire de la demeure, après le passage d’un éphémère châtelain parisien, découragé par la grêle de 1974 qui avait détruit l’hectare de toiture.

Classement

  • Classé Monument Historique par arrêté du 17 février 1928 ainsi que le parc et les jardins par arrêté. Éléments classés  jardins, allée, terrasse, jardin potager, parc, vivier, fontaine, mur de soutènement (référence PA00082386).
  • Labellisé « Site Majeur d’Aquitaine » en 2011.


Infos pratiques

Accès – Localisationicon info

  • Carte  IGN 47 – milieu droit pli B1.
  • Situation  Biron (24540). À 5,5 km SE de Bourdeilles.
  • Coordonnées GPS  Longitude 44.632138° N – Latitude 0.87234° E.
  • Google Map GPS (degré décimaux)  http://goo.gl/maps/JzZjI.

Visites

  • De février à fin décembre.
  • Visite guidée  environ 1 heure.
  • Billet jumelé avec la visite du Cloître de Cadouin.
  • Groupes sur rendez-vous.

Services

  • Wifi à l’accueil.
  • Langues parlées autres que le français  anglais.
  • Visite guidée en français seulement.
  • Audioguide iPod Touch, visioguide disponible en 5 langues (FR, EN, DE, NL, ES) et une version en Langue des Signes Français. Les iPods Touch sont disponible en location sur place mais aussi en téléchargement. Si vous possèdez un iPhone ou un téléphone Android, vous pouvez télécharger l’application sur votre téléphone et profitez des 3 circuits de visite (Château de Biron, de Bourdeilles et le Cloître de Cadouin) pour le même prix !
  • Ateliers pédagogiques et animations diverses pour enfants, adultes et groupes scolaires (voir les infos sur le site officiel).
  • Boutique – Librairie.
  • Chèques vacances acceptés.
  • Chiens tenus en laisse acceptés.
  • Restaurants dans le village à 100 m.
  • Tables de pique-nique à  200 m.

logo-semitour-perigord-150Accessibilité – Confort

  • Ce site est facile d’accès. Accès bus jusqu’à 50 m de l’entrée.
  • Parking  gratuit.
  • Point Dépose Minute.
  • Les malentendants peuvent suivre les visites grâce à un vidéo-guide en langue des signes inclus dans l’application smartphone de la Sémitour.
  • Pas d’accès handicapés moteur.
  • Toilettes spacieuses permettant d’accompagner une une personne à mobilité réduite.
  • Plusieurs marches ou pentes à négocier.

Plus d’infos sur l’accessibilité et le confort de cette visite en consultant la page Château de Biron sur le site ConfortExplore(4)

Pour en savoir plus…

  • Site SEMITOUR Réseau Périgord  www.semitour.com.
  • Réservations groupes  +335 53 05 65 60 – Fax +335 53 05 65 67.
  • Information site  Tél.  +335 53 63 13 39.

Notes et sources :

  •  (1) Châteaux du Périgord par Jean Secret, Collection Art et Tourisme pour les Nouvelles Éditions Latines Paris.
  •  (2) Dictionnaire des châteaux du Périgord, Guy Penaud, Éditions Sud-Ouest, Bordeaux, 1996.
  •  (3) Le Périgord, Jean-Luc-Aubardier et Michel Binet, Éditions Ouest-france, 1988.
  • Wikipedia  Château de Biron.

Crédit Photos :


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Château de Biron 24540 Biron

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