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Si vous aimez les ambiances romantiques, visitez le Château de Commarque, autrefois hérissé de fortifications. Ses ruines, aujourd’hui entretenues, restent impressionnantes. Construit aux XIIe et XIVe siècles, c’est probablement l’ensemble médiéval le plus complexe du Périgord. C’était en fait une « co-seigneurie » : les familles seigneuriales habitaient les différentes tours de ce village fortifié. C’est aussi le plus curieux ensemble castral du Périgord méridional avec ses défenses complexes, ses douves successives, ses remparts concentriques et le vertigineux verticalisme de son donjon, haut de 60 mètres, en bel appareil (1). Il fut longtemps la possession d’une branche cadette des Beynac. Sous le château, une grotte découverte par l’abbé Breuilh, en 1915, contient des gravures et des sculptures comme celles du Cap Blanc. Ce site est un parfait exemple de la permanence de l’habitat de la préhistoire au XVIIIe siècle. En face, Laussel, le fringant « petit frère » de la vallée de la Beune, complément indispensable pour qu’opère le charme du site.


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À la découverte des lieux…

 Classé Monument Historique (MH)Cette ruine romantique domine le vallon marécageux de la Beune, dans un paysage mélancolique. La forteresse méridionale succédait déjà à un village néolithique qui avait installé ses masures troglodytiques contre les falaises. Ces village avait lui-même pris la suite de cluzeaux habitables, communiquant avec une grotte préhistorique où l’on a déchiffré quelques figurations pariétales (notamment des chevaux) : bel exemple de permanence de l’habitat pendant des millénaires ! Deux systèmes de remparts doublant des douves inscrivaient le château. L’essentiel de celui-ci était sur une falaise : deux audacieux donjons accolés, l’un roman, l’autre gothique, avec un chemin de ronde, une aérienne échauguette crénelée, des salles voûtées. À côté, le XIIIe siècle avait bâti une grand’salle voûtée d’un berceau brisé, et le XVe siècle avait construit des logis, maintenant ruinés, où l’on aperçoit encore de belles cheminées. Une chapelle romane est encore parfaitement déchiffrable : à juger par ses dimensions, elle devait servir de paroisse au village de serfs et de manants, de soldats et de palefreniers, qui avoisinait le château, village qu’un vaste rempart devait protéger. — Châteaux du Périgord, Jean Secret. (1)

La forteresse domine la vallée de la Beune et s’ancre sur une falaise calcaire. Sa situation peut surprendre puisqu’elle est enfoncée au fond de la vallée (on y accède par une courte marche de 600 mètres, en descente).

chateau-de-Commarque-tourelle-donjonAu bas du château, surplombée par la roche, s’ouvre une grotte découverte par l’abbé Breuilh, en 1915, déjà habitée aux époques préhistoriques et dont les parois conservent des sculptures magdaléniennes (comme celles du Cap Blanc), notamment une belle tête de cheval. À un niveau supérieur se succèdent en terrasses des abris et des habitats troglodytiques qui ont été occupés jusqu’à des époques proches de nous. À flanc de coteau, puis sur le plateau, s’étend un immense emplacement fortifié avec deux enceintes et deux systèmes de douves. Précédent tout cela, il y avait probablement des défenses avancées à en croire des bases de tours circulaires ainsi qu’un village maintenant ruiné.

Le château médiéval date des XIIe, XIVe, XVe siècles. Construit sur les restes d’un fort troglodytiques datant probablement des IXe ou Xe, la forteresse du XIIe étaient protégée par deux fossés et une double enceinte. On y accédait par deux ponts-levis successifs battus par des châtelets. Le premier avait été rebâti au XVIIe siècle. La première enceinte renfermait une chapelle, les logis pour les gens d’armes, les silos et les communs. La seconde protège le château dont la pièce principale est la juxtaposition de deux donjons carrés, l’un roman, l’autre du XIIIe, couronnés de mâchicoulis et d’une guette vertigineuse. On peut admirer un donjon voûté d’ogives (dont les étages étaient de bois), un curieux fenestrage à colonnettes géminées sous un arc de décharge, des cheminées béantes en porte-à-faux, des baies à meneaux… Le château fut remanié et renforcé jusqu’à sa destruction partielle au XVIe(2)

L’importance de cette place s’explique par le fait qu’au XIIe siècle, les routes de Périgueux à Cahors et de Brive à Bergerac passaient à proximité et faisaient du site un carrefour économique et politique : l’abbé de Sarlat, désireux d’asseoir son pouvoir dans la région, ne fut pas insensible à cet argument et envoya les Commarque s’y établir.

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Une brève histoire du Château de Commarque

Commarque a tout d’abord abrité des populations préhistoriques qui se sont peu à peu développées, au point de constituer un important village troglodytique. Sans pouvoir l’affirmer, il semblerait que l’on puisse attribuer la fondation d’un premier donjon, en bois, à l’un des deux abbés du même nom qui se succèdent sur le siège abbatial de Sarlat dans le dernier tiers du XIIe siècle : Garin (1169-1181) ou Randulphe de Commarque (1195-1201). Cet édifice a pour objet de contenir l’ambition des Beynac, leurs vassaux, avec lesquels ils entretiennent des relations conflictuelles. Le premier châtelain de Commarque est un « milites castri », un chevalier ou donzel, aux ordres de l’abbaye de Sarlat.

Au début du XIIe siècle, Gérard de Commarque fait don de ses biens aux templiers (on parle alors de l’ « Hospitalis de Comarco » ). Il existe alors une agglomération, un donjon – cette fois en pierre – avec un logis, une chapelle et des maisons-tours : c’est le castrum de Commarque. Le château devint une commanderie qui après la tragique disparition de l’ordre, passe aux hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Ces derniers érigent l’énorme donjon puis vendent la place au baron de Beynac.

Au fil du temps, les chevaliers de Commarque éprouvèrent le besoin de renforcer leur position. Cette évolution est d’autant plus impérieuse que des voisins plus ou moins puissants ne tardèrent pas à les rejoindre : des familles nobles s’installèrent légèrement en contrebas comme les Gondrix et les Escars, une autre peu en dehors du castrum, la famille de la Chapelle, et surtout les Beynac au sommet. Commarque devient donc une coseigneurie dominée désormais par les Beynac qui connurent leur apogée vers la fin du XIVe siècle avec Pons de Beynac. Chaque maison-tour est constituée d’un enclos, d’accès propres et de fossés. Si Commarque est bien une coseigneurie, ses seigneurs ne font pas pour autant preuve de beaucoup de solidarité, témoins les incessants procès qui opposèrent les Commarque et les Beynac.

Au cours du XIVe siècle, les deux lignages majeurs réalisent les premiers remembrements par acquisitions successives. Les Beynac réussissent à constituer une véritable châtellenie autour de Commarque lorsqu’ils reprennent les justices de Marquay et de Sireuil aux Cendrieux et qu’ils imposent leur suzeraineté sur le repaire de Laussel. Les Commarque reprennent les terres et les droits des descendants des autres milites, par achat ou par alliance. Dès le milieu du XIVe siècle, l’ensemble de la basse-cour est devenu la maison-noble des Commarque : ils disposent maintenant d’un périmètre défensif excédant largement celui du château des Beynac. Des travaux entrepris entre 1370 et 1380 permettent de rehausser le donjon et la courtine et de faire construire la couronne de mâchicoulis inspirée du Palais des Papes à Avignon.

Pendant la guerre de Cent Ans, les Beynac restent les défenseurs fidèles de la couronne de France. Pons de Beynac bénéficie de nombreux appuis politiques : il est dans la clientèle des Beaufort-Turenne, de la papauté avignonnaise et du parti d’Anjou. À sa mort, en 1370, il ne laisse pour lui succéder qu’une petite fille de trois ans du nom de Philippe. Son héritage est menacé par son voisin et rival Castelnaud qui a pris le parti anglais. Pour assurer sa protection, Pons de Commarque, alors dans la force de l’âge, se fiance avec l’enfant. Bataillant pour la France, devenu maître de la quasi totalité du Périgord noir, il épousa Philippe en 1379 qui n’a alors que 12 ans. Elle ne dut pas vivre bien longtemps puisqu’en 1405, Pons se remarie avec Magne de Castelnaud. Par ces deux mariages, il s’est allié aux plus puissants seigneurs de la vallée de la Dordogne : Beynac et Castelnaud.

Pourtant, le 23 avril 1406, Commarque investi par les troupes d’Archambaud d’Abzac. Pons et sa famille sont fait prisonniers par les Anglais. Un impôt, ordonné par le roi est levé sur les habitants du Périgord et du Quercy pour payer la rançon demandée. Leur captivité durera six mois. En récompense des services rendus, Pons de Commarque recevra du roi Charles VII, le château de Campagne. Il meurt en 1440. Ses successeurs n’auront pas sa sagesse. Tout au long des XVe et XVIe, ils ravagent et rançonnent les voyageurs, conférant ainsi au château sa noire réputation. En 1441, les Beynac passent dans la mouvance du comte de Périgord, signe évident de leur déclin. Dans les années 1500, il semble que le castrum de Commarque commence déjà à être déserté par les familles résidentes. C’est le cas de la branche cadette des Commarque qui quitte le site originel pour élire domicile sur l’autre rive, dans le château de Laussel.

Pendant les guerres de Religion, les Beynac sont dévoués à la cause de la Réforme aux côtés du célèbre Geoffroy de Vivans, gardien de Castelnaud et de son voisin seigneur de Beynac. À partir de Commarque, qui est sa base d’opération, Geoffroy, baron de Beynac et seigneur de Commarque, lance plusieurs attaques des repaires catholiques des environs et s’empare même furtivement de Sarlat. En 1569, après une rude bataille, le château de Commarque est pris par les catholiques conduits par le sénéchal et par le gouverneur du Périgord (c’est sans doute au lendemain de ce siège que s’effondre la salle voûtée). Craignant de ne pouvoir tenir la place, le roi Charles IX ordonne sa démolition. Mais Geoffroy de Beynac, plaidant sa cause, obtient la révocation de la sentence, ce qui ne l’empêche pas de reprendre les hostiulité et de rançonner le seigneur de Belcayre. Les Beynac sortent affaiblis de la guerre de Cent Ans.

Guy de Beynac, le dernier châtelain habitant dans le château de Commarque y meurt en 1656. La fin des guerres en Périgord et la situation de Commarque, château uniquement militaire et sans agrément le condamnent à l’oubli et à l’abandon. En 1789 il est pillé. Quarante ans plus tard ce n’est plus qu’une ruine sésertée.

En 1968, Hubert de Commarque, descendant de ces premiers chevaliers et actuel propriétaire, entame les fouilles et consolide les parties les plus abîmées. Depuis 1994 se succèdent des campagnes de consolidation et de restauration. Hubert de Commarque confie à Kléber Rossillon, créateur du Musée de la Guerre au Moyen Age au château de Castelnaud et des jardins de Marqueyssac, le soin d’ouvrir le site de Commarque au public. Un programme de recherches archéologiques est en cours pour plusieurs années. Il crée également une association qui contribue à faire revivre le site, en organisant des rencontres culturelles. (3)

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Famille

Ancien fief des Commarque, des Beynac et de la Tour du Roc, puis propriété du prince de Croie avant de revenir aux Commarque.

Classement

  • Les ruines du château sont classées Monuments Historiques (2 septembre 1943). Il est répertorié dans la base Mérimée, base de données sur le patrimoine architectural français du ministère de la Culture, sous la référence PA00082535.

Infos pratiques

Accès – Localisationicon info

  • Carte : IGN 48 – Haut droite pli D3.
  • Situation : sur la commune Les Eyzies-de-Tayac-Sireuil (24620). Dominant la rive droite de la Beune, face au château de Laussel, se situe Commarque, à 7 km des Eyzies, par la D 47 puis un petit chemin.
  • Accès : sortir de Sireuil direction Marquay. Après 60 m, au carrefour des 4 routes, prendre à gauche sur 3km, puis encore à gauche sur chemin jusqu’au bout pour faire demi-tour.
  • Coordonnées GPS (degré décimaux) : Longitude 44.942111° N – Latitude 1.101279° E.
  • Google Map : http://goo.gl/maps/YCJhU.

Visites

  • La visite commence par une promenade dans la vallée au niveau de la grotte préhistorique, se poursuit dans la falaise par les habitats troglodytiques aménagés, puis par le village médiéval fortifié jusqu’à la forteresse qui domine un inoubliable panorama.
  • Exposition des photos et objets de fouilles de la grotte préhistorique de Commarque.
  • Visite libre : livret fourni (français, anglais, néerlandais, allemand, espagnol).
  • Visites guidées (anglais, français) juillet/août.
  • Visite groupes sur réservation.
  • Jeu d’échecs du XIVe permanent : récompense au joueur qui met le Seigneur de Commarque échec et mat.

Services

  • Langues parlées autres que français : anglais.
  • Parking ombragé gratuit.
  • Ateliers gratuits sur site en juillet-août : tracé pariétal, tir à l’arc, sculpture sur pierre, atelier Pythagore (mesures et géométrie médiévale), Petit-Reporter (concours du meilleur reportage vidéo sur le site). Ateliers scolaires sur site hors juillet-août.
  • Chèques vacances acceptés.
  • Photos et films autorisés.
  • Tables de pique-nique.
  • Accès libre au cours d’eau.
  • Boissons et glaces.
  • Tournage de films et location du site.
  • Chiens admis en laisse.

Accessibilité – Confort

  • Point Dépose Minute.
  • Proximité du parking au site : 600m.
  • Nombreuses marches ou pentes à négocier.
  • Toilettes seulement sur le parking, assez spacieuses pour accompagner un enfant, pour une personne à mobilité difficile.

Plus d’infos sur l’accessibilité et le confort de cette visite en consultant la page Château de Commarque sur le site ConfortExplore.

Pour en savoir plus…


Notes et sources :

  •  (1) Châteaux du Périgord par Jean Secret, Collection Art et Tourisme pour les Nouvelles Éditions Latines Paris.
  •  (2) Dictionnaire des châteaux du Périgord, Guy Penaud, Éditions Sud-Ouest, Bordeaux, 1996.
  •  (3) Le Périgord, Jean-Luc-Aubardier et Michel Binet, Éditions Ouest-france, 1988.
  • Site du Ministère de la Culture, Base Architecture-Mérimée, direction de l’Architecture et du Patrimoine, notice n° PA00082535.
  • Dictionnaire des châteaux du Périgord, Guy Penaud, Éditions Sud-Ouest, Bordeaux, 1996 (ISBN 287901221X).
  • Wikipedia : Château de Commarque.

Crédit Photos :

  • Château de Commarque, Dordogne, By Niveau0492 (Own work), via Wikimedia Commons.
  • Château de Commarque, Dordogne, By Xfigpower (Own work), via Wikimedia Commons.
  • Château de Commarque, Dordogne, By Xfigpower (Own work), via Wikimedia Commons.
  • Vue depuis le donjon jusqu’à l’angle nord du château de Commarque, Dordogne, France, By Jochen Jahnke (Own work), via Wikimedia Commons.
  • Donjon du Château de Commarque, By Jochen Jahnke (Own work), via Wikimedia Commons.
  • Château de Commarque, By Jochen Jahnke (Own work), via Wikimedia Commons.
  • Château de Commarque, Dordogne, vue panoramique, By Xfigpower (Own work), via Wikimedia Commons.


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