Chargemente en cours de…

Situé sur les hauteurs de Sainte-Mondane d’où il surplombe toute la vallée de la Dordogne, sur un site de plus de quatorze hectares, le château de Fénelon conjugue agréablement le caractère guerrier du Moyen-Âge et l’esthétique de la Renaissance. Ce n’est pas souvent que l’on peut admirer un mélange aussi réussi de puissance défensive et d’élégance. C’est également l’un des rares monuments du Sarladais à conserver intact son système défensif, ainsi que sa toiture de lauzes. Ce fut la demeure natale du grand Fénelon (1651-1715), précepteur du duc de Bourgogne, académicien, archevêque de Cambrai et auteur du célèbre Télémaque. On peut y admirer une collection d’armes et d’armures, un très beau mobilier et des objets d’art du XVe au XVIIIe siècles.


button icon button icon

À la découverte des lieux…

 Classé Monument Historique (MH)Bel exemple d’un château-fort médiéval, devenu demeure de plaisance aux XVIe et XVIIe siècles. Des enceintes successives défendent le château, planté sur la terrasse terminale. C’est une juxtaposition, ou plutôt une pénétration de tours circulaires et de logis ; les parties les plus anciennes remontent au XIIIe siècle, les plus récentes au Grand Siècle. L’ensemble, d’un roux doré, est couvert de lauzes grises. Une petite cour intérieure, avec une galerie de style classique, donne accès aux diverses parties du logis et à la chapelle qui occupe une tourelle semi-circulaire. Des vues lointaines sur la vallée de la Dordogne et sur la verte Bouriane sont réservées à qui déambule sur les chemins de ronde devenus de pacifiques promenoirs. Là naquit Fénelon : jamais demeure ni paysage ne furent plus mystérieusement accordés à l’âme de celui qui y passa son enfance. — Châteaux du Périgord, Jean Secret. (1)

Le château de Fénelon occupe une succession de terrasses rocheuses. Bâti sur des subconstructions plus anciennes, le château actuel date des XVe et XVIe siècles. Toutefois, il a été fortement retouché au XVIIIe siècle et son système de fortifications a été profondément remanié à la même époque.

L’originalité de ce château réside avant tout dans son architecture ; cette ancienne place forte possède en effet une triple enceinte qui mêle agréablement le caractère guerrier du Moyen-âge et l’esthétique de la Renaissance. On franchit tout d’abord un premier châtelet du XVIIe. Il était autrefois précédé d’un pont-levis qui mène, entre deux murailles, à une première enceinte scandée de tours circulaires et de bastions à éperon. On passe ensuite sous un second châtelet qui débouche sur une enceinte polygonale au milieu de laquelle s’élève le château. Il se compose d’un corps de logis du XVe, flanqué d’ailes en équerre du XVIe et de tours circulaires en pénétration des XIVe et XVe siècles. L’une d’elles renfermait un oratoire dans lequel pria Fénelon. L’aile ouest mêle des parties moyenâgeuses et Renaissance. Elle est soudée au logis par une tour ronde d’escalier. Non loin se trouve un puits creusé dans le roc à l’époque mérovingienne (vers le VIIe siècle) d’une profondeur assez exceptionnelle : 90 mètres ! (grâce à ce puits, l’approvisionnement en eau du château a été assuré jusque dans les années 1950). En fait, le château s’est bâti autour de ce puits que l’on peut encore admirer aujourd’hui dans la cour intérieure. Au nord, se découvrent une galerie XVIIe et une terrasse ornée d’une balustrade. On accède à la cour d’honneur par un escalier à double développement et un pont-levis. Au cours de la visite on peut admirer, entre autres, le grenier dont la robuste charpente de châtaignier soutient une impressionnante toiture de lauzes (une tonne au mètre carré). Enfin, plus haut, on accède à la troisième enceinte qui constituait l’ultime réduit en cas de siège. En 1996, l’une des tours de guet de l’enceinte s’est brusquement effondrée après le passage d’un avion supersonique.(2)  (3)

sainte-mondane-chateau-fenelon-puits

Au-delà de l’originalité de cette architecture – admirablement conservée – ce château est également célèbre parce qu’il a vu naître celui qui deviendra l’archevêque de Cambrai, François de Salignac de la Mothe Fénelon (1651-1715), plus connu sous son nom d’écrivain : Fénelon. On peut visiter sa chambre où sont conservés ses meubles. Par contre, les autres pièces ont été remeublées : c’est ainsi que l’on peut admirer une antichambre aux boiseries d’époque Louis XIII et meublée Louis XIV (XVIIe siècle), une chambre Louis XIV, salon Louis XV, une autre chambre Louis XVI (XVIIIe) et enfin une dernière au mobilier Empire avec pattes de lion et motifs égyptiens (début XIXe).

On peut également découvrir un cabinet de curiosités, petite pièce capharnaüm dans laquelle cohabitent toutes sortes d’objets légendaires, aux vertus supposées : tapis de Pénélope, morceau du cheval de Troie, dent de géant, sabot de centaure… Apprécié des nobles et des bourgeois aux XVIe et XVIIe siècles, ce n’est qu’avec les Lumières que le succès de ces cabinets de curiosités s’estompera.

Parmi les nombreuses curiosités, signalons également une chapelle (dont l’abside épouse une tour guerrière et dont la nef a été tronquée de manière à aménager une terrasse à l’étage supérieur) ainsi qu’une superbe salle d’armes et de magnifiques cuisines (sol en pisé, belle cheminée en anse de panier, nombreux ustensiles traditionnels en étain, cuivre…).

sainte-mondane-chateau-fenelon-facade-sud-ouest-lucarnes

Une brève histoire du Château de Fénelon

Le château de Fénelon connu les affres de la guerre de Cent Ans. En 1360, suite au traité de Brétigny, les seigneurs de Fénelon qui possédaient Sainte-Mondane depuis l’an mil, deviennent vassaux du roi d’Angleterre Edouard III. En 1375, les Français chassent les Anglais. Mais il faut attendre 1445 pour que la seigneurie de Fénelon obtienne la pleine propriété des Salignac.

Au XVIIe siècle, après la mort de sa première femme qui lui avait déjà donné onze enfants, Pons de Salignac épousa Louise de La Cropte-Chantérac qui donna le jour à Fénelon, l’illustre écrivain. Après une enfance passée au château, il entreprit sous l’égide de son oncle, évêque de Sarlat, des études à l’université de Cahors, en 1663, études qu’il poursuivit à Paris jusqu’en 1672. Entré au séminaire, il fut ordonné prêtre vers 1675. Abandonnant pour raison de santé sa vocation de missionnaire, il fut tout d’abord curé de Carennac, dans le Lot, avant de diriger de 1678 à 1689, le couvent des « Nouvelles Catholiques ». Cette expérience lui fut utile pour rédiger son Traité de l’éducation des filles. Précepteur, en 1689, du duc de Bourgogne, petit-fils de Louis XIV, il écrivit pour lui ses Fables, ses Dialogues des morts et le Télémaque, son œuvre principale, rédigée de 1694 à 1696. Il fut élu à l’Académie française le 7 mars 1693 et nommé archevêque de Cambrai le 4 février 1695. De 1697 à 1699 se déroulèrent les célèbres joutes entre Bossuet, l’Aigle de Meaux, et Fénelon, le Cygne de Cambrai. Défenseur du « quiétisme » cher à Madame Guyon (un mysticisme jugé hérétique, basé sur la paix intérieure, le renoncement et la contemplation de Dieu qui prônait une grande licence sexuelle), une démarche mystique dans laquelle Bossuet voyait une dangereuse hérésie, Fénelon fut vaincu par son redoutable adversaire, disgracié par le roi et exilé en 1699 dans son archevêché de Cambrai où il s’éteignit, le 1er janvier 1715, à l’âge de 63 ans. Pédagogue, moralisateur, réformateur politique, il lui aura donc été impossible de faire triompher ses idées ; la mort prématurée du dauphin, en 1710, ayant mis fin à ses rêves de ministère. Bien qu’éloigné de sa région natale, Fénelon a orné son œuvre de paysages et de portraits périgourdins. Dans son Télémaque (voyage initiatique du fils d’Ulysse à la recherche de son père), plus d’un lecteur s’est plu à reconnaître Sarlat dans Salente, la cité idéale du sage Mentor. Il y dénonce aussi et surtout l’absolutisme royal, condamne les méfaits de la guerre, prône un retour aux mœurs rustiques et à une vie saine. On peut le considérer, en ce début du siècle des Lumières, comme le précurseur de Montesquieu, Voltaire et Rousseau. Les « philosophes » se sont inspirés de certaines de ses idées. Difficile, en effet, de ne pas être frappé par les accents révolutionnaires de Fénelon : « Les rois sont faits pour les sujets et non les sujets pour les rois ». J.J. Rousseau ne s’y est d’ailleurs pas trompé qui a rendu à notre Périgourdin un très bel hommage : « Si Fénelon vivait, je chercherais à être son laquais pour devenir son valet de chambre. » (3)

Plus tard, la Révolution transforme le château en métairie et on y élève des vers à soie. Ce n’est qu’au XIXe siècle que le calme revient lorsque les Maleville reprennent le château et le restaurent.

sainte-mondane-chateau-fenelon-echauguette

Famille

Ancienne demeure des Salignac, des Bouilhac, des d’Abzac de Ladouze, des Pignier, des Maleville, des Farge, des Cousino de San Carlos et des Agelasto.

Classement

  • Inscrit aux monuments historiques en 1927, il est classé en 1962. Trois dépendances extérieures au château sont également inscrites depuis 1962 : la ferme de la Condamine, la maison de la nourrice et la métairie de Fraysange.

Infos pratiques

Accès – Localisationicon info

  • Carte : IGN 48 – Milieu intersection pli D5-D6.
  • Situation : sur la commune de Sainte-Mondane (24370).
  • Accès : le chateau est situé à 15 km sud-est de Sarlat par D704, et à 2km sud-est du village.
  • Coordonnées GPS (degré décimaux) : Longitude 44.842433° N – Latitude 1.350184° E.
  • Google Map : http://goo.gl/maps/gL0eY.

Visites

  • Toute l’année. Groupes sur réservation.

Services

  • Location pour évènements promotionnels.
  • Parking gratuit et ombragé.
  • Aire de pique-nique.
  • Chèques Vacances acceptés.
  • Tournage de films.
  • Chiens en laisse admis.

Accessibilité – Confort

  • Grandes distances à parcourir.
  • Proximité du parking au site : 100 m.
  • Nombreuses marches ou pentes à négocier.
  • Pas d’accès handicapés.
  • Toilettes assez spacieuses pour accompagner un enfant, pour une personne à mobilité réduite.

Plus d’infos sur l’accessibilité et le confort de cette visite en consultant la page Grotte de Lascaux II sur le site ConfortExplore.

Pour en savoir plus…

  • Site SEMITOUR Réseau Périgord : www.semitour.com.
  • Renseignements : Tél. : +335 53 29 81 45 – Fax +335 53 29 88 99.

Notes et sources :

  •  (1) Dictionnaire des châteaux du Périgord, Guy Penaud, Éditions Sud-Ouest, Bordeaux, 1996.
  •  (2) Châteaux du Périgord par Jean Secret, Collection Art et Tourisme pour les Nouvelles Éditions Latines Paris.
  •  (3) Le Périgord, Jean-Luc-Aubardier et Michel Binet, Éditions Ouest-france, 1988.
  • Site du Ministère de la Culture, Base Architecture-Mérimée, direction de l’Architecture et du Patrimoine, notice n° PA00082878.
  • Dictionnaire des châteaux du Périgord, Guy Penaud, Éditions Sud-Ouest, Bordeaux, 1996 (ISBN 287901221X).
  • Wikipedia : Château de Fénelon.

Crédit Photos :

  • Château de Fénelon, Sainte-Mondane, By Michel Chanaud (Own work), via Wikimedia Commons.
  • La façade sud-ouest du château de Fénelon, Sainte-Mondane, By Père Igor (Own work), via Wikimedia Commons.
  • Château de Fénelon near the village of Sainte-Mondane, By Manfred Heyde (Own work), via Wikimedia Commons.
  • Le château de Fénelon vu depuis l’ouest, Sainte-Mondane, By Père Igor (Own work), via Wikimedia Commons.
  • Les lucarnes de la façade sud-ouest, château de Fénelon, Sainte-Mondane, By Père Igor (Own work), via Wikimedia Commons.
  • L’échauguette ouest du château de Fénelon, Sainte-Mondane, By Père Igor (Own work), via Wikimedia Commons.
  • Dans la cour nord-est, le puits du château de Fénelon, Sainte-Mondane, By Père Igor (Own work), via Wikimedia Commons.


Adresse

Adresse:

Château de Fénelon 24370 Sainte-Mondane

Téléphone :
Contact
Planifier mon itinéraire

Heures d'ouverture

Lundi

Consultez le site officiel

Mardi

-

Mercredi

-

Jeudi

-

Vendredi

-

Samedi

-

Dimanche

-

Laisser un Avis

Intérêt du lieux
Beauté du lieux
Facilité à trouver
Qualité des services
Accessibilité handicap
Publication en cours ...
Votre évaluation a été envoyé avec succés
Veuillez remplir tous les champs