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 Classé Monument Historique (MH)Édifié à la fin du XVe siècle sur les bases d’un ancien castrum, les ruines de l’actuel château de l’Herm montrent un vaste corps de logis à trois étages, cantonné de deux grosses tours circulaires. À l’intérieur, les cheminées monumentales du XVIe siècle, finement sculptées, sont accrochées dans le vide. On peut également y admirer un remarquable escalier monumental à vis. Il sera abandonné suite à de nombreux crimes et complots. Eugène Le Roy choisira ce château romantique pour cadre de son roman Jacquou le Croquant. Aujourd’hui, ce site revit grâce aux travaux de protection entrepris, aux recherches historiques et archéologiques et aux concerts qui animent le lieu l’été.


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À la découverte des lieux…

Vaste rectangle flanqué d’une tour polygonale d’escalier en vis, le plan de l’Herm est simple. Sobres aussi sont les élévations aux rares percements. Pourtant, des morceaux d’une qualité exceptionnelle honorent encore cette noble ruine : des cheminées monumentales du XVIe siècle blasonnées aux armes des Calvimont, un portail flamboyant également sculpté, un vis d’escalier qui s’achève par un éblouissant palmier de pierre. Autrefois, la forêt Barrade cernait le château. Dans les douves inutiles croupissent des eaux vertes ; les chênes ont envahi la cour où s’élevait la chapelle dans laquelle Eugène Leroy place la charmante évocation d’une nuit de noël, dans Jacquou le Croquant. Une pesante malédiction semble planer maintenant sur la ruine : impossible de ne pas songer aux crimes qui se sont perpétrés dans ce repaire, des crimes familiaux atroces, multipliés, avec une sorte de fatalité digne de celle qui ensanglantait la maison des Atrides. Jean Maubourguet a conté les haines qui, au Grand Siècle, se sont distillés dans ce nœud de vipères : nul roman, si noir fut-il, ne peut dépasser en horreur la réalité qui l’Herm pour cadre. — Châteaux du Périgord, Jean Secret. (1)

Au Moyen-Âge, c’est un « castrum » qui occupe une position stratégique. Au cœur de la forêt Barrade, en limite sud du comté de Montignac, il surveille l’ancienne route Lyon-Bordeaux et perçoit un péage. Le lieu est cité dès 1384 sous le nom de « Heremus ».

Le château actuel, semi-ruiné, a certainement été construit sur un château fort dont il reste les douves (5 à 7 m de profondeur en moyenne) entourant le site et le pied droit ouest du châtelet d’entrée qui abritait le pont-levis s’abattant sur le pont en pierre toujours en place. Il est composé d’un gros logis rectangulaire d’environ 25 m sur 10 m, cantonné de fortes tours circulaires et flanqué d’une tour polygonale qui enferme l’escalier, lequel est voûté d’ogives. Le portail de cette tour est d’un style flamboyant déjà influencé par la Renaissance, richement décoré de fleurons, de pinacles et de tympans armoriés. Les étages du logis s’étant effondrés, on peut toutefois admirer, depuis l’escalier, les admirables cheminées monumentales du XVIe siècle, intactes, en surplomb dans le vide. Elles sont aux armes des Calvimont, les bâtisseurs de la demeure au XVIe siècle. On peut également y admirer un remarquable escalier monumental à vis dont le noyau central dessine une torsade moulurée. D’un diamètre de 5 m, chaque marche monolithe mesure 2,5 m. Sans palier, d’un seul élan, il se termine par une voûte en étoile, croisée d’ogives avec liernes et tiercerons, formant un palmier de pierres. Les chênes ont envahi la cour où s’élevait une chapelle. Laissé à l’abandon dans le courant du XVIIIe siècle, le château ne sera jamais retouché ultérieurement et conserve, ruiné mais intact, son aspect d’origine.(2)

Une brève histoire du Château de l’Herm

Aujourd’hui l’Herm n’est plus qu’une ruine impressionnante, frappée semble-t-il d’un châtiment divin. Dès son origine, au XIIe siècle, la légende de la « dame à la main de cire » assassinée par son époux, place ce château sous le signe du sang.

Attesté dès 1309 (cité en 1384 sous le nom de «Heremus»), la juridiction de l’Herm est assurée par plusieurs co-seigneurs dont Hugues de l’Herm, jusqu’à la fin du XVe, date à laquelle il devient propriété de la famille Calvimont.

En 1513, Jean III de Calvimont, futur ambassadeur de François 1er fait aménager la forteresse originelle. Les trois coups du drame sont frappés avec la mort violente et mystérieuse du fils du bâtisseur de l’Herm qui laisse pour seule héritière sa fille Marguerite, âgée de trois ans. Sa veuve Anne d’Abzac, guidée plus par l’intérêt que par les sentiments, souhaite à la fois se remarier avec Foucault d’Aubusson et s’approprier l’héritage. Elle oblige donc sa fille à épouser François, fils de Foucault. Les années passent sans apporter le bonheur sans ce mariage forcé. François s’éprend d’une certaine Marie d’Hautefort, tante de l’Aurore de Louis XIII et n’a qu’une idée : se débarrasser de Marguerite. Dans ce macabre projet, il obtient semble-t-il sans difficulté la complicité de sa belle-mère. Un jour de février 1605, il donne congé à tous ses serviteurs, contraint Marguerite à signer une lettre la dépouillant de tous ses biens et la fait étrangler.

Mais François ne s’en tirera pas à si bon compte : une autopsie est demandée, les témoignages affluent. Prise de peur à défaut de remaords, Anne d’Abzac accuse à son gendre du meurtre de sa fille. François ne se déplace plus sans une troupe armée qui expédie proprement les soldats envoyés pour l’arrêter. L’affaire traîne et François, toujours libre épouse Marie d’Hautefort en 1606.

Trois ans après le meurtre, Anne d’Abzac, toujours intéressée, accepte de retirer sa plainte contre une partie de l’héritage de sa fille. Mais son entourage et en particulier les Calvimont de Saint-Martial crient au scandale et la contraignent à poursuivre l’assassin. François d’Aubusson se livre à la justice parisienne et meurt à la Conciergerie quelques années plus tard.

L’affaire ne s’arrête malheureusement pas là. Marie d’Hautefort fait preuve d’un caractère aussi bien trempé que celui d’Anne d’Abzac. Moyennant l’assassinat des deux frères Saint-Martiel, elle obtient légalement la propriété du château. Mais le sang appelant le sang son fils Charles est assassiné. Cherchant une protection, Marie épouse Raphaël de Baudet un ancien complice et, renouvelant un scénario déjà vu, promet sa fille Françoise au fils de celui-ci. Or Françoise était déjà engagée à Godefroy de la Roche-Aymon. Les deux prétendants se battent en duel, et, contre toute attente, Godefroy tue son adversaire. En entrant dans la famille, il entre aussi au service de sa belle-mère puisqu’il tue en duel un Calvimont qui avait osé épouser la veuve du fils assassiné de Marie.

En 1641, Françoise meurt en couches. Âme damnée de Marie, Raphaël de Baudet, fait assassiner Charles de Chaumont, un beau-frère avec qui elle s’est brouillée. Mais il meurt dans la fusillade qu’il avait organisée.

Les années passent, toujours aussi sombres. La fille de Françoise perd son premier mari à la guerre ; le second sera assassiné. Quant à Marie d’Hautefort, elle mourra de sa belle mort en 1652 au château maudit. L’Herm sera finalement racheté en 1682 par une autre Marie d’Hautefort de plus douce mémoire et loué à un fermier. (3)

En 1862, le château est abandonné. Il reviendra au premier plan, cadre d’événements toujours dramatiques, dans le Jacquou le Croquant d’Eugène Leroy en fit le domaine du cruel comte de Nansac. Ce roman sera adapté à la télévision en 1969 et au cinéma par Laurent Boutonnat en 2007. Réouvert au public depuis 1998, ce château fait l’objet de recherche historique et de fouilles archéologiques. Ce site revit grâce aux travaux de protection entrepris, aux recherches historiques et archéologiques et aux concerts qui animent le lieu l’été. Les fouilles entreprises ces dernières années ont révélé qu’il existait des bâtiments plus anciens. Les fossés en eau encore présents sont ceux de cette première enceinte circulaire.

Classement

  • Château inscrit à l’inventaire des Monuments Historiques (10 août 1927).

Famille

Ancien fief des Calvimont, des Cothet, des Jalquin puis propriété des Plassard.

Visite

  • Du 1er avril au 11 novembre.

Services

  • L’Association « Les Estivales de l’Herm » créée en 2002, a pour but d’organiser des spectacles, concerts ou animations autour du château. Dans une ambiance conviviale, des crêpes et des boissons sont proposés aux spectateurs. Après le spectacle le public est convié à la découverte du château à la lueur des chandelles.

Infos pratiques

Accès – Localisationicon info

  • Carte : IGN 48 – Milieu pli C3.
  • Situation : sur la commune de Rouffignac-St-Cernin-de-Reilhac (24580), au cœur de la forêt de la Barade.
  • Accès : le château est situé à 6 km nord de Rouffignac par D31 direction Thenon sur 3 km, puis deuxième à gauche. Au hameau de l’Herm, on aperçoit les tours du château.
  • Coordonnées GPS (degré décimaux) : Longitude 45.078044° N – Latitude 0.95963° E.
  • Google Map : http://goo.gl/maps/zEYsk.

Visites

  • Du 1er avril au 31 mai de 10 H à 19 h.
  • Du er juillet au 30 septembre de 10H à 19H.

Services

  • Langues parlées autres que le français : aucune.
  • Chien admis sur le site en laisse. Point d’eau.
  • L’association « Les Estivales de l’Herm » organise des spectacles, concerts ou animations autour du château en été.

Accessibilité – Confort

  • Point Dépose Minute.
  • Proximité du parking au site : 50 m.
  • Peu de marches ou pentes à négocier.
  • Toilettes sur demande. 

Plus d’infos sur l’accessibilité et le confort de cette visite en consultant la page Château de l’Herm sur le site ConfortExplore(4)

Pour en savoir plus…

  • Site officiel : www.chateaudelherm.com.
  • Renseignements : +33(0)5 53 05 46 61.
  • E-mail : contact@chateaudelherm.com.

Notes :

  •  (1) Châteaux du Périgord par Jean Secret, Collection Art et Tourisme pour les Nouvelles Éditions Latines Paris.
  •  (2) Dictionnaire des châteaux du Périgord, Guy Penaud, Éditions Sud-Ouest, Bordeaux, 1996.
  •  (3) Le Périgord, Jean-Luc-Aubardier et Michel Binet, Éditions Ouest-france, 1988.
  • Site du Ministère de la Culture, Base Architecture-Mérimée, direction de l’Architecture et du Patrimoine, notice n° PA00082786.
  • Dictionnaire des châteaux du Périgord, Guy Penaud, Éditions Sud-Ouest, Bordeaux, 1996 (ISBN 287901221X).
  • Wikipedia : Château de l’Herm.

Crédit Photos :

  • Le château de l’Herm, By Manfred Heyde (Own work), via Wikimedia Commons.
  • Le château de l’Herm, By MOSSOT (Own work), via Wikimedia Commons.
  • Château de l’Herm – Voûte de l’esclier, By MOSSOT (Own work), via Wikimedia Commons.
  • Château de l’Herm – Cheminée du corps de logis, By MOSSOT (Own work), via Wikimedia Commons.
  • Armes Calvimont Château Herm, By Jebulon (Own work) [CC0], via Wikimedia Commons


Adresse

Adresse:

Château de l'Hern 24580 Rouffignac-Saint-Cernin-de-Reilhac

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