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Entouré d’un parc en gradins, le château des Milandes occupe un promontoire qui domine la rive gauche de la Dordogne, sur la commune de Castelnaud-la-Chapelle. Pressé par une femme autoritaire désireuse de délaisser l’austérité de leur château médiéval de Castelnaud, François de Caumont, est à l’origine de la construction, en 1489, d’un somptueux édifice offrant une agréable transition entre les styles gothique et Renaissance. Il sera ensuite remanié et restauré au XIXe siècle par Charles Claverie, adoptant un style néo-gothique inspiré par le mouvement architectural de Viollet-le-Duc. Racheté en 1947, il fut occupé vers la fin des années 1950 par Joséphine Baker, célèbre artiste de music-hall et grande résistante durant la Seconde Guerre mondiale (1906-1975). Elle y fonda son « village du monde » pour y accueillir des enfants abandonnés.


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À la découverte des lieux…

 Classé Monument Historique (MH)Situé sur la commune de Castelnaud, au milieu d’un parc en gradins dominant la rive gauche de la Dordogne, le château des Milanais dont le nom reste indéfectiblement lié à celui de Joséphine Baker, est ouvert à la visite. Il fut édifié vers 1489 par François de Caumont, seigneur de Castelnaud, et sa femme Claude de Cardaillac, qui préférèrent délaisser leur austère forteresse pour une demeure d’agrément. Les Milandes devinrent, après la dernière guerre, la prospérité de Joséphine Baker qui y fonda « son village du monde » pour accueillir des enfants abandonnés. Grâce à elle, le village assoupi reprit vie et tous les environs avec lui. Le château offre une agréable transition entre les styles gothique et Renaissance. Le logis côtoie des tours rondes et variées portant tourelles. Les lucarnes et les baies à meneaux surmontées de fronton à pinacles, ornées de blasons sont très décorées. — Châteaux du Périgord, Jean Secret. (1)

Constitué de logis asymétriques ornés de portails et fenêtres sculptés, ainsi que de tourelles en encorbellement, coiffées de poivrières, le château des Milandes (dit aussi les Mirandes) dévoile une architecture Renaissance avec de magnifiques éléments gothiques. Il conserve néanmoins les structures architecturales propres au Moyen-Âge, telles que tourelles en encorbellement, mâchicoulis, escalier à vis, gargouilles… On peut également y admirer des terrasses ornées de balustres richement travaillées, des lucarnes dont les frontons à pinacles inscrivent des blasons complexes (véritables morceaux de bravoure), des portails très ouvragés… L’intérieur recèle de belles cheminées de pierre. Malgré les restaurations – pour le moins excessives – effectuées au XIXe siècle, sa silhouette et ses intérieurs ont conservé une grande partie des éléments architecturaux du XVe siècle, et on le considère aujourd’hui comme une merveille d’architecture néo-gothique.

Restée intacte, on peut y admirer la chapelle castrale de style gothique flamboyant, l’une des plus belles du Périgord. Bâtie à la fin du XVe  siècle, de plan cruciforme, elle fait la transition entre le style gothique flamboyant et la Renaissance. Elle fut transformée en temple protestant lorsque les Caumont se convertirent au Calvinisme.

On peut flâner dans un jardin mixte conçu, au début de XXe siècle, par l’architecte-paysagiste Jules Vacherot, également connu pour avoir réalisé les jardins de l’exposition universelle de 1900 à Paris. Composé de deux terrasses, d’un jardin régulier et d’un parc paysager, il épouse les reliefs d’un terrain de sept hectares qui s’étend d’Est en Ouest aux pieds du château jusqu’à la vallée de la Dordogne.

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Une brève histoire du Château des Milandes

Éminente famille de l’aristocratie française, originaire d’un fief en Lot-et-Garonne depuis le Xe  siècle, les Caumont s’installent en Périgord dans la forteresse féodale de Castelnaud, suite au mariage de Nompar IV de Caumont avec Jeanne de Castelnaud.

François de Caumont

En 1489, François de Caumont, arrière-petit-fils de Nompar IV, fait construire le château des Milandes, à l’initiative de son autoritaire épouse, Claude de Cardaillac, qui souhaitait  une demeure de charme répondant au nouveau style italien, bien loin de l’ambiance austère de la forteresse féodale de Castelnaud. Une inscription gravée sur le linteau de la baie du rez-de-chaussée contiguë à l’entrée principale l’atteste : LAN MCCCCIIIXX et IX FVREN COMENSADES LAS MILANDES DE CASTELNAV.

Les seigneurs de Caumont se placent en fervents contestataires de la religion catholique : notamment Charles, fils de François et Geoffroy petit-fils de François. Ce dernier épouse Marguerite de Lustrac, marquise de Fronsac et riche héritière d’un des plus beaux partis de France. Ils habitèrent au Château des Milandes. Leur fille, Anne, fut déshéritée par sa mère suite à son mariage avec un catholique.

Jacques Nompar de Caumont

fenetre-chateau-milandes-David-PerbostC’est donc Jacques Nompar de Caumont qui hérite des Milandes. Il assista aux côtés de ses parents au mariage d’Henri de Navarre avec Marguerite de Valois, sœur de Charles IX. Protestants, ils figuraient parmi ceux qui devaient être éliminés pendant le massacre de la Saint-Barthélemy, le 24 août 1572. Il en réchappe miraculeusement, contrairement aux membres de sa famille, en faisant semblant d’être mort entre les corps de son père et de son frère. Couvert de sang, il est ensuite sauvé par un marqueur de jeu de paume qui le mène chez sa tante, Jeanne de Gontaut, sœur du maréchal de Biron et protestante. Le maréchal de Biron, catholique modéré, le cache à l’Arsenal. Il est recueilli au château des Milandes par son oncle Geoffroy et sa tante Marguerite de Lustrac. Mais les Catholiques récupèrent le château après avoir empoisonné Geoffroy en 1578. Henri de Navarre dépêche l’un de ces serviteurs afin de protéger Jacques Nompar. Plus connu sous le nom de Duc de La Force, il fut l’un des plus dévoués serviteurs d’Henri IV. Il était dans le carrosse royal lorsque, le 14 mai 1610, Ravaillac porta le coup mortel au roi. Il eut le bâton de Maréchal de France en 1622 et accéda à la dignité de Duc et pair en 1637. Il a vécu jusqu’en 1652 et est mort à l’âge de 94 ans !

Avec son décès, les Milandes perdent leur dernier seigneur. Le château est alors plus ou moins laissé à l’abandon jusqu’à la Révolution. Par la suite, ses descendants conservent le château, mais laissent à des fermiers le soin d’exploiter les terres et d’entretenir le château. La révolution sonne le glas de la splendeur des Caumont, le château est laissé à l’abandon ; vendu au cours du XIXe  siècle, il est malheureusement peu entretenu voire abandonné par des propriétaires peu soucieux de la bâtisse. Deux familles se partagent la maison et modifient la disposition des pièces : nous sommes en 1850.

En 1890, faute de moyens, le château est revendu aux enchères à monsieur Tournier qui y reste peu de temps, l’entretient probablement a minima et appose ses armoiries, qui n’ont rien d’aristocratique, sur la porte d’entrée.

Charles Auguste Claverie

Après un incendie dû au manque d’entretien, Charles Auguste Claverie, un industriel ayant fait fortune dans la lingerie fine, le rachète et commence à le restaurer entre 1900 et 1908. De nouveaux éléments inspirés par le mouvement architectural néo-gothique et néo-Renaissance de Viollet-le-Duc sont ajoutés, comme des tours, des logis, des balcons, et un jardin à la française est créé. L’ensemble des fenêtres est restauré et accueille des vitraux dont certains datent du XVIIe  siècle. Charles Claverie procède également à la construction d’un chai ultra moderne et d’une ferme afin de faire des Milandes, une demeure de rapport. Après son décès, sa veuve revend le château à un particulier et cède la chapelle située à côté à la commune de Castelnaud-la-Chapelle. C’est en 1908 qu’il fait appel à Jules Vacherot, architecte paysagiste de la ville de Paris. L’idée est alors de créer un jardin dans le prolongement du château, un jardin dit « à la française » entouré d’un parc à l’anglaise.

En 1938, Joséphine Baker découvre le château qu’elle achète en 1947. Dans les années 1950, elle y crée son « village du monde », un lieu d’accueil pour les enfants de plusieurs pays qu’elle avait adoptés. Cette expérience prit fin en 1969. L’entretien du château dépassant ses moyens, elle en est chassée.

Joséphine Baker

Le château constitue la résidence de Joséphine Baker (1906-1975), chanteuse, danseuse et meneuse de revue d’origine américaine, et de son mari Jo Bouillon qui le louent à partir de 1937 et l’achètent dix ans plus tard.

C’est à cette époque que sont installés l’eau courante, l’électricité et un système de chauffage central. Elle y développera un complexe touristique avant-gardiste, baptisé « Village du Monde », et y vivra avec ses douze enfants adoptés de neuf nationalités différentes qu’elle surnomme sa « tribu arc-en-ciel ». Dans ce domaine où elle emploie un personnel nombreux, elle engloutit toute sa fortune et multiplie les concerts pour poursuivre son œuvre. Mais en vain. En 1964, une vente aux enchères du château est annoncée. Malgré un petit répit, dû à l’intervention de Brigitte Bardot qui lance un appel aux Français (et lui envoie un chèque important), et en raison du refus de l’offre de Gilbert Trigano, le château est finalement vendu, en 1968, pour un dixième de sa valeur. Elle obtient néanmoins un sursis qui lui permet de rester au château jusqu’au 15 mars 1969.

Alors que Joséphine Baker est pratiquement ruinée, la princesse Grace de Monaco lui offre un logement à Roquebrune pour le reste de sa vie et l’invite à Monaco pour des spectacles de charité. Dans l’espoir de racheter les Milandes, Joséphine décide de remonter sur les planches, à 69 ans. En 1975, elle donnera dix-sept représentations à Bobino. Elle meurt l’après-midi du dix huitième jour, pendant sa sieste, victime d’une attaque cérébrale.

On retiendra également d’elle son engagement dans la lutte pour l’émancipation des Noirs. Elle participe en effet en 1963 à la Marche vers Washington pour le travail et la liberté organisée par Martin Luther King. En 1964, elle retourne aux États-Unis pour soutenir le mouvement des droits civiques. Après des funérailles catholiques le 15 avril 1975 à l’église de la Madeleine, à Paris, elle est enterrée au cimetière de Monaco.

L’après Joséphine Baker

Depuis Joséphine Baker, quatre familles se sont succédé au château. Les terrasses, façades et toitures du château sont inscrites au titre des monuments historiques en 1986. Depuis 2001, le château accueille une exposition sur Joséphine Baker et des travaux de restauration sont effectués.

Famille

Jusqu’en 1535 le château appartient à la famille de Caumont. Après le décès de Jacques Nompart, descendant de François de Caumont, le château est abandonné. À la Révolution, l’édifice est vendu comme bien national. Par la suite, plusieurs propriétaires vont se succéder, dont Monsieur Claverie, en 1870. À sa mort, Madame Claverie se sépare du château au profit du Dr Malès qui le louera à Joséphine Baker en 1938.

Classement

  • Les façades et les toitures du château, les terrasses en terre-plein du jardin (cad. AB 194, 196) inscrites à l’inventaire des Monuments Historique (29 août 1986).
  • En 2009, le château, son chai, son jardin à la française et les anciennes écuries sont inscrits en totalité au titre des monuments historiques.
  • Le Château des Milandes bénéficie du Label Maisons des Illustres créé le 13 septembre 2011 par Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication. Ce nouveau label "Maison des Illustres" distingue les demeures ayant accueilli des personnalités artistiques et politiques qui ont marqué l’histoire française. Ces lieux portent bien souvent le souvenir de leurs célèbres habitants et permettent une découverte plus intime de l’Histoire. Joséphine Baker est l’illustre personnage ayant marqué de son empreinte le Château des Milandes.


Infos pratiques

Accès – Localisationicon info

  • Carte : IGN 48.
  • Situation : sur la commune de Castelnaud-La-Chapelle (24250), à 1,5 km est de Saint-Cyprien. Faisant face au château de Castelnaud, il domine la Dordogne sur la D53.
  • Coordonnées GPS (degré décimaux) : Longitude 44.823384° N – Latitude 1.113288° E.
  • Google Map : http://goo.gl/maps/qPSCM.

Visites

  • La visite présente la vie à l’époque de Joséphine Baker. Chaque pièce (plus de 14 pièces) présente une période de la vie de l’artiste. Documents inédits, objets personnels ou robes de soirée sont présentés dans les pièces du château ; la ceinture de bananes côtoient les cheminées du XVe  siècle, les salles de bains Art Déco surprennent dans ce décor où meubles du XVIIIe  siècle et photographies inédites plongent le visiteur dans un château résolument différents des autres.
  • Une brochure de visite est remise à l’entrée du site (français, anglais, Néerlandais, Allemand, Espagnol et Italien). 
  • La visite du château dure environ 45 mn à une heure.
  • Spectacle de rapaces dans les jardins à la française devant le château avec les fauconniers (30 min).

Services

  • Langues parlées autres que le français anglais, hollandais.
  • Parking gratuit.
  • Restaurant et aire de pique-nique.
  • Toilettes séparées homme/femmes, assez spacieuses pour accompagner un enfant, pour une personne à mobilité réduite. Espace bébé.
  • Boutique de souvenirs.

Accessibilité – Confort

  • Point dépose minute.
  • Proximité du parking au site : 50 m à 250 m.
  • Distance entre le guichet et le début de la visite : 100 m.
  • Longues distances à parcourir.
  • Beaucoup de marches ou pentes à négocier.

Plus d’infos sur l’accessibilité et le confort de cette visite en consultant la page Château de Milandes sur le site ConfortExplore(4)

Pour en savoir plus…

  • Site officiel : www.milandes.com.
  • Renseignements : +335 53 59 31 21 – Réservation groupes au +335 53 29 17 33.

Notes et sources :

Crédit Photos :

  • Château des Milandes, By Bthv (Own work), via Wikimedia Commons.
  • Château des Milandes, By David Perbost (Own work), via Wikimedia Commons.
  • Château des Milandes, By Manfred Heyde (Own work), via Wikimedia Commons.


Adresse

Adresse:

Château des Milandes 24250 Castelnaud-la-Chapelle

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