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 Classé Monument Historique (MH)Vieux de mille ans, le château de Hautefort est devenu au fil des siècles un joyau d’architecture et un trésor de l’histoire du Périgord. Son style « Grand Siècle » n’est pas sans surprendre dans nos régions. Alors que les châteaux classiques se construisent d’ordinaire dans les plaines pour faciliter l’accès aux jardins attenants, celui-ci coiffe une butte calcaire, à 231 m d’altitude. Il domine ainsi trente hectares de jardins à la française, des jardins créés par le Comte de Choulot, un paysagiste de renom, entre la Bauze et la Lourde, deux affluents de l’Auvézère. La terrasse s’ouvre sur le village blotti à ses pieds. Cumulant l’altière position des forteresses du Moyen-Âge et l’équilibre parfait des constructions du XVIIIe siècle, c’est la plus vaste demeure classique du Périgord.


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À la découverte des lieux…

Parmi les châteaux que le Grand Siècle a bâtis en Périgord, Hautefort est de beaucoup le plus impressionnant. Le plan en est original ; les élévations en sont bien équilibrées, les volumes habilement proportionnés. De quelque côté que l’on gagne Hautefort, la masse du château se découpe sur le ciel et s’affirme au-dessus du village blotti à son ombre. L’essentiel de la composition est un logis de trois étages entre des pavillons qui lancent en équerre des ailes appuyées à l’extrémité sur de grosses tours circulaires à mâchicoulis, coiffées de dômes sommés de lanternons. La cour d’honneur s’encadre donc entre ces trois éléments : sur le quatrième côté (au couchant), elle est limitée par une balustrade dominant par un rempart taluté les jardins en terrasses et accordant des vues lointaines sur les coteaux verdoyants. Vers l’extérieur, l’élévation de l’aile orientale montre un logis de la fin du XVIe à mâchicoulis, adapté à la mode du XVIIe. Élévation nord est la moins soignée : le corps central et les pavillons d’encadrement sont d’une rigueur un peu sèche. Par contre, l’élévation occidentale est remarquable, grâce à la douve profonde, au pont-levis, au châtelet d’entrée redessiné au XVIIe siècle sur des éléments du XVIe, au portail à bossages, aux colonnes vermiculées, à l’encadrement d’échauguettes crénelées poursuivant le mouvement du chemin de ronde. On admire à l’intérieur du château la grande galerie de style classique, avec une belle porte en bois (XVIIe siècle), la chapelle avec son dôme peint en trope-l’œil et ses pavements de galets dessinant les armoiries des Hatefort, les anciennes cheminées de bois dont l’une avec des shynges, la salle aux tapisseries, la charpente infiniment habile qui, dans la tour S.O. porte le dôme couvert d’ardoises. C’est l’architecte Nicolas Hambourg qui a commencé vers 1640 la construction de la demeure, laquelle fut achevée vers 1680 par le Parisien Maigret.Mais le triomphe du château, ce sont peut-être les jardins de buis et de fleurs, admirablement dessiné sur les terrasses. Ils sont d’une beauté exceptionnelle et ont été réalisés par les soins de la baronne de Bastard, qui a succédé ici aux Damas, aux Hautefort, aux Gontaud, aux Lastours et aux Born, puisque la tradition veut que le poète condottière Bertrand de Born ait habité céans. — Châteaux du Périgord, Jean Secret. (1)

La visite du domaine

Les différents bâtiments s’articulent autour de la cour défendue par une porte fortifiée. Après avoir franchi le pont-levis, on pénètre dans le château par un châtelet d’entrée, encadré par deux échauguettes, datées de 1588. On découvre alors un grand corps de logis, précédé de deux ailes terminés par deux tours rondes, coiffées de clochetons. Le corps principal, flanqué de deux pavillons coiffés de dômes, est encadré de deux autres pavillons datant du XVIIIe siècle. La symétrie parfaite de l’ensemble est renforcée par la toiture d’ardoises hormonieuse et bien équilibré. (2)

La salle d’apparat : la grande salle du château, pièce de réception et de justice, est communément appelée la salle des cheminées en raison de ses deux cheminées monumentales. Elles arborent les armes de la famille de Hautefort, refaites à l’identique d’après photos, après l’incendie de 1968.

Les pièces d’habitation : la chambre d’honneur, celle occupée par la Reine mère d’Angleterre en 1978, et la salle à manger sont précédée de la salle dite des tapisseries, qui était l’ancienne antichambre de l’appartement appelé « de l’Empereur » au XVIIIe siècle. Depuis 2005, on peut également visiter un nouvel appartement comprenant un salon, qui est en fait une ancienne chambre du XVIIIe siècle, la chambre de Madame, la chambre de Monsieur, le bureau. Le mobilier réunit un ensemble de tables, de sièges, de tapis, d’armoires, de commodes, de tableaux et d’objets décoratifs des XVIIe et XVIIIe siècles.

La Tour de Bretagne : cette tour est la plus ancienne du château. Elle abrite la librairie boutique et la salle des souvenirs. On peut également y voir la charpente qui date de la fin du XVIIe siècle, période à laquelle la toiture originelle de la tour de Bretagne est remplacée par un dôme à lanternon symétrique de celui de la chapelle. Construite en bois de chêne et de châtaignier, elle vient mordre sur le chemin de ronde qui n’avait plus de valeur défensive, mais dégage un volume central particulièrement spectaculaire. Depuis l’incendie de 1968, cette charpente et celle de la chapelle, qui n’est pas visible, sont les seules anciennes charpentes du château.

La chapelle : elle est aménagée à la fin du XVIIe siècle dans l’aile orientale et dans la tour attenante construite par l’architecte Jacques Maigret. Le vestibule, situé au début de la nef, est l’ancienne entrée orientale du château, fermée au XIXe siècle après la démolition de l’esplanade qui descendait vers le village. Au-dessus, est disposée une tribune qui permettait aux châtelains d’assister aux offices sans descendre du premier étage du château. La coupole du chœur est ornée de caissons peints en trompe-l’œil, tandis que le sol est en pisé : une mosaïque de pierres, traditionnelle de la région.

Les souterrains : sous le château circule tout un réseau de souterrains ainsi que des salles souterraines de dimensions considérables, et dont une partie fut creusée dans le rocher. Selon les inventaires anciens, ces salles abritaient les cuisines et les pièces réservées au personnel, plusieurs celliers et caves, ainsi que les bûchers, buanderies et fournils nécessaires à la vie du château. Un puits creusé
sous le pavillon nord-ouest permettait d’alimenter les cuisines, et l’ensemble était relié directement aux anciennes écuries qui sont situées désormais sous l’esplanade d’entrée. Une partie des souterrains est accessible au public.

Une brève histoire du Château de Hautefort

chateau-de-hautefort-02Dès le IXe, une puissante forteresse des vicomtes de Limoges occupe les lieux. Plusieurs constructions se succèdent ensuite dont il ne subsiste que quelques traces (tour de l’angle ouest de la cour) (3). Dès l’an mille les chroniques parlent d’un certain Guy de Lastours. Vers le milieu du XIIe siècle, deux frères, Constantin et le célèbre troubadour Bertrand de Born, cohabitent, mais leurs rapports étant difficiles, le second chasse le premier. Une longue lutte commence alors entre les deux frères, l’un étant allié aux Anglais, l’autre aux Français. Le château subit alors cinq sièges, dont celui de Richard Cœur de Lion en 1183. Vainqueur, ce dernier ayant pardonné à Bertran, lui rendit le château en expulsant Constantin. Après avoir contribué à dépouiller son frère de sa part d’héritage, il se mêle alors des querelles des Plantagênets. Usé par une vie trépidante, Bertran de Born finit par se retirer en 1196 à l’abbaye voisine du Dalon où il s’éteignit vers 1214 (3). Au XVe siècle, Marthe de Born, petite-fille de Bertran, dut céder le château aux Anglais puis le racheta 2000 écus d’or grâce à l’argent que lui avait prêtés Hélie de Gontaut qu’elle épousa en secondes noces. Ainsi Hautefort avait désormais son seigneur et prenait son nom et les armes de Hautefort. Leur devise sera Altus et fortis (Haut et Fort).

Pendant les guerres de Religion, le château resta une place forte catholique. C’est au cours de cette époque troublée que des éléments défensifs sont ajoutés dont un pont-levis et un châtelet d’entrée flanqué de deux échauguettes crénelées.

Au XVIIe siècle naquit Jacques François d’Hautefort (1547-1640). Hautefort étant devenu marquisat, Jacques entreprit les premiers grands travaux de restauration et d’agrandissement ainsi que la construction et l’entretien d’un hospice. Il fallut quarante années d’efforts, de 1630 et 1670 pour donner à Hautefort l’aspect qu’on lui connait aujourd’hui. Les travaux furent conduits successivement par un architecte périgourdin, Nicolas Rambourg, puis un maître d’œuvre parisien, Jacques Maigret. On lui doit la construction de l’escalier d’honneur qui s’inspirait de l’escalier des Ambassadeurs de Versailles. Pour la petite histoire, le marquis Jacques François d’Hautefort passait pour avare, et Molière en fit, dit-on, le modèle de son Harpagon. En fait, il était peu tourné vers le luxe et il préfèrait économiser toutes ses ressources pour les travaux du château et l’œuvre de sa vie, l’Hospice de Hautefort, qu’il fonde en 1669.

En 1792, le château est protégé par les habitants de Hautefort qui s’opposent aux Sans-culottes d’Excideuil qui veulent le détruire. Le château servit deux années de prison, et ses pensionnaires emmenèrent pratiquement tous les meubles lorsqu’ils quittèrent celui-ci. Il resta inoccupé jusqu’en 1830, date à laquelle le baron Maxence-Hyacinthe de Damas, marié à Sigismond-Charlotte-Louise de Hautefort vint l’habiter. Le fils de ce dernier et son précepteur donnèrent une seconde vie au château qui, après être resté 700 ans dans la même famille, fut vendu à Bertrand Artigues, un ingénieur qui a travaillé sur le chantier du canal de Panama. Il entreprend des travaux de restauration dans le château. Après sa mort, son frère et l’Académie des Jeux Floraux de Toulouse, héritiers du château, le revendent à des marchands de biens qui le dépècent et vendirent tout ce qu’il contienait.

En 1929, le baron et la baronne de Bastard rachètent le château et entreprennent sa restauration. Les travaux sont d’abord placés sous la surveillance de Charles Henri Besnard, architecte en chef des Monuments historiques, puis de Yves Marie Froidevaux. De 1939-1947, le château est occupé par le Service des Beaux Arts qui y entrepose les collections venant d’Alsace. 1957 : à la mort du baron Henry de Bastard, en 1957, c’est la baronne qui continue l’œuvre de restauration du château. L’année suivante, le château est ouvert à la visite. En 1965, la réfection des toitures est achevée et le château est remeublé. Mais dans la nuit du 30 au 31 août 1968, un terrible incendie ravageait le logis central. La baronne de Bastard, qui avait épousé en seconde noce le général Durosoy, reprend le travail de restauration, aidée par des fonds levés par une souscription nationale et par le Service des Monuments historiques. Tout à été refait d’après les plans et les photographies afin d’en préserver l’authenticité. Le 19 mars 1990, la Fondation du château de Hautefort est créée et le transfert de la propriété est réalisé. Il est habité par la famille de Jean des Cars, neveu de la baronne de Bastard, qui dirige la fondation.

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Famille

Ancien fief des Born, des Lastours, des Faye, des Gontaut et des Hautefort puis propriété des Damas, des Artigue. En 1929, le château fut racheté par le baron Henry de Bastard. Son épouse le confia à la Fondation du Château de Hautefort, créée en 1990.

Classement

  • Éléments classés Monuments Historiques le 31 décembre 1967 : façades et toitures, douves et terrasses avec leurs murs de soubassement, grand escalier, galerie du rez-de-chaussée, salon du premier étage et petit salon contigu, chapelle (31 octobre 1958), terrasses et jardins (notice n° PA00082575).
  • Label « Jardin remarquable » attribué par le Ministère de la Culture et de la Communication.
  • Le Château de Hautefort bénéficie du Label Maisons des Illustres créé le 13 septembre 2011 par Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication. Ce nouveau label "Maison des Illustres" distingue les demeures ayant accueilli des personnalités artistiques et politiques qui ont marqué l’histoire française. Ces lieux portent bien souvent le souvenir de leurs célèbres habitants et permettent une découverte plus intime de l’Histoire. Bertrand de Born est l’illustre personnage ayant marqué de son empreinte le Château de Hautefort.

Infos pratiques

Accès – Localisationicon info

  • Carte : IGN 48 – Milieu pli B4.
  • Situation : Hautefort (24390). 45 km NE de Périgueux par N89 direction Cahors sur 4 km, puis à gauche par D5 sur 35 km et à droite par D62.
  • Coordonnées GPS (degré décimaux) : Longitude 45.259693° N – Latitude 1.144917° E.
  • Google Map : http://goo.gl/maps/e0Iob.

Visites

  • Visite : du 01/02 au 30/11. Le reste de l’année sur RDV.
  • Visite guidée sur demande et pour groupes seulement (plus de 20 personnes).
  • Visites nocturnes guidées des jardins et des appartements en juillet et août.

Services

  • Point Dépose Minute.
  • Langues parlées autres que français : anglais.
  • Boire et manger : distributeur.
  • Chien admis sur le site, seulement en laisse, mais pas dans le château.

Accessibilité – Confort

  • Point Dépose Minute.
  • Proximité du parking au site : 200 m.
  • Marches ou pentes à négocier : un grand escalier.
  • Possibilité de s’asseoir.
  • Toilettes assez spacieuses pour accompagner un enfant, pour une personne à mobilité réduite, eau chaude, espace bébé.

Plus d’infos sur l’accessibilité et le confort de cette visite en consultant la page Château de Hautefort sur le site ConfortExplore(4)

Pour en savoir plus…


Notes :

  •  (1) Châteaux du Périgord par Jean Secret, Collection Art et Tourisme pour les Nouvelles Éditions Latines Paris.
  •  (2) Le Périgord, Jean-Luc-Aubardier et Michel Binet, Éditions Ouest-france, 1988.
  •  (3) Dictionnaire des châteaux du Périgord, Guy Penaud, Éditions Sud-Ouest, Bordeaux, 1996.
  • Dictionnaire des châteaux du Périgord, Guy Penaud, Éditions Sud-Ouest, Bordeaux.
  • Structurae : Base de données internationale du patrimoine du génie civil : Château de Hautefort.
  • Jardins français bénéficiant du label « Jardin remarquable » décerné par le Ministère de la Culture.
  • Label Maisons des Illustres : six lieux de mémoire distingués en Aquitaine dont le Château de Hautefort.

Crédit Photos :


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