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Magnifique observatoire sur la Vallée de la Vézère, l’impressionnante falaise calcaire de la Roque-Saint-Christophe est située à mi-chemin entre les Eyzies et Montignac-Lascaux, à quelques centaines de mètres du gisement mondialement connu du Moustier, et à proximité de nombreux autres sites classés au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce site, classé Monument Historique, mérite tous les superlatifs ! Exceptionnel, il l’est à plus d’un titre… C’est le plus grand site troglodytique d’Europe : près d’un kilomètre de long, 90 mètres de haut, cinq étages d’abris-sous-roche et de longues terrasses aériennes. Habité de la préhistoire à la fin de la Renaissance, c’est aussi un saisissant concentré d’histoire, un véritable livre ouvert sur des millénaires de pratiques humaines. C’est l’une des visites les plus originales qui puissent se faire en Périgord.


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Le site de la Roque-Saint-Christophe est un modèle rare et unique de l’habitat troglodytique et de son évolution. Ces cavités naturelles – au nombre d’une centaine – ont été façonnées par l’eau, le gel et le dégel, pendant les périodes glaciaires de l’ère quaternaire. Ensuite, elles furent occupées par l’homme à la Préhistoire et, par la suite, furent aménagées pour devenir une forteresse et une cité troglodytique pouvant accueillir jusqu’à 1 500 habitants, du Moyen-Âge jusqu’à la Renaissance. Elles protégèrent ces occupants tout au long de l’histoire mouvementée du Périgord : invasions barbares, raids vikings et guerre de Cent Ans. Toutefois, en 1588, lors des guerres de Religion, cette place-forte huguenote ne résista pas aux armées d’Henri III qui la fit détruire.

À la découverte des lieux…

La visite du site permet de comprendre le mode d’aménagement des habitations troglodytiques.

Des marches taillées dans le roc mènent à l’entrée d’origine de la forteresse. C’est la seule entrée possible. Intégrée au système défensif, elle est protégée par un poste à partir duquel des projectiles pouvaient être lancés. Une porte et un pont-levis complétaient ce dispositif. Le « grand escalier », l’un des plus grands escaliers monolithiques en Europe, mène à une terrasse supérieure.

Le tunnel du « pas du miroir » permet de quitter le Fort et d’entrer dans la Cité, une grande plate-forme de 400 mètres de long, l’un des plus grands et des plus anciens sites rupestres du monde. Cet abri naturel constituait la partie principale de la ville.

Des reconstitutions d’habitat permettent de comprendre les grands principes de l’habitat troglodytique au Moyen-Âge. Des trous, pratiqués dans la roche calcaire, permettent de soutenir la charpente. Les façades ressemblent à celle des maisons à colombages construites dans le style traditionnel de l’époque médiévale. Les toits étaient couverts de pierres plates appelées lauzes. À l’intérieur, les parois de la grotte servent de murs et des cavités sont creusées dans la roche pour servir de zones de stockage. Des canalisations pour récupérer et évacuer les eaux sont visibles ainsi que 1 500 anneaux creusés dans le rocher pour accrocher les lampes et les bêtes.

On peut découvrir une vingtaine de lieux de vie, clairement identifiables : la cuisine, la forge, l’étable, l’abattoir à proximité d’un fumoir pour la conservation des viandes, l’église et ses sépultures, un coffre-fort… On peut également admirer des reconstitutions de machines de génie civil, dont l’impressionnant treuil à tambour. Également appelée « cage à écureuil », elle était utilisée dès le XIIesiècle : un homme pouvait soulever à lui seul jusqu’à 500 kg tout simplement en marchant à l’intérieur de la roue.

Des machines de guerre médiévales rappellent que cette terrasse fut jadis l’une des pièces maîtresses du système défensif de la cité troglodytique. De là, des projectiles pouvaient être jetés sur les envahisseurs. À côté de l’escalier, une salle taillée dans la roche ; elle était servait d’abri aux guerriers. Plus haut, un observatoire.

Une projection en 3D sur grand écran au niveau de la terrasse retrace l’évolution de la falaise à travers les âges. De plus, une scène de la vie quotidienne, conçue par les modélistes du musée Grévin, rappelle que le premier à avoir aménagé dans cette forteresse naturelle est l’homme de Néanderthal.



Une brève histoire du fort troglodytique de La Roque Saint Christophe

Les nombreux vestiges archéologiques retrouvés en ces lieux témoignent d’une occupation massive, du Paléolithique moyen jusqu’au début de la Renaissance, en passant par le Néolithique, l’âge du bronze puis celui du fer, l’époque gallo-romaine et le Moyen-Âge.

L’histoire des fouilles préhistorique de la Roque Saint-Christophe 

Avant 1907, des fouilles menées par des amateurs peu avertis avaient seulement permis de mettre à jour quelques tessons de poteries… En 1907, une grande brèche ouverte dans la partie basse et gauche du plus grand abri au niveau du sol permit d’identifier un niveau paléolithique. En 1910, le fouilleur Otto Hauser souhaita entreprendre de nouvelles fouilles, ce qui lui fut refusé. C’est finalement le préhistorien Denis Peyrony qui lança une campagne de fouilles en 1912 et 1913. Les fouilles du grand abri, situé au milieu de la falaise, mesurant 70 mètres de long pour 15 mètres de profondeur, fit apparaître les différentes strates d’occupation du site, médiévales, gallo-romaines, âge du bronze et du fer, néolithique et finalement paléolithique… (2)

Denis Peyrony mit  à jour de nombreux artéfacts lithiques et osseux, démontrant ainsi l’occupation paléolithique de l’abri au pied de la Roque Saint-Christophe. L’industrie lithique retrouvée est constituée de plusieurs outils comme des lames, des burins, des grattoirs et des pics. Denis Peyrony les associa au Périgordien IV et trouva des ressemblances avec l’industrie du gisement de la Gravette. Il faut noter que c’est lors de fouilles ultérieures (P. Fitte, 1960) que des pointes de flèches du gravettien furent identifiées à la Roque Saint-Christophe. L’industrie osseuse n’est pas en reste et quelques belles pièces ont été retrouvées : morceaux de sagaie, de lance, lames, bâton percé, hameçon, poinçon. (1)

Occupation du site au Moyen-Âge

Au Moyen-Age, vers 980, les hommes réinvestissent les lieux, sous l’impulsion de Frotaire de Gourdon, évêque de Périgueux. Ils transforment la Roque Saint-Christophe en véritable forteresse troglodytique pour lutter contre des bandes d’aventuriers (« Castrum Sabcti Christophori »). La roche est taillée, découpée, creusée, aménagée pour consolider les habitations et les différents bâtiments. À ses pieds, un petit port est aménagé et une bourgade s’installe. Tout est fait pour interdire la ville inaccessible aux indésirables et le fort se dote d’un système défensif. Ainsi la falaise est agrémentée de palissades de bois et de murs en pierre reliés par des escaliers et des trappes. Les entrées sont étroites et protégées par des loges et des casemates. Le site devient un véritable fort qui contrôle la vallée de la Vézère et le trafic sur la rivière.

Des postes de guet disposés dans la vallée prévenaient de l’arrivée des drakkars vikings par signaux lumineux ou sonores. Avec Agonac, Craognac, Auberoche et Basillac, le site de la Roque Saint-Christophe fait alors partie d’un réseau de cinq forts qui protégeaient les plus importantes vallées du Périgord contre les envahisseurs vikings. Sage précaution puisqu’en 976, la forteresse servit effectivement de défense contre les envahisseurs normands.

La Roque, excellent point d’observation, faisait partie d’un système d’alarme original : aux alentours de l’an 1000, l’abbé Frotaire décide de faire construire tout au long de la Vézère une série de forts pour lutter contre les razzias des Vikings. Répartis sur 18 km, les postes de guet permettaient de protéger un signal en 6 mn seulement ! (2)

Pendant la guerre de Cent Ans la Roque fit l’objet de bien des convoitises… En 1401, les Anglais, conduit par le marquis de Dorset et marquis de Somerset, Jean de Beaufort, s’emparent du fort en y massacrant tous les défenseurs. On dit qu’ils y dissimulèrent un trésor. Quinze ans plus tard, les Français récupèrent la place.

À partir de 1580, le fort troglodytique de La Roque-Saint-Christophe est occupé par les Huguenots. Henri III ordonne son démantèlement en 1588. Il en subsiste néanmoins d’importants restes.

Classement

Classé Monument Historique par décret du 3 août 1939.


Infos pratiques

Accès – Localisationicon info

  • Carte : IGN 48 – Bas gauche pli C4.
  • Situation : Peyzac-le-Moustier (24270).
  • Accès : 3 km ouest de Peyzac, direction les Eyzies, sur la D66.
  • Coordonnées GPS (degré décimaux) : Longitude 44.990068 – Latitude 1.070261.
  • Google Map : https://goo.gl/maps/m9D2iVdkb5p.

Visites

  • Circuit de visite en Français et Anglais.
  • Un livret de visite est disponible à l’accueil dans les langues suivantes : Néerlandais, Allemand, Italien, Espagnol.
  • Livret de visite spécial enfant (un par famille).
  • Visites guidées et démonstrations d’engins de levage pendant les vacances.
  • Les enfants peuvent participer à différents types d’ateliers.
  • Visite déconseillée si vous souffrez de vertiges.

Services

  • Grands parkings gratuits et accessibles sans aucune difficulté pour les cars.
  • Langue parlée autre que le français : anglais.
  • La visite libre à travers le site muni d’un livret de visite.
  • Visite guidée à heures fixes.
  • Boire et manger : snackbar en haute saison seulement, distributeur, aire de pique-nique.
  • Animaux de compagnie admis sur le site. Point d’eau.

Accessibilité – Confort

  • Point Dépose Minute.
  • Proximité du parking au site : 50 m.
  • Distance entre le guichet et le début de la visite  : 250 m.
  • Longues distances à parcourir.
  • Nombreuses marches ou pentes à négocier sur des surfaces très inégales.
  • Toilettes séparées homme/femmes, assez spacieuses pour accompagner un enfant, pour une personne à mobilité réduite.
  • Endroit confortable et ombragé pour attendre sur le site ou à proximité.

Plus d’infos sur l’accessibilité et le confort de cette visite en consultant la page La Roque-Saint-Christophe sur le site ConfortExplore(4)

Pour en savoir plus…


Notes et sources :

Crédit Photos :

  • La falaise de La Roque-Saint-Christophe, www.roque-st-christophe.com.
  • Escalier, Structures troglodytes, Tombe age bronze, Colonne bois, By Jebulon (Own work), via Wikimedia Commons.


Adresse

Adresse:

La Roque Saint-Christophe, 24620 Peyzac-le-Moustier

Téléphone :
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JF Tronel 16 mars 2016 21 h 12 min
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Le site est exceptionnel, les explications sur les panneaux très claires. À visiter de préférence en dehors des périodes d’affluence !