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Cadouin est une abbaye cistercienne, fondée en 1115, la onzième rattachée à l’ordre et dont l’activité monastique s’est arrêtée avec la révolution, en 1790. Ici règne la rigueur monastique où l’on vit de son labeur et prie sans ostentation. Le cloître d’origine romane, reconstruit à la fin du XVe, est un chef-d’oeuvre de l’art gothique flamboyant d’une richesse architecturale étonnante, témoignant de la puissance retrouvée de l’abbaye. Situé dans un étroit vallon au sud de la Dordogne, au cœur de la profonde forêt de la Bessède, entre la bastide de Beaumont-du-Périgord et la cité médiévale de Belvès, l’abbaye Notre-Dame de la Nativité de Cadouin est inscrite sur la liste du Patrimoine Mondial par l’UNESCO au titre des chemins de Compostelle en France.


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Du latin claustrum, clôture, le cloître est la barrière qui sépare les religieux du monde. Son utilisation est liée à l’essor du monachisme. C’est une galerie couverte et fermée en quadrilatère, entourant un jardin intérieur, dans laquelle on déambule pour se recueillir, lire et prier.

À la découverte des lieux…

Site inscrit au Patrimoine mondiale de l'UNESCO Classé Monument Historique (MH)Les bâtiments aujourd’hui accessibles à la visite présentent deux architectures différentes : le roman, dans l’église, et le gothique flamboyant dans le cloître reconstruit à la fin du XVe siècle. La visite de l’église, sombre et sobre à la fois, ne retient pas le visiteur. Seul le cloître, construit à la charnière des XVe et XVIe siècles, mérite une visite. Chapiteaux, clés de voûte et retombées de voûte matérialisent péchés et vertus dans la pierre. De part et d’autre du fauteuil de l’abbé, deux hauts-reliefs racontent la procession des moines et la montée au calvaire du Christ. Les quatre portes, enfin, permettent de comparer le gothique flamboyant avec la Renaissance.

Si l’église cistercienne de Cadouin est purement romane, le cloître n’est qu’une reconstruction gothique commencée par Pierre V de Gaing, abbé de 1455 à 1475. Les gros travaux datent sans doute de 1470 ; une importante aumône de Louis XI permit de les achever après 1482. Ici, le gothique flambloyant ne manque pas d’élégance et de charme : les souples remplages découpent de belles ombres portées dans les silencieuses galeries dallées de pirerre, et leurs linéaments font un cadre harmonieux à la pureté nue de l’église monastique. (1)

L’église abbatiale de Cadouin

L’église romane, consacrée en 1154, dégage la spiritualité cistercienne du XIIe siècle. Le cloître, construit aux XVe et XVIe siècles, est un chef-d’oeuvre de l’art gothique flamboyant. Sa façade, large, divisée en trois partie par des contreforts, s’aère d’un portail à triple voussure surmontée d’une rangée d’arcatures aveugles. Son austérité, classique des églises cisterciennes, est tempéré par la belle pierre dorée du Périgord et par les sculptures des colonnes extérieures et des modillons des corniches. À l’intérieur : trois nefs voûtés en berceau, une coupole sur pendentifs à la croisée du transept, et des absidioles en cul-de-four. Bien abîmé par les guerres de Religion et la Révolution, le cloître de Cadouin, aux voûtes et piliers richement décorés, reste un chef-d’œuvre de l’art religieux. Les travaux commencèrent au XVe siècle avec l’aide du roi Louis XI, et s’achevèrent au XVIe. La galerie ouest est ornée de remarquables sculptures Renaissance. Aux thèmes bibliques (histoire de Job, de Lazare, de Samson et Dalila) se mêlent des thèmes profanes (scènes satiriques et populaires rappelant les peintures flamandes, illustration de fables). La voûte expose un jugement dernier, le sacrifice d’Abraham, la fuite en Égypte. Elle comporte des restes de fresques du XVe. Dans la galerie nord se trouvent, encadrés dans la pierre, les bancs des moines, le siège du lecteur et delui de l’abbé. Ce dernier est surmonté de part et d’autre de deux colonnes sculptés représentnt la montée au calvaire et une procession. (2)

Le cloître de Cadouin

Quelques détails de l'architecture du Cloître de Cadouin

Construit sur les vestiges du cloître roman du XIIe siècle, de calcaire ocre, le cloître des XVeet XVIe siècles, de calcaires blanc, est un pur chef-d’œuvre. Les galeries – trois de style gothique flamboyant et la quatrième de style Renaissance – s’ouvrent sur un jardin intérieur par des baies en arcs brisés aux remplages flamboyants, rythmées par des contreforts. Les 26 travées sont couvertes de voûtes sur croisées d’ogive que des liernes et tiercerons découpent en étoiles. Leurs nervures retombent sur des colonnes engagées. L’originalité de ce décor se situe notamment dans la structure très complexe des colonnes engagées, qui se composent de mâchicoulis et de créneaux miniatures portant une console destinée à recevoir des statues. Les clefs de voûtes portent d’exceptionnelles sculptures en haut et bas de relief, en ronde bosse (jadis mis en peintures) ; on en compte une centaine, mais presque autant on disparu. Au centre du cloître, le lavabo des moines.

Des parties de l’édifice original subsistent sous la richesse du décor sculpté flamboyant et Renaissance, dans la galerie nord, les sièges de l’abbé et du lecteur , la porte est menant au dortoir des moines, les murs et colonnes romanes de la salle capitulaire, au mur sud de l’église, les corbeaux à crochet de la couverture de charpente du cloître roman non voûté. (3)

Les sujets sont très divers : scènes de la vie monastiques, vices et vertus, épisodes de l’Ancien ou du Nouveau Testament, mais aussi anecdotes de l’Antiquité, scènes de la vie de tous les jours. Job gît sur son fumier, le mauvais riche éconduit Lazare, la courtisane Pancaste chevauche Aristote et, vers le Christ en croix, entre phénix et pélican, montent d’humbles élus, nus et potelés comme des amours. Ce paysage de pierre œuvrée est encombré de branches feuillues, de pampres et de grappes entre lesquels se faufilent de menus animaux, tout décoré aussi de coquilles, de lys et d’hermines, sans compter les armes des abbés du temps. Une sculpture, représentant la Nef des fous, illustration d’un ouvrage en allemand paru en 1494 et en français en 1497, permet de dater ces œuvres du temps de Charles VIII ou de Louis XII. (4)

Mais c’est la galerie de la Collation ensoleillée tout au long de la journée, qui a reçu, de part et d’autre du siège de l’abbé, au-dessus des bancs de pierre des moines, le décor le plus fouillé et le plus généreux. On peut y admirer une théorie de moines, conduit par leur robuste abbé (Pierre de Gaing) et le tragique cortège de la Passion (le Christ, la Vierge et les soldats, dont certains jouent déjà aux dés la tunique du condamné). Des scènes bibliques (Noé dans sa vigne, Adam et Ève), un religieux tirant le diable par son cou enchaîné, les armes parlantes de Cadouin (cadoun, c’est le cognassier en langue d’oc), et tout un fouillis végétal complètent l’ensemble qui occulte en partie une fresque (une Annonciation du XVe siècle).(4)

Une brève histoire de l’abbaye Notre-Dame de la Nativité de Cadouin

La date officielle de la fondation de l’Abbaye de Cadouin remonte au 11 juillet 1115. Géraud de Sales, chanoine à Saint-Avit-Sénieur reçoit de Robert d’Arbissel, prédicateur et fondateur de Fontevrault, les terres de la Salvetat et de Val Seguin avec la mission d’édifier la future abbaye et d’y établir une communauté de moines augustiniens. Les travaux débutent par la construction de l’église, en 1118. Elle sera consacrée en 1154.

Cloitre de Cadouin : sculpture, Le repas du mauvais riche.

Le repas du mauvais riche. Lazarre quémande du pain et se heurte au refus du mauvais riche. — Cliquez pour agrandir.

Dès 1119, l’Abbaye de Cadouin est rattachée à Cîteaux (abbaye bourguignonne fondée en 1098 à partir de laquelle Saint Bernard, qui y fit profession en 1113, diffusa la réforme dite cistercienne). Cadouin est très vite devenue la plus prestigieuse abbaye périgourdine. Sa notoriété s’est en grande partie construite autour d’une relique dont on trouve trace à Cadouin dès 1214 : Simon de Montfort, en croisade contre les Albigeois, dote le monastère d’une rente destinée à entretenir une lampe perpétuelle devant la châsse contenant l’étoffe. Rapportée d’Antioche après la première Croisade (1096-1099), cette pièce de tissu a longtemps été considérée comme le Saint Suaire qui enveloppa la tête du Christ. Suspendu dans un reliquaire d’argent à la voûte de l’église, il devint l’objet d’un important pélerinage qui rassembla les plus humbles comme les grands du royaumes, parmi lesquels Aliénor d’Aquitaine, Richard Cœur de Lion, de Saint Louis, de Blanche de Castille et de Charles V.

En 1370, les bâtiments monastiques sont en ruines suite aux ravages causés par la guerre de Cent Ans (1337-1453). Le Suaire est caché à Toulouse (église du Taur), puis à Aubazine. Sous la houlette de Louis XI, l’abbaye fut rénovée et reçut le splendide cloître gothique que l’on peut voir aujourd’hui.

En 1516, suite au concordat signé entre François 1er et le Pape Léon X, l’abbaye est soumise à la commende sous l’abbatiat de Geoffroi d’Estissac, évêque de Maillezais. Ses revenus auparavent destinés à des buts sacrés ou charitables sont alors réservés à la couronne. Cette soumission au pouvoir séculier entraîna son déclin spirituel. Toutefois, elle resta un centre actif de pélerinages. Rabelais lors d’un voyage en Périgord où il comptait beaucoup d’amis, visita Cadouin et parla du Saint Suaire dans son Gargantua. En 1643, après plus d’un siècle de décadence, l’abbaye revient à la Règle avec la réforme de l’étroite observance cistercienne. La vie intellectuelle reprend ses droits. On assiste au retour en foule des pèlerions auprès du Suaire. L’aile est des bâtiments monastiques est reconstruite et d’importants travaux sont faits dans l’aile ouest.

Le 18 avril 1791, le cloître devenu national après la Révolution est vendu aux enchères. Les derniers religieux furent explusés. Le cloître est utilisé pour entreposer du bois. On y parque même des pourceaux.

En 1839, les démarches d’Auguste Romieu, préfet de la Dordogne aboutissent à l’acquisition du site par le Départemnt avec participation de l’État. En 1840, le cloître est sur la première liste des Monuments Historiques (la Commission des Monuments Historiques ayant été créée en 1837). En 1849, Prosper Mérimée, alors inspecteur général des Monuments Historiques, charge Paul Abadie (1812-1884), de réaliser un devis. Les travaux de restauration vont pouvoir commencer.

Permettez-moi de recommander à votre zèle pour la conservation de nos monuments historiques, le sort d’un des plus beaux débris de notre ancien art national. Sa destination déplorable n’a pas changé. C’est encore une étable pour pourceaux. on pense à y établir un entrepôt de cuir et à y établir le marché pendant les jours de foire — Charles de Montalembert, membre de la chambre des Pairs, Lettre à Jean Vatout, conseiller d’état et administrateur des Monuments publics et historiques, 16 janvier 1838. (3)

Les pélerinages reprennent. De nouveau, la foule se presse pour assister à de solennelles cérémonies et le commerce de médailles, de croix et d’images pieuses est fructueux. En 1925, les premiers doutes sur l’authenticité du suaire sont émis par le révérend père Francez. Une enquête, ordonnée en 1932 par les autorités religieuses, révèle que le tissu, s’il est bien oriental, porte une inscription coufique invoquant le nom d’Allah et faisant allusion au calife d’Égypete al-Musta’lî (1094-1101). Le Saint Suaire de Cadouin était un faux.

Cadouin a servi de décor pour le tournage de la série « Rani » en 2011.

Classement

  • L’Abbaye de Cadouin est inscrite sur la liste du Patrimoine Mondial par l’UNESCO au titre des chemins de Compostelle en France.
  • Site Majeur d’Aquitaine.
  • Classé Monument Historique.

Infos pratiques

Accès – Localisationicon info

  • Situation : Cadouin, Dordogne, France.
  • Coordonnées GPS (degré décimaux) : 44.811073° N0.873889° E.
  • Google Map : http://goo.gl/maps/aJxjC.

Visites

  • En été : ouvert tous les jours.
  • Visite guidée individuelle : environ 45 mn.
  • Possibilité de billet jumelé avec le château de Biron.
  • Visio guides disponibles pour les visiteurs individuels en français, anglais, allemand, néerlandais, espagnol et panorama à 360°.
  • Exposition sur le cloître et présentation du fac-similé du suaire.
  • Des ateliers pédagogiques sur le thème de la calligraphie et de l’enluminure sont disponibles sur réservation pour les groupes scolaires. Ils sont réalisées en partenariat avec l’association Au Fil du Temps, spécialisée dans la médiation du Patrimoine tant au niveau du jeune public que des scolaires.

Services

  • Accès handicapés.
  • Visioguide pour les visiteurs individuels.
  • Boutique & librairie.
  • Ateliers pédagogiques scolaires sur réservation.
  • Chèques Vacances acceptés.
  • Billet jumelé avec la visite du château de Biron.

logo-semitour-perigord-150Accessibilité – Confort

  • Ce site est facile d’accès. Accès bus jusqu’à 50 m de l’entrée.
  • Parking  gratuit.
  • Point Dépose Minute.
  • Les malentendants peuvent suivre les visites grâce à un vidéo-guide en langue des signes inclus dans l’application smartphone de la Sémitour.
  • Pas d’accès handicapés moteur.
  • Toilettes spacieuses permettant d’accompagner une une personne à mobilité réduite.
  • Plusieurs marches ou pentes à négocier.

Plus d’infos sur l’accessibilité et le confort de cette visite en consultant la page Château de Biron sur le site ConfortExplore(4)

Pour en savoir plus…

  • Site SEMITOUR Réseau Périgord : www.semitour.com.
  • Information site  Tél.  +335 53 63 13 39.
  • Réservations groupes  +335 53 05 65 60 – Fax +335 53 05 65 67.

Notes :

  •  (1) Périgord, Jean Secret, « Les Albums des Guides Bleus », Librairie Hachette, 1955.
  •  (2) Le Périgord, Jean-Luc-Aubardier et Michel Binet, Éditions Ouest-france, 1988.
  •  (3) Cadouin sauvé des eaux, les enjeux de la restauration du cloître, Conseil Général de la Dordogne, 2010-2011.
  •  (4) Visiter l’abbaye de Cadouin, Brigitte et Gilles Delluc, Éditions Sud Ouest, 2008.
  • Site officiel de l’Unesco : Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France, Eglise abbatiale Notre-Dame de la Nativité, identifiant n°868-003.
  • Site du Ministère de la Culture, Base Architecture-Mérimée, direction de l’Architecture et du Patrimoine, notice n° PA00082415.
  • Wikipedia : Abbaye de Cadouin.
  • Romanes.com, Art et Architecture Romane : Abbaye Cistercienne de Cadouin.

Crédit Photos :

  • © Jean-François Tronel.


Adresse

Adresse:

Abbaye de Cadouin 24480 LE BUISSON-DE-CADOUIN

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