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Site inscrit au Patroine mondiale de l'UNESCOInscrit au Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’UNESCO, le gisement préhistorique de Laugerie-Basse est situé en aval de Laugerie Haute, d’où son nom, et à quelques dizaines de mètres de la grotte du Grand Roc, aux Eyzies-de-Tayac. Ce site servit plusieurs fois d’habitat à l’homme préhistorique, à partir du Magdalénien moyen jusqu’à des époques plus récentes, Néolithique et Âge du bronze. Il témoigne d’une activité culturelle et esthétique sans équivalent dans la région, voire en Europe. Le site est réputé, non pas pour ses peintures, il n’y en a pas, mais pour le grand nombre d’outils et d’objets ornés en pierre, en os, et sur bois de cervidés : près de 600 pièces mobilières gravées ou sculptées formant un ensemble décoré extrêmement varié. Le caractère exceptionnel du site réside donc dans la quantité, la diversité et souvent la qualité des œuvres d’art qui y ont été découvertes parmi lesquelles la statuette de tête de cheval et la fameuse figurine féminine appelée « Vénus impudique », la première vénus a avoir été découverte en France. De plus, en 1865, fut mis au jour une sépulture et un squelette humain dénommé « l’homme écrasé ».


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À la découverte des lieux…

 Classé Monument Historique (MH)Il y a en fait deux abris situés au pied de l’impressionnante falaise rocheuse, haute de 60 mètres et longue de 500 mètres, faisant face à la Vézère : sur la gauche, l’abri classique complétement fouillé, et sur lequel des habitations ont été construites et, sur la droite, l’abri des Marseilles qui garde encore une partie non fouillée (mais visitable) sous les blocs de calcaires effondrés. Seul cet abri se visite.

L’abri classique s’étend sur plus d’une centaine de mètres et domine de 12 mètres le niveau moyen de la Vézère. Les vestiges découverts le font remonter à la période magdalénienne. Ce site a livré une collection extrêmement riche en art mobilier, près de 600 objets d’art constitués de statuettes, harpons, coquillages, poinçons, silex…, près de 240 objets ornés de figures animales – surtout cervidés et bovinés. Parmi ces objets, ont été recensé 10 spécimens avec figurations humaines (ou supposées) : 2 femmes, 3 hommes et 4 indéterminés sexuels et 1 humain douteux. Le gisement est aujourd’hui totalement vidé de ses dépôts. (1) (2)

Une gravure d'un renne sur un galet de Laugerie BasseL’abri des Marseilles est situé 50 mètres en amont de l’abri classique. Son entrée est obstruée par des éboulis très massifs. Les vestiges remontent également au Magdalénien, antérieurs probablement à ceux de l’abri classique. Un tunnel a été construit durant les fouilles du début du XXe siècle, donnant ainsi accès à une importante cavité où une coupe stratigraphique est présentée. (2)

Un petit musée privé a été aménagé sur le site. Une exposition permanente présente différents objets dont une série de moulages des plus beaux objets découverts, ainsi qu’un diaporama et des photos qui illustrent l’immense variété et richesse des objets que les abris ont livrés. Un film aborde les principaux aspects du site (géologie, archéologie, mode de vie et expression symbolique). Une promenade sous les abris naturels permet de comprendre la vie quotidienne à l’époque magdalénienne.

Des occupations multiples…

La stratigraphie de Laugerie-Basse présente de nombreuses traces de foyers. Ils sont facilement reconnaissables par la couleur plus sombre de la strate. Des galets, provenant de la rivière toute proche, devaient délimiter le foyer. Cette occupation des lieux va durer pendant tout le Magdalénien. À la fin du Magdalénien, une grande partie de la voûte s’est effondrée. Des dalles de plus d’un mètre d’épaisseur ont ainsi recouvert les strates plus anciennes. C’est sur cette protection naturelle que se sont installés quelques chasseurs, laissant quelques harpons comme trace de leur passage. Au Néolitique et à l’Âge de bronze, l’abri va de nouveau accueillir des hommes préhistoriques. (2)

Les découvertes mise à jour

Parmi les quelque 600 objets trouvés à Laugerie-Basse, on relève plusieurs œuvres magdaléniennes connues, entre autres une statuette de femme à la tête brisée appelée « Vénus impudique » découverte par le marquis de Vibraye vers 1864 ainsi qu’une plaquette appelée « Femme au renne ».

La Vénus impudique : c’est la première statuette humaine découverte en France par le marquis Paul de Vibraye, en 1864. Elle est de petite taille, 8 centimètres de longueur, et est faite en ivoire de mammouth. Ses formes sont très différentes de celles des autres Vénus, et assez loin des critères définis par Leroi-Gourhan qui prétend que la plupart des Vénus s’inscrivent dans un losange, avec deux extrémités effilées symétriques autour d’un élargissement correspondant au ventre. À l’inverse, cette Vénus est filiforme, elle présente des hanches peu marquées et une poitrine très peu développée… ce qui donne à penser qu’elle représente vraisemblablement une adolescente ou une jeune fille. Cette figurine n’a jamais eu de bras, mais il est probable qu’elle possédait une tête : une fracture a emporté la tête originelle faisant éclater l’ivoire dans les zones voisines. C’est la netteté de son sexe qui lui a donné son nom de Vénus « impudique ». (2)

LA « VÉNUS IMPUDIQUE » (ou de Vibraye) — Ivoire. Ronde-bosse. 77x17mm. Musée de l’Homme : LPLB38 189 1372. C’est la première statuette paléolithique découverte en France et, avec celle de Lespugue, l’une des plus connues au monde. Cette figurine n’a jamais eu de bras, mais il est probable qu’elle possédait une tête, disparue « dès l’époque préhistorique » (Piette, 1907), ou postérieurement « au moment de la découverte » (Cartailhac) : l’arrondi des épaules subsiste, notamment à gauche, et entre elles émerge un court segment cervical. Les hypothèses de Breuil que la tête ait pu être « complètement plate et discoïdale » (1907) ou appartenir à « une autre pièce périssable., et qui venait s’emboutir sur le biseau du buste », (1959) nous semblent infondées : une fracture a emporté la tête originelle au ras du cou, faisant éclater l’ivoire dans les zones voisines. Le diagnostic de féminité s’appuie sur la saillie fessière et, naturellement, sur la présence de cette fente vulvaire remarquable (qui lui valut son qualificatif de « impudique ») et que partage avec elle la femme « aux boutons » de Bruniquel. (1)

La Vénus Impudique, © Jc Domenech

La plaquette de la femme au renne de Laugerie-Basse : également découverte par le marquis Paul de Vibrayeen 18671868, conservée au Musée des Antiquités nationales, cette représentation montre une femme, en décubitus dorsal, cuisses demi fléchies. Elle met en évidence la partie jointive de la cuisse et de la ligne ventrale ainsi que l’extrémité du fourreau pénien. (2)

LA « FEMME AU RENNE » — Fragment d’omoplate de bovidé de 100 x 65 mm. Gravure. MAN 47 001. Cette gravure est universellement connue, et il n’est guère d’ouvrage traitant d’art préhistorique qui n’en parle ou ne la montre. Publiée par l’abbé Landesque, son inventeur, en 1874, citée par Nadaillac en 1888 (p. 90), décrite par Cartailhac la même année, elle le fut de nouveau par Piette, notamment en 1875, 1894 et 1895, lequel portera sur elle un jugement un peu sévère : « C’est au point de vue de l’art une oeuvre médiocre », écrivait-il en effet. Tous les auteurs, s’ils sont d’avis divergents sur certains points (comme l’identité de l’animal : cervidé ou bison), sont unanimes à reconnaître la nature féminine du sujet, la présence d’une fente vulvaire ne permettant pas d’équivoque. Dans la posture présentée par le corps, elle ne devrait pas être visible : comme pour d’autres figurations, le réalisme anatomique n’a pas été respecté. La femme paraît avoir été exécutée après l’animal ; elle se trouve à gauche de son arrière-train et l’ effet de perspective donné par l’incision dissymétrique dans le champlevé (Delporte, 1979) ainsi que la disproportion de taille entre les deux sujets, permet d’exclure un contact direct entre eux et rend peu vraisemblable l’hypothèse de Piette d’une scène de « bestialité » (1875, cité par Chollot). (1)

Une sépulture du Magdalénien : découvert en 1872 par E. Massenat, le squelette semble écrasé en partie par un bloc de pierre. Ce qui a fait penser, dans un premier temps, que l’homme était décédé dans un accident. En se basant sur la position fœtale du corps et sur les éléments de parures retrouvées (une vingtaine de coquillages), les scientifiques ont démontré que l’homme écrasé bénéficiait en fait d’une sépulture intentionnelle. Les rochers ont pu être placés ultérieurement. Outre ce squelette complet, on a également trouvé les ossements partiels de trois autres individus. (2)

Histoire et découverte de l’Abri de Laugerie-Basse

Les premières « fouilles » : le première découverte officielle des sites de La Madeleine et de Laugerie-Basse débute réellement en 1863 avec Édouard Lartet, juge de paix et paléontologue, accompagné de son ami Henry Christy (industriel anglais). Ils sont venus aux Eyzies pour visiter la grotte Richard, mais profitant de leur séjour dans la région, ils vont s’intéresser plus particulièrement à l’Abri de Laugerie-Basse, en raison de la richesse de ses vestiges préhistoriques. Notons au passage que c’est avec l’arrivée d’Édouard Lartet que commencent les fouilles systématiques dans la vallée de la Vézère, fouilles qui furent presque ininterrompues jusqu’au XXe siècle. Toutefois, il est regrettable que les fouilles menées au cours des années 1860 par Édouard Lartet l’aient été sans enregistrement précis de la stratigraphie du site.

Cette même année 1863, l’archéologue Paul de Vibraye s’intéresse lui aussi à l’abri. Il trouvera la fameuse « Vénus impudique », figurine féminine. Les découvertes s’enchaînent et, en 1865, Elie Massénat (un industriel) met à jour un squelette humain dénommé « l’homme écrasé ». De 1907 à 1909, Otto Hauser (industriel lui aussi) fouille le site de manière plutôt brutale, dégageant des tranchées en utilisant parfois des explosifs…

Il faut attendre 1912 pour que l’abri soit fouillé de manière plus scientifique. C’est Denis Peyrony et Jean Maury qui vont, les premiers, entreprendre une étude stratigraphique du site : on distingue quatre stades du Magdalénien, de III à VI, durant le Würm IV. Ils vont ainsi délimiter, sur les parties restées vierges, une zone de fouilles et dégager, strate par strate, les vestiges. Les écrits laissés par les deux préhistoriens vont permettre une étude précise des multiples occupations aux diverses époques. Après de multiples rebondissements, le site sera finalement classé Monument historique. (2)

Classement

  • Classé Monument Historique par arrêté du 25 avril 1940 (référence n° PA00082540).
  • Le 25 avril 1940, le gisement préhistorique est classé au titre des monuments historiques. Le site archéologique est classé le 5 décembre 1977.
  • Depuis 1979, le site est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, en association avec d’autres sites et grottes ornées de la région sous le nom de « Sites préhistoriques et grottes ornées de la vallée de la Vézère ».
  • Site archéologique acquis par le département le 22 juin 2011.

Infos pratiques

Accès – Localisation

  • Carte : IGN 48 – Haut droite pli D3.
  • Situation : Route de Périgueux, Les Eyzies-de-Tayac-Sireuil (24620), Dordogne.
  • Coordonnées GPS (degré décimaux) : Longitude 44.950909° N – Latitude 0.999127° E.
  • Google Map : https://goo.gl/maps/zbPAxtWEYGP2.

Visites

  • Visite à combiner avec le Grand Roc à côté (billeterie commune).
  • Projection de films sur la formation des abris.
  • Ateliers pédagogiques : "Les animaux et la chasse préhistorique" ou "Cro-Magnon Architecte".

Services

  • Parking gratuit ombragé.
  • Langue parlée autre que le français : anglais.
  • Boutique – Librairie.
  • Chèques Vacances acceptés.
  • Aire de pique-nique et distributeur.
  • Restaurant-bar.
  • Accès aux handicapés.
  • Chiens tenus en laisse acceptés. Point d’eau.

logo-semitour-perigord-150Accessibilité – Confort

  • Point dépose minute.
  • Distance entre le guichet et le début de la visite 200 m.
  • Marches ou pentes à négocier : moyennes. Distances à parcourir : moyennes.
  • Pas d’accès handicapé.
  • Toilettes séparées homme/femmes, assez spacieuses pour accompagner un enfant, pour une personne à mobilité réduite.

Plus d’infos sur l’accessibilité et le confort de cette visite en consultant la page L’Abri de Laugerie-Basse sur le site ConfortExplore.

Pour en savoir plus…


Notes et sources :

Crédit Photos :

  • Laugerie-Basse, gisement préhistorique, la falaise et le « trou du guetteur », époque médiéval, (en haut), Les Eyzies-de-Tayac, Dordogne, By Jebulon, (Own work), via Wikimedia Commons.
  • Abri préhistorique de Laugerie-Basse aux Eyzies-de-Tayac-Sireuil, By Pymouss (Own work), via Wikimedia Commons.
  • Abri préhistorique de Laugerie-Basse aux Eyzies-de-Tayac-Sireuil, reconstitution d’habitat, By Pymouss (Own work), via Wikimedia Commons.
  • Auroch trouvé sous l’abri sous roche de Laugerie-Basse, Les Eyzies-de-Tayac, Dordogne, By Sémhur (Own work), via Wikimedia Commons.
  • Renne gravé, trouvé dans le gisement de Laugerie-Basse, Les Eyzies-de-Tayac-Sireuil, Dordogne, By HTO, (Own work), via Wikimedia Commons.
  • La Vénus Impudique, © Jc Domenech, Source: storify.com/franceinter/visite-virtuelle-du-musee-de-l-homme#5.


Adresse

Adresse:

Abri de Laugerie-Basse – Route de Périgueux – Les Eyzies-de-Tayac-Sireuil (24620)

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