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Classé Monument Historique (MH)Située au lieu dit Calpalmas, à Saint-André-d’Allas, en Dordogne, à 9 km de Sarlat et à 12 km des Eyzies, on entrevoit quelques spécimens de bâtisses qui semblent sortir de la nuit des temps. De formes circulaires ou quadrangulaires, des cabanes en pierres sèches – construites sans utilisation de mortier – se présentent en groupe et sont le plus souvent jointes par leurs toitures coniques couvertes de lauzes (ce mot, d’origine celte, est de la même famille que le mot « losange »). Ce type de couverture, typique du sud de la France, exerce sur les murs de la bâtisse une pression de trois tonnes au mètre carré ! Ces constructions servaient de dépendances à une ancienne ferme et sont maintenant devenues un objet de curiosité. On les appelle les « bories du Breuil » ou les « cabanes du Breuil ». Cette dernière appellation est la traduction du mot patois d’origine occitane « cobano », la première étant simplement une dénomination touristique introduite dans les années 1970 par la revue Périgord Magazine. En fait, en occitan, le terme « Boria » désignait une petite métairie, et non ces cabanes en pierres sèches si nombreuses dans le sud-est du Périgord. On a longtemps pensé que les cabanes du Breuil avaient été construites par les Gaulois, puis qu’elles auraient été la propriété des Bénédictins de Sarlat au XIVe siècle. En réalité, l’origine exacte du site n’est pas connue, mais il est généralement admis que l’ensemble date du XIXe siècle, voire du tout début du XXe siècle. Le porche d’entrée de la cour de la ferme porte d’ailleurs la date de 1841. Inscrit sur la liste des monuments historiques, classé site pittoresque, les cabanes du Breuil forment un ensemble architectural rural unique — si ce n’est au monde, comme l’affirme certains guides touristiques, tout du moins en Périgord !


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À la découverte des lieux…

Site classé parmi les sites naturels exceptionnels du département de la Dordogne Les « Cabanes du Breuil » forment un ensemble architectural pittoresque, dégageant une atmosphère semblable à celle de l’imaginaire de Tolkien. C’est à la suite de la proposition d’un visiteur, émerveillé par la beauté et l’originalité du site, que ces cabanes auraient fait l’objet d’une mesure de protection. Protégées en 1968 au titre des sites pittoresques, elles sont ensuite classées monuments historiques, le 10 mai 1995. Les cabanes présentent une remarquable unité architecturale, ce qui semble indiquer qu’elles dateraient de la même époque et qu’elles auraient eu le même constructeur. Leur architecture est celle des cabanes de pierre à toiture conique – ou campaniforme – très fréquentes en Sarladais, et dont le mouvement de construction s’étend du milieu du XVIIIe siècle à la fin du XIXe siècle. (1)

Au cours du XXe siècle, les cabanes ont fait l’objet d’importantes restaurations. Certaines modifications ont été apportées aux faîtages : des toitures indépendantes de cabanes ont été reliées entre elles sur deux tiers de leur hauteur pour faire pendant à la ligne de faîtage ondulée d’un autre groupe. De même, le faîtage de la cabane contre le pignon du fournil, est passé d’une ligne en courbe et contre-courbe à une ligne horizontale bien droite, comme celle du faîtage du fournil. L’apparence est toujours celle de la « pierre sèche », mais le mortier est présent ici et là, gage d’une meilleure solidité. (2)

Les Cabanes du Breuil : cabane en pierre sèche servant de basse-courLes cabanes du Breuil forment un ensemble d’une demi-douzaine de cabanes, certaines jointives, d’autres indépendantes, éparpillées sur le côté d’une ferme et disposées comme suit :

  • Un premier groupe de cinq cabanes forme un arc de cercle bornant le côté amont de la ferme. Les deux premières constituent en fait une seule et même bâtisse (vraisemblablement un fenil), de plan au sol en forme de rectangle arrondi aux angles ; contre son extrémité arrière est accolée une cabane plus petite, de plan circulaire; les toitures des trois cabanes étant reliées entre elles par un faîtage concave, on a l’impression d’une seule et même bâtisse à triple toiture. Les deux cabanes suivantes sont disposées à angle droit et adossées, la première au pignon du fournil, la deuxième au gouttereau de ce même fournil, petit bâtiment à bâtière de lauzes dressé contre le pignon de la maison.
  • Un groupe de deux autres cabanes, également accolées entre elles et reliées par la toiture, se dresse parallèlement au premier groupe quelques mètres plus haut sur la pente.
  • Enfin, plus en amont, se dressent, isolées, une petite et une grande cabane, plus une petite à l’entrée du site. (1)

Aux plans de l’architecture et de la morphologie, chaque cabane peut se décomposer en trois éléments distincts :

  • Un corps de base en pierres maçonnées au mortier de terre (et non à sec).
  • Une voûte de pierres sèches encorbellées et inclinées vers l’extérieur.
  • Une toiture de lauzes, en forme de cloche avec coyau et rive débordante, qui vient recouvrir l’extrados de la voûte. Du fait de la déclivité du terrain, la rive des toitures rase le sol en amont. Les lauzes (ou lauses) sont des pierres plates n’excédant pas 6 cm d’épaisseur que l’on trouve dans les couches supérieures des terrains calcaires. Les pierres à bâtir sont extraites des couches inférieures. (1)

Les entrées, disposées en aval, font toute la hauteur du corps de base. Elles ont pour piédroits des pierres taillées en parement et disposées plus ou moins en alternance de boutisses et de panneresses. Elles sont couvertes d’un linteau et d’arrière-linteaux en bois, juste sous la rive de la toiture. Une porte en bois les ferme.

Dans chaque toiture, s’ouvre une large lucarne gerbière, dont les montants sont maçonnés et couverts d’une avancée de lauzes reposant sur un linteau et des arrière-linteaux en bois. La rive de la toiture s’interrompt à leur niveau. Certaines lucarnes sont accessibles (pour la volaille ?) par une volée de trois ou quatre dalles laissées en saillie sur le nu du mur inférieur. Chaque toiture est coiffée d’une grande dalle circulaire, taillée à la courbe. À l’intérieur, à l’amorce de l’encorbellement, des poutrelles en bois forment le rudiment d’un plancher. (1)

Les cabanes en pierre sèche sont l’une des composantes caractéristiques du paysage périgourdin. Elles semblent avoir été bâties au 19e siècle et ne peuvent être antérieures au XVIIe siècle. Le groupe fait partie intégrante de la ferme. Un premier groupe de trois cabanes est situé en retour d’équerre de la maison d’habitation couverte en lauzes, et délimite, avec les autres constructions, une cour intérieure précédée d’un porche qui porte la date de 1841. Les cabanes circulaires paraissent soudées l’une à l’autre. Un deuxième groupe de deux cabanes est construit de l’autre côté du chemin d’accès à la ferme. Il présente le même aspect et est construit selon les mêmes principes : moellons ébauchés, les plus gros utilisés pour des encadrements des ouvertures, ceux-ci liés à la terre. Les linteaux de portes et des grandes baies ouvertes en toiture sont en bois. Il n’y a pas de couloir de communication entre chacune des cabanes. Les toits sont constitués de plaquettes montées en encorbellement et sont légèrement débordants. Ces cabanes de dimensions moyennes servent de dépendances à usages divers. (3)

Proche des cabanes du Breuil, une carrière de lauzes vous invite à découvrir les techniques de construction en pierre sèche. On peut également assister à la fabrication et la cuisson du pain, dans un four à bois traditionnel, selon une recette familiale.

Une brève histoire des Cabanes du Breuil

L’origine des cabanes du Breuil est pour le moins imprécise. Au Moyen-Âge, les cabanes du Breuil auraient été habitées par les Bénédictins de Sarlat. La preuve en serait apportée par un acte de vente de 1449. Cependant, ce document n’a jamais été publié. Dans son livre, Les cabanes en pierre sèche du Périgord, paru en 2002, François Poujardieu écrit que « Le Breuil était un des domaines des Bénédictins du Chapitre de l’Évêché de Sarlat, mais il est écrit nulle part qu’existaient les cabanes que nous voyons aujourd’hui ». Il ajoute : « La propriétaire affirmait, il y a vingt ans, que les cabanes auraient été construites ou entièrement remaniées par son grand-père, au début du XXe siècle ». D’autre part, ce document parle du Breuil, alors que les « Cabanes du Breuil » sont situées, non pas au Breuil (un hameau voisin situé 500 m plus à l’ouest), mais sur le lieu-dit de Calpalmas…

Nénamoins, il semblerait que ces cabanes furent abandonnées à la fin du XVe siècle. Plus tard, de gros propriétaires les occupèrent jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, après quoi trois artisans s’y installèrent : un tisserand, un bourrelier et un forgeron. Vers 1870, la vie s’éteint à nouveau. Envahies par les ronces et le lierre, les maisons sont sauvées de la ruine par un couple qui en héritent et s’y installe en 1949. Aujourd’hui elles font partie d’une ferme de 15 hectares, toujours en activité. C’est le petit-fils des anciens fermiers qui continue de faire vivre ce patrimoine en accueillant les visiteurs….

Classement


Infos pratiques

Accès – Localisationicon info

  • Carte : IGN 48 – Pli D4.
  • Situation : Calpalmas, Saint-André-d’Allas (24200).
  • Accès : de Saint-André-d’Allas, prendre direction Le Bugue par D25. Cette route rejoint ensuite la D47. Après 2 km, tourner à droite après un garage, et prendre encore 2 fois à droite direction Bois-Legris. Continuer 1,5 km.
  • Coordonnées GPS : Longitude : 1.12438201 | Latitude : 44.9206899.
  • Google Map : https://goo.gl/maps/Z2UvHeHaB4K2.

Visites

  • Langues parlées à l’accueil : Allemand, Anglais, Espagnol, Italien, Néerlandais
  • Visite libre ou guidée.
  • Des ateliers sont organisés : activité d’initiation à la construction en pierres sèches (sur 3 jours), création d’un mur de soutainement simple ou double faces.

Services

  • Aire de pique-nique.
  • Animaux domestiques admis tenus en laisse. Point d’eau.
  • Boissons.

Accessibilité – Confort

  • Point Dépose Minute.
  • Proximité du parking au site : 50 m.
  • Distance entre le guichet et le début de la visite : 0 m.
  • Distance  à parcourir : moyenne. Peu de marches ou pentes à négocier.
  • Toilettes assez spacieuses pour accompagner un enfant, pour une personne à mobilité réduite, sans eau chaude ni espace bébé.

Plus d’infos sur l’accessibilité et le confort de cette visite en consultant la page Les Cabanes du Breuil sur le site ConfortExplore(4)

Pour en savoir plus…


Notes :

  •  (1) Wikipedia : Cabanes du Breuil.
  •  (2) Christian Lassure et Dominique Repérant, Les cabanes en pierre sèche de France, Éditions Edisud, 2004.
  •  (3) Site du Ministère de la Culture, Base Architecture-Mérimée, direction de l’Architecture et du Patrimoine, notice n° PA00083093.

Crédit Photos :

  • Les cabanes en pierre sèche du site dit Les cabanes du Breuil, au lieu-dit Calpalmas à Saint-André-d’Allas, en Dordogne, By Jebulon (Own work), via Wikimedia Commons.
  • Les cabanes du Breuil, à Saint-André d’Allas, Dordogne, By Jebulon (Own work), via Wikimedia Commons.
  • Vue du groupe "1" des Cabanes du Breuil, à Saint-André-d’Allas en Dordogne, By Jebulon (Own work), via Wikimedia Commons.
  • A l’intérieur d’une des Cabanes du Breuil, vue de la voûte en encorbellement, composée de pierres plates calcaires, les lauzes. Saint André d’Allas, By Jebulon (Own work), via Wikimedia Commons.
  • Cabanes du Breuil, Saint-André-d’Allas, Dordogne, By Rilba (Own work), via Wikimedia Commons.


Adresse

Adresse:

Les cabanes du Breuil, Calpalmas, 24200 Saint-André-d'Allas

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