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Bâti par Jean Beaulieu, précepteur du jeune Henri IV, le Château de Losse occupe un site exceptionnel, sur une courte falaise creusée d’une vaste grotte où l’architecte a osé lancer un arc de pierre pour soutenir la terrasse. Au pied des rochers, la sombre Vézère reflète la silhouette de la demeure. Enfermé dans ses murailles, entouré de douves, le château de style Renaissance, couronnés d’un chemin de ronde crénelé sur mâchicoulis, domine la vallée de sa terrasse et de ses jardins d’esprit Renaissance, classés et labellisés « Jardin remarquables » (1).


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À la découverte des lieux…

 Classé Monument Historique (MH)Ancré sur la falaise corrodée qui surplombe la Vézère, le château de Losse, bâti à la fin du XVIe siècle par le maçon gourdonnais Jehan Amarre, est fait d’une équerre de logis à étage, soudés par une tour circulaire à poivrière, l’ensemble étant couronné de mâchicoulis sommés d’un chemin de ronde qui porte les toitures aiguës. La demeure s’inscrit dans les douves et un rempart, renforcés d’un côté par une tour circulaire, de l’autre par une échauguette à souche généreusement moulurée et à coiffe de tuiles. Le châtelet d’entrée (XVIIe), hérissé de mâchicoulis, était précédé d’un pont-levis qu’à remplacé un pont fixe, aux arches inégales. La famille de Losse a tenu jusqu’à la Révolution la demeure qui appartient maintenant à la princesse d’Annam. De la rive droite, on admire le châtelet d’entrée ; de la rive gauche, la terrasse et l’élévation si pittoresque des logis. — Châteaux du Périgord, Jean Secret. (2)

Accroché à un rocher surplombant la rive droite de la Vézère, l’élégante bâtisse émerge d’un séduisant cadre de verdure. L’assiette de la demeure est si audacieuse qu’on a lancé un arc d’une roche à l’autre pour supporter la terrasse. Des douves profondes et un rempart isolent le château proprement dit, accessible par un pont dormant, succédant au pont-levis, et par un très beau châtelet couronné de mâchicoulis greffé sur une courtine dont les angles s’ornent de tourelles circulaires ou d’échauguettes à poivrières. Deux côtés du quadrilatère défensif sont occupés par des communs. C’est le plus important ouvrage défensif de ce genre du Sud de la France. (2)

Le grand logis du XVIe siècle s’étend parallèlement à la rivière et se soude au moyen d’une tour circulaire à une aile plus courte en équerre, de la même époque. Tout cet ensemble porte un chemin de ronde crénelé sur mâchicoulis, les hautes toitures d’ardoises étant posées au-dessus des merlons. Des tours d’angle et une petite chapelle dotée d’une échauguette carrée complètent l’ensemble d’une architecture particulièrement soignée. On tombe sous le charme de cette demeure d’une grande élégance. Pour la décoration de la façade taillée dans un calcaire blond, le maître d’œuvre a usé de tout l’alphabet décoratif classique de la Renaissance. (3)

Après avoir admiré la belle façade aux fenêtres Renaissance, on pénètre dans le Grand logis Renaissance, serti dans la forteresse du Moyen-Âge, par un magnifique escalier de pierre. À l’intérieur, l’exceptionnel mobilier italien et Louis XIII de qualité des XVIe et XVIIe siècles, ainsi que des tapisseries, dont deux du XVIIe, l’une flamande et l’autre florentine, fait l’admiration des visiteurs. Il témoigne du cadre de vie de Jean II de Losse sous les derniers Valois et les premiers Bourbons. L’escalier d’apparat et les salles présentent également de remarquables ornements, tels cheminées et décors sculptés.

Bordée de balustres Renaissance, la grande et magnifique terrasse s’appuyant sur la falaise révèle, dans sa plénitude, toute la beauté de la vallée de la Vézère.

Une brève histoire du Château de Losse

Originaire de Flandres, de la région de Gand et de Bruges, la famille de Losse s’établit dans la Vallée de la Vézère dès le XIe siècle. Depuis, la présence des Losse est attestée en Périgord. En 1191, le nom d’un certain Pierre de Losse est mentionné en tant que témoin d’une donation, celle d’une chapelle et d’un hôpital, de la part du comte de Montignac à cette ville. En 1290, un autre Pierre de Losse, est signalé : garde des Sceaux de Montignac, où il possédait de vastes constructions entourées de fossés. Plus tard, les annales mentionnent des Beaulieu de Losse qui ont servi les rois de France à Crécy, à Poitiers et à Azincourt.

En 1400, il est question de l’ « Hospititium de Lossa, in par. de Brenaco ».

Vers 1575, sous la direction du « maistre maçon » Jehan Lamarre, originaire de Gourdon, la forteresse médiévale fait place à un élégant logis Renaissance. Le propriétaire des lieux et commanditaire des travaux est alors Jean II de Losse (15041580) qui s’est illustré par une longue carrière politique et militaire. Il fut tout d’abord page de François Ier. Puis il servit tous les fils de Catherine de Médicis : François II, Charles IX et Henri III. Il fut aussi tuteur du futur Henri IV. C’est donc au service des rois de France qu’il se distingue. Il fut tout à tour capitaine (cité pour son courage dans les combats contre Charles Quint), puis gouverneur. Sous Henri II, puis François II, il est fait Gentilhomme de la chambre du Roi. Sous Charles IX, il est le premier capitaine Français de la garde écossaise du Louvre. En 1578, sous Henri III, il est un des premiers bénéficiaires de l’ordre du Saint-Esprit nouvellement créé.

Familier de la Cour et témoin de l’évolution architecturale de son temps, il souhaita mettre sa demeure ancestrale au goût du jour, selon l’influence italienne, lorsqu’à la fin de sa carrière, en 1573, il revint en Périgord comme lieutenant-général gouverneur du Limousin et de la Guyenne. Toutefois, il resta attaché à une certaine sobriété propre à ses racines provinciales. De plus, fort de son expérience militaire, il eut le souci, en cette période troublée des guerres de Religion, d’adapter les fortifications médiévales. C’est ainsi que pour assurer la défense du château, un tir croisé savamment étudié fut installé, à partir d’orifices dans les tours et la muraille à laquelle fut ajoutée une échauguette, avec les nouvelles « bouches à feu » (canons, couleuvrines et mousquets). Il mourut en 1580, à l’âge de soixante-quinze ans « vénéré dans tout le Périgord comme un des plus braves et plus vertueux gentilhommes de Guyenne. » (4)

Contemporain de Montaigne, Jean de Losse a souhaité laisser quelques devises, mystérieures, faisant écho de sa vie. Elles sont gravées dans la pierre dans divers endroits du château. L’une d’elles, sur une poutre du salon, « Avec la sueur, le sang et la prison », rappelle sans doute les blessures et la captivité de Jean Losse. Une deuxième sur le châtelet « Lorsque je cuidois achever, je commence, MDLXX » (« lorsque je le verrai achevé, je l’aurai commencé en 1570 ») paraît aussi mystérieuse que celle relevée sur un pittoresque fenestrage : « Quoique sans ailes, je gagne des régions aussi élevées que celles des oiseaux ». Sur la façade extérieure du châtelet : « L’homme fait ce que peut, la fortune ce que veut ».

En 1760, cet ancien repaire noble avait haute justice sur Thonac.

Famille

Ancien fief des Losse, des Beaulieu puis propriété des Gouyon et de la princesse Nhu May d’Annam.

Classement

  • Sont classés Monuments Historiques, par arrêté du 19 octobre 2007, le château avec le corps de bâtiment du midi et de l’ouest, le rempart et son fossé sur les fronts ouest et avec les tours, le châtelet, le pont et l’échauguette d’angle, terrasse du midi, pavillon dit « du moulin » à l’extrémité du jardin en terrasse.
  • Label « Jardin remarquable » attribué par le Ministère de la Culture et de la Communication.
  • Etoilé au Michelin Guide Vert Périgord.

Infos pratiques

Accès – Localisationicon info

  • Carte : IGN 48 – Milieu pli C4.
  • Situation : À Thonac (24290).
  • Accès : le château est situé sur la D706 en direction des Eyzies, à 6 Km sud-ouest de Montignac-Lascaux, sur une falaise surplombant la Vézère.
  • Coordonnées GPS (degré décimaux) : Longitude 45.029748° N – Latitude 1.128692° E.
  • Google Map : http://goo.gl/maps/Mf6NO.

Visites

  • Le château et les jardins sont ouverts tous les jours du 1er mai au 30 septembre de 12h à 18h.
    Fermeture le samedi sauf lors de week-ends fériés.
  • Durée de la visite guidée des appartements du Grand Logis : 45 minutes.
  • La visite des jardins et du parc ainsi que de la muraille et des expositions dans les tours se fait à loisir.
  • Texte de visite ludique pour les enfants et mini labyrinthe dans les bambous.
  • Groupes sur réservation.

Services

  • Langues parlées autres que français : anglais, espagnol.
  • Présentation audiovisuelle.
  • Parking gratuit (cars, voitures, vélos, camping cars) accès aisé.
  • Salon de jardin pour pique-nique et salon de thé dans le "Jardin de la Princesse".
  • Fiches multilingues.
  • Tournage de films.
  • Chèques Vacances acceptés.
  • Les chiens ne sont pas admis, mais point d’eau  à l’accueil.

Accessibilité – Confort

  • Point dépose minute.
  • Proximité du parking au site : 50 m.
  • Beaucoup de distance à parcourir.
  • Peu de marches ou pentes à négocier.
  • 80 % de la visite accessible Manfred Heyde Manfred Heyde aux handicapés.
  • Toilettes (dans le salon de thé) assez spacieuses pour accompagner un enfant, pour une personne à mobilité réduite.

Plus d’infos sur l’accessibilité et le confort de cette visite en consultant la page Château de Losse sur le site ConfortExplore(4)

Pour en savoir plus…


Notes et sources :

  •  (1) Le Périgord, Jean-Luc-Aubardier et Michel Binet, Éditions Ouest-france, 1988.
  •  (2) Dictionnaire des châteaux du Périgord, Guy Penaud, Éditions Sud-Ouest, Bordeaux, 1996.
  •  (3) Châteaux du Périgord par Jean Secret, Collection Art et Tourisme pour les Nouvelles Éditions Latines Paris.
  •  (4) Bulletin de la Société scientifique historique et archéologique de la Corrèze, Tome quarantième, Brive, Roche, Imprimeur de la Société, Janvier-Mars 1918.
  • Site du Ministère de la Culture, Base Architecture-Mérimée, direction de l’Architecture et du Patrimoine, notice n° PA00083019.
  • Dictionnaire des châteaux du Périgord, Guy Penaud, Éditions Sud-Ouest, Bordeaux, 1996 (ISBN 287901221X).
  • Jardins français bénéficiant du label « Jardin remarquable » décerné par le Ministère de la Culture.
  • Wikipedia : Château de Losse.

Crédit Photos :


Adresse

Adresse:

Château de Losse 24290 THONAC

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