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Aux confins du Périgord et du Bordelais, le site archéologique de Montcaret présente une villa gallo-romaine et ses thermes privés aux exceptionnels pavements de mosaïque. On distingue les vestiges d’une salle à manger pourvue d’un système de chauffage par le sol, d’une salle de réception à abside de 350 m2 (l’une des plus vastes connues à ce jour) et de bains privés, avec des pavements de mosaïques variés. Cette demeure et l’exploitation agricole attenante furent occupées sans interruption du Ie au Ve siècle. C’est l’un des plus beaux témoignages de la présence romaine dans nos campagnes du Périgord.


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Alors que la Domus de Vésone – qui abrite le Musée Vésunna – est un parfait exemple de la vie urbaine de l’époque gallo-romaine, le site archéologique de Montcaret nous donne à voir la vie rurale au tout début de notre ère. L’intérêt du site réside dans la richesse des mosaïques et dans la durée d’occupation ininterrompue depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours. Son agencement est de type gréco-romain. Établie sur les pentes du coteau de la Dordogne autour de quatre sources, et au carrefour de la voie romaine Cahors-Bordeaux et Bordeaux-Lyon, cette vaste propriété de plus de dix hectaures bénéficiait d’une position privilégiée et stratégique.

À la découverte des lieux…

Histoire de la découverte de la villa gallo-romaine de Montcaret

C’est l’abbé Delpeyrat, curé du village de Montacret (1867-1876) et archéologue amateur qui, lors de la construction de la gare repère dans les remblais du chantier un tombeau et quelques objets. La première mosaïque antique fut découverte en 1821. En 1827, au moment de construire un lavoir près de l’église Saint-Pierre, les maçons rencontrent des substructions et des mosaïques reconnus « antiques », qu’ils utilisèrent comme paroi et fonds du lavoir. Delpeyrat fit fortuitement diverses trouvailles archéologiques dans le bourg. Il rédigea un ouvrage de synthèse très documenté sur la paroisse de Montcaret. Il communiqua sa fièvre archéologique à Pierre Martial Tauziac (1866-1941), enfant de cœur et voisin de la cure. Avant de partir à Carsac, où il avait été muté, il prit soin de faire admettre son disciples, alors âgé de treize ans, à la Société archéologique de Périgueux.

Après le départ de l’abbé, Tauziac poursuivi les recherches. Il entreprit de longues démarches pour obtenir la désaffection du cimetière qu’il savait receler des témoignages archéologiques. Mais ce n’est qu’en 1920, qu’il obtint satisfaction et des fouilles méthodiques furent alors conduites. La même année, Jules Formigé, inspecteur génral des Beaux-Arts visite rencontre Tauzaic. Il fut émerveillé par le travail effectué et par l’intérêt exceptionnel de ce site. Dès lors, il fit prendre en charge les travaux par l’État. Pierre Martial Tauziac est alors officiellement chargé de l’exécution des fouilles, sous l’autorité de Jules Formigé et de M. Dannery, achitecte départemental, puis de son successeur M. Cocula.

Les pavements mosaïqués ont été mis à jour lors des fouilles dans les années 19201930. Ils ont été déposés et restaurés dans les années 1950, pas toujours correctement, hélas. Aujourd’hui, la superficie des pavements visibles sur le site représente environ 83 m2. Sept pavements en mosaïque polychrome sont encore en place, et un huitième, déposé, est exposé au sein du musée, sur un mur de la salle cruciforme. Ce sont ces pavements qui confèrent au site de Montcaret son caractère exceptionnel. Leur étendue et la variété de leurs motifs (écailles, feuilles de laurier, formes géométriques) relèvent le talent des artisans de l’ « école d’Aquitaine ».

Le site archéologique gallo-romain de Montcaret

Les vestiges des Ie au Ve siècles, réoccupés au moyen âge, appartiennent à la partie résidentielle d’une villa aristocratique gallo-romaine rurale. L’ensemble devait comprendre une demeure agricole, peut-être à vocation agricole, comme le suggère la présence de cuves et la découverte d’un col d’amphore originaire de Palestine.

En dehors de Vésone, de nombreuses villae ont été découvertes. (…) La villa la plus vaste, la plus riche et la plus spectaculaire est évidemment celle de Montcaret, découverte et patiemment fouillée par M. Thauziac. À l’ombre d’une église romane (et même sous ses fondations) on admire de remarquables mosaïques (celle qui est ornée de poissons est célèbre; elle fait penser, en plus modeste mais aussi en plus ancien, à Piazza-Armerina, en Sicile. Et des fouilles récentes lui ont trouvé un écho aquitain, à Saint-Émilion). À Montcaret, un balnearium se juxtapose à des pièces en exèdre. Des sépultures paleo-chrétiennes ont ensuite occupé le site. Cet important champ de fouilles a permis de recueillir des collections d’objets, qui constituent un musée local : la pièce la plus importante est peut-être, après les mosaïques, un petit Christ de bronze, vraisemblablement du Ve siècle. (1)

Au total, la surface mise au jour lors des fouilles qui ont eu lieu de 1920 à 1941 est d’environ 4 000 m2 soit la moitié de la superficie du domaine à son apogée. Une telle surface donnent une idée assez précise de la propriété foncière. La villa a connu au moins quatre états successifs : ne sont visibles actuellement que les fondations de la partie habitation (pars urbana) d’une riche villa gallo-romaine qui vit le jour à Montcaret autour du Ie siècle. Elle aurait connu une destruction partielle au IIIe siècle, peut-être à la suite des invasions de 275 par les Alamans, puis fut relevée et remaniée. C’est dans la seconde moitié du IVe siècle, qu’elle connu son extension maximale. La villa a sans doute été déserté avec les grandes invasions des barbares germaniques, les Vandales, en 406. Après le VIe, on est confronté à un vide historique. Toutefois, on sait qu’un prieuré bénédictin se serait établi sur les lieux à l’époque mérovingienne. Les moines y édifient une église au XIe siècle en réutilisant les matériaux de la villa, notamment des chapiteaux gallo-romains. Autour, les maisons du village sont également érigées avec les pierre de l’antique villa.

Les fouilles de la partie résidentielle ont mis à jour une salle à manger (tridinium) pourvue d’un système de chauffage par hypocauste (chauffage à air chaud), une vaste salle de réception et des bains privés : le frigidarium (salle froide) mosaïqué bleutés de décors aquatiques (poissons, calamards ou seiches, dauphins…).

La partie la mieux conservée de cet ensemble présente une pièce de plan polylobée au sol mosaïqué, probablement une salle à manger, greffée sur une salle d’apparat de 320 m2.

Le musée du site archéologique gallo-romain de Montcaret

Les fouilles ont essentiellement dégagé la partie balnéaire de cette vaste villa. Sur plus de 80 m2, un espace à ciel ouvert permet de suivre l’évolution permanente des fouilles les découvertes mises à jour : péristyle, cour intérieure, baignoire et thermes chauffés, piscine froide (frigidarium) décorée d’un bestiaire aquatique, ornements architecturaux, mosaïques particulièrement soignées. Toutes ces salles destinées à la pratique de l’hygiène corporelle étaient excessivement luxueuses et occupaient plus de 1 000 m2. L’ornementation, toujours recherchée, utilisait des matériaux venus d’assez loin, tels les marbres des vallées pyrénéennes de Saint-Béat et de Campan.

À l’intérieur, de vastes salles d’expositions laissent imaginer avec émotions la douceur de vivre en ces lieux grâce aux objets découverts au cours des fouilles : fragments de marbres et de chapiteaux romains, mobilier sauvegardé et restauré, vases, sépultures du VIe au XIIe siècles avec leur mobilier funéraire, et objets de la vie quotidienne.

La présentation a été modernisée en 1995 avec la construction d’un bâtiment de protection à l’architecture contemporaine qui abrite une salle cruciforme de 55 m2, véritable point d’orgue de la visite. Au sol, cinq tapis de mosaïques (45m2) et un chauffage par hypocauste ; on peut encore y voir le réseau de conduits aménagés sous le sol et dans les murs.

Le circuit de visite est bien conçu et didactique. Armé d’un fascicule, on déambule à travers les vestiges avec forces explications passionnantes.

Classement

  • Les ruines gallo-romaines et les objets mobiliers découverts dans le sol de la place de l’Eglise, classés Monument Historique par arrêté du 5 mars 1926 (référence n° PA00082687).
  • L’ancien cimetière : classement par arrêté du 2 juillet 1935.

Infos pratiques

Accès – Localisationicon info

  • Carte : IGN 47 – Bas droite pli D7.
  • Situation : 1, rue des Anciennes Postes, 24230 Montcaret.
  • Accès : 12 km nord-ouest de Port-Sainte-Foy sur la D936. Site archéologique situé au pied de l’église de Montcaret.
  • Coordonnées GPS (degré décimaux) : 44.859159 0.063759.
  • Google Map : https://goo.gl/maps/b63T52XvXDF2.

Visites

  • Visite libre avec document de visite français, anglais, allemand, néerlandais, italien et espagnol, durée : 1h.
  • Visite commentée en français pour les groupes. Sur réservation. Durée : 1h.
  • Historique de la fouille.

Services

  • Librairie-boutique.
  • Chiens guides et d’assistance autorisés.
  • Aire de pique-nique 400 m.
  • Parking pour autorcars 200 m dont 30 m en forte pente, gratuit.
  • Les chiens ne sont pas admis.

Accessibilité – Confort

  • Toilettes.
  • Site accessible aux personnes à mobilité réduite avec aide.

Pour en savoir plus…


Notes et sources :

  •  (1) L’Art en Périgord, Jean Secret, Office départemental de Tourisme de la Dordogne, Pierre Fanlac, 1976.
  •  (2)  Villa Gallo-Romaine Montcaret – www.archeoairbus.free.fr.

Crédit Photos :

  • Les ruines gallo-romaines de Montcaret (Own work), via Wikimedia Commons.


Adresse

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Musée de Montcaret

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