L'entrée du Musée d'Art et d'Archéologie du Périgord (MAAP)

Le MAAP, Musée d’Art et d’Archéologie du Périgord, propose un parcours autour de l’histoire des arts visuels de la préhistoire à nos jours, d’un point du vue local, européen, africain et océanique. Fondé en 1835, il est le seul musée de cette nature en Dordogne et le plus ancien du département. La qualité de ses collections et de son architecture lui ont valu le label « musée de France ». Le musée est principalement consacré à l’archéologie et l’ethnographie. Il présente sur plus de 2000 m2 d’exposition permanente un dixième des 45 000 œuvres que le musée possède, attachées aux vestiges de l’occupation humaine en Périgord, à la création artistique et aux savoir-faire de l’Aquitaine, mais aussi de la France, de l’Europe et des autres continents. À elle seule, la collection Préhistoire propose 18 500 références couvrant les époques paléolithique, néolithique et de l’âge des métaux. C’est la quatrième de France après celle des Musées de Saint-Germain-en-Laye, du Musée National de Préhistoire des Eyzies (dont elle est complémentaire) et du Musée départemental de Préhistoire de Nemours. (1)


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À la découverte des lieux…

Salle 1 – Hommage aux créateurs et aux donateurs

Le parcours commence par un hommage aux créateurs et aux donateurs de l’établissement. Wlgrin de Taillefer et Gabriel de Mourcin, archéologues, firent le projet, dès 1828, d’un grand musée. Celui-ci s’est enrichi très régulièrement de dons et legs dans les domaines de l’art et de l’archéologie. Parmi les pièces remarquables : une pyxide (XIIe), une Vierge en émail (XIVe), le vitrail de Saint-Silain (XVe), des vases antiques de la célèbre collection Campana, des objets de l’Amérique précolombienne, des œuvres d’artistes contemporains. Dans un deuxième temps, épis de faîtage, pots à huile en céramique, fonts baptismaux, coffres en fer et fonte de fer, témoignent de savoir-faire en Périgord du XVe au XIXe siècle. (2)

Préhistoire (4e collection de France)

À l’étage, on visite la section de Préhistoire qui a longtemps fait à elle seule la réputation internationale du musée. Quatrième collection de France de vestiges préhistoriques, les visiteurs peuvent découvrir les premiers silex taillés retrouvés sur les allées de Tourny longeant le musée, les squelettes fossiles de Regourdou (néandertalien) – la plus ancienne sépulture d’un adulte néandertalien d’Europe, trouvé au-dessus de Lascaux – et de Chancelade (magdalénien), site à proximité de Périgueux. L’art mobilier peint et gravé est représenté par des pièces uniques et exceptionnelles. On y trouve également les œuvres d’art issues des sites majeurs de Dordogne : peinture de boviné de l’Abri Blanchard (Sergeac), la représentation humaine du site de Cro-Magnon (Les Eyzies), le renne de Limeuil, les femmes de Termo-Pialat, la pendeloque au bison Chancelade, la rondelle aux isards de Laugerie Basse.

Dans ces salles, la priorité a été donnée à une présentation, attractive, pédagogique et didactique des pièces les plus remarquables. Outils, objets d’art et hommes fossiles sont exposés par site et par époque afin d’illustrer les repères fondamentaux des premiers instants de l’aventure humaine. Une collection riche de quelque 18 500 références.

  • Salle 2 – Un sas sert d’accès au monde Paléolithique et présente « une photo de famille » de nos ancêtres par Elisabeth Daynes, sculptrice spécialiste de la reconstitution. Face à cette image, une vitrine montre les premières expérimentations de la taille de silex en 1960-70, en France.
  • Salle 3 – L’univers de Néandertal évoqué par des bifaces acheuléens et moustériens, trouvés cours Tourny, face au musée. Tout autour, des vitrines évoquent les sites majeurs du Périgord, dont le squelette fossile, dit « l’homme de Regourdou » qui est l’objet de recherches au plan international.
  • Salle 4 – L’univers d’homo sapiens qui développèrent les techniques de la taille du silex, des bois de renne et de l’os. Aiguilles, sagaies, harpons, hameçons complètent son outillage. À droite, en entrant, une série de vitrines présente cette évolution. Au centre, sont exposés les blocs gravés et peints, des os gravés, tous originaux. Les autres vitrines sont consacrées aux sites référentiels du département. Au fond, l’homme fossile dit « de Chancelade » témoigne des pratiques funéraires ritualisées
  • Salle 5 – Trésors cachés : dans cette salle sont régulièrement présentés les trésors cachés du musée. (2)

Collections non européennes (7e collection de France)

Au rez-de-chaussée, une galerie est dédiée aux collections ethnographiques d’Afrique et d’Océanie. On doit cette section d’ethnographie non-européenne à Maurice Féaux et à Édouard Galy, tous deux passionnés de préhistoire. Ils se sont lancés dans une étude comparée des peuples primitifs, fondant ainsi l’ « ethnographie comparée » à la fin du XIXe siècle.

  • Salles 6 et 7 – Afrique et Océanie : les premières pièces de cette collection furent données au musée dans les années 1860. Elles furent rapportées par des missionnaires, des fonctionnaires chargés des colonies, des marchands et des voyageurs aventuriers, pour une grande majorité originaires du Périgord. Acquises, au départ, pour être comparées aux objets issus des fouilles des sites préhistoriques et présentées au côté de celles-ci, elles sont depuis les années soixante exposées pour évoquer les cultures auxquelles elles appartiennent. Ainsi, elles permettent d’approcher l’organisation sociale et spirituelle des cultures de l’Afrique et de l’Océanie. Les vitrines de la salle 6, consacrées à l’Afrique, présentent de très nombreux objets comme des reliquaires Kota, des masques N’Guéré, des statuettes Baoulé et Anyi… La salle 7 offre un panorama conséquent des cultures océaniennes, particulièrement de Nouvelle-Calédonie, des îles Vanuatu, Salomon et des Marquises. Entre autres choses, on peut y admirer des sculptures, parures et objets rituels… Quelques pièces curieuses comme ces sabres et lances à pointes de requin des îles Gilbert.
  • Salle 8 – Zoologie.
  • Salle 9 – Égypte et Antiquités méditerranéennes. Données par des archéologues périgourdins ou prêtées par l’État, ces collections proposent des objets associés aux rites funéraires en Egypte, en Grèce et en Etrurie, depuis l’Antiquité jusqu’au VIIe siècle de notre ère. Momie, masques mortuaires, couvercles de sarcophages, inscriptions gravées, tissus coptes témoignent des pratiques en Egypte. Vases grecs, bijoux en bronze ont été retrouvés dans les tombes étrusques. (2)

Collections médiévales

  • Salle 10 – Le cloître, espace jardin créé au XIXe  siècle à la demande de la Ville a été conçu pour la présentation et l’étude des collections lapidaires des périodes gallo-romaine, médiévale et Renaissance. La muséographie, inspirée par une vision romantique de la ruine issue des découvertes aux XVIIIe et XIXe siècles, met en valeur la richesse de l’architecture en Périgord et à Périgueux. Il accueille de vestiges remarquables venant d’édifices disparus de Périgueux et de Dordogne auxquelles sont venues s’ajouter, au fil du temps, des pièces trouvées lors de fouilles ou offertes par des collectionneurs. Parmi ces pièces, signalons les décors sculptés originaux (X-XIIe) de la basilique Saint-Front, des retables, des décors sculptés d’hôtels particuliers médiévaux et renaissance de Périgueux, détruits au XIXe siècle lors de la restructuration du tissu urbain, ainsi que du mobilier funéraire : sarcophages mérovingiens, carolingiens et des pierres tombales des XIIIe et XIVe siècles. De grandes sculptures du XIXe et du XXe siècle sont installées dans les niches et le jardin. Depuis 2002, sur le haut des murs, des « inscriptions » à la craie d’artistes contemporains témoignent de la société d’aujourd’hui, comme une réponse dans le temps aux écrits gallo-romains. (2)
Portrait de Jean Nicolas de Boullongne (1726-1787), par Louis Vigée – Plan du Siège de Namur, juin 1692 par Jean-Baptiste Martin, le vieux (1659 - 1735).

Portrait de Jean Nicolas de Boullogne (1726-1787), par Louis Vigée – Siège de Namur, juin 1692, par Jean-Baptiste Martin, le vieux (1659-1735)

Beaux-Arts et arts décoratifs, XVIe-XXIe siècle

Les œuvres exposées témoignent de l’histoire de la création artistique en Périgord, en France et en Europe, du XVIe siècle à nos jours : peinture, sculpture, mobilier et objets d’art.

Le Périgord du XVIe siècle trouve ses représentations dans le portrait de Pierre de Bourdeilles, dans le tableau commémorant la Réconciliation après la Fronde entre Périgueux et l’État, un portrait de la Marquise de Saint-Astier, du mobilier ayant orné les châteaux environnants, un superbe épi de faîtage en faïence de la Beauronne, des fers à hosties, des marmites. Pour le XVIIIe siècle, Fénelon, Jean-François du Cheyron du Pavillon et Mgr Machéco de Prémaux témoignent du XVIIIe siècle périgourdin et de celui de leurs voisins par le buste de Montesquieu.

La faïence de Bergerac, des commodes régence, des secrétaires Louis XVI en traduisent une partie des savoir-faire. Pour le XIXe siècle, le portrait de Madame Alfred Magne (dépôt de l’Hôpital de Périgueux), ainsi que de nombreuses œuvres comme « l’Âme au ciel » de Bouguereau, une Diane accroupie (marbre), un paysage de Bracassat, des commodes traduisent le faste du développement d’un art bourgeois et sensible. Sem, célèbre caricaturiste, Mademoiselle Jenny, grande couturière, Albert Bertolletti, artiste et secrétaire très dynamique de la Société des Beaux-Arts de Périgueux, de nombreux paysages, sculptures, réalisés par des artistes locaux de talent témoignent de l’activité artistique en région ou de l’artisanat d’art grâce aux faïences de Thiviers et Périgueux.

Ces œuvres sont entourées de peintures ou sculptures très caractéristiques de ces mêmes siècles pour la France, les Flandres et l’Italie. Le XVIIe siècle français est présent à travers Le siège de Namur de Jean-Baptiste Martin et deux autres scènes de batailles de Jacques Courtois, le XVIIIe siècle avec les paysages de Hubert Robert, Pierre Patel ou Adrien Manglard (Fin d’une tempête) ainsi que les tableaux de Charles Antoine Coypel (Vierge à l’enfant), Jean-Baptiste Oudry, Charles-Joseph Natoire et Pierre-Henri de Valenciennes ; enfin, on trouve le xixe siècle illustré par des œuvres d’Adolphe Appian, Achard, Boguet, Léon Bonnat, William Adolphe Bouguereau, Paul Guigou et le xxe siècle avec Maurice Marinot et Emile Othon Friesz pour la peinture et Jane Poupelet (originaire du Périgord), Privat ou encore Étienne Hajdu, tous sculpteurs de renom. Les Flandres sont représentées par de remarquables tableaux comme L’extraction de la pierre de folie par Pieter Huys, les natures mortes de Davidsz de Heem, Van Huyssen et Jan van Huysum, et des œuvres de peintres importants tels que Frans Floris, Abraham Bloemaert, Jan Fyt (Faucon chaperonné), Frans II Francken (Allégorie de l’occasion et Le Roi Salomon rendant grâce au dieu Moloch à la demande de ses cent femmes) ou Bartholomeus Breenbergh (Paysage aux ruines). L’Italie est présente avec le tableau de l’école de Véronèse, Saint Paul sur le chemin de Damas de Luca Giordano, des œuvres de Francesco Cairo, Giuseppe Recco (Marchand de poissons), Gaspare Diziani (Mucius Scaevola) et Sebastiano Ricci (Les Noces de Cana), Le Grand Canal par Canaletto (dépôt de l’État, MNR), ou encore les porcelaines de Capodimonte. Enfin, on note pour l’Espagne deux peintures de Luis de Morales. (1)

Salles 11 à 18 – Beaux-Arts et arts décoratifs, XVIe-XXIe siècle Dans ces salles sont exposées les pièces référentielles du musée en arts visuels : peinture, sculpture, mobilier et objets d’art. Ainsi, sur les hautes cimaises, se déploie l’histoire de la peinture française et européenne du XVIe à nos jours :

  • La peinture d’histoire avec des œuvres étonnantes comme « L’excision de la pierre de folie » d’Huys, « La bataille de Namur » de Martin des Batailles, « L’âme au ciel » de Bouguereau, « Les cavaliers de l’apocalypse » de Leeson.
  • Les paysages de Blomaert, de Manglard, de Canaletto, de Guigou, de Daniel.
  • Les portraits des grandes figures locales comme Pierre de Bourdeilles dit Brantôme (XVIe), de Fénelon (XVIIe), ou encore de Sem, célèbre caricaturiste du XXe siècle.

La sculpture évoque : la référence à l’antique, avec un buste d’empereur romain (XVIe), et une Diane accroupie (XIXe),

  • Des personnages célèbres comme Montesquieu (XVIIIe), Aurélie de Tounens (XIXe), Fulbert Dumonteil (XIX-XXe).
  • Les œuvres majeures de Jane Poupelet, Gilbert Privat, Etienne Hajdu (XXe).
  • Accompagnant ces arts majeurs et comme sortis des tableaux, mobiliers, faïences, émaux, objets d’art complètent cette présentation. La porcelaine XVIIe de Chine répond aux faïences de Delft au sein du couloir réservé aux œuvres flamandes des XVIIe et XVIIIe siècles. La porcelaine japonaise et chinoise du XIXe siècle répond aux porcelaines de Limoges et aux pièces plus contemporaines d’Albe ou Dalpeyrat.

Afin de contextualiser la création, pour chaque siècle, ont été réunis peintures, sculptures, mobiliers et objets d’art, évoquant non seulement le Périgord mais aussi l’art de France, d’Europe ou d’Asie, tous très présents dans l’ensemble des collections.

Salle 19 – Exposition temporaire. Le musée organise aussi trois à quatre expositions temporaires par an consacrées à la valorisation de ses trésors cachés et à l’accueil d’artistes contemporains. Il organise de nombreuses actions envers les publics : conférences, découvertes-ateliers, jeux de piste. Il participe à des événements nationaux comme les Journées européennes du patrimoine, la Nuit des musées, des opérations spéciales comme le week-end des musées Télérama et s’inscrit dans les programmations des festivals périgourdins comme Expoésie, ou encore le Salon du Livre Gourmand.

Une brève histoire du MAAP

Le premier noyau du musée est à dominante archéologique car il s’est constitué autour de la sauvegarde des vestiges gallo-romains de Périgueux dès 1835. Ce fonds a très vite été étoffé de collections de géologie, de minéralogie, de Préhistoire et de pièces des époques médiévales issues des recherches en Périgord. Y furent aussi adjointes, dans un esprit de connaissance universelle et de souci pédagogique des collections archéologiques d’Afrique du Nord (Égypte, Tunisie), de Grèce et d’Italie. De plus, la découverte de nouvelles cultures à travers la colonisation et l’émergence de la préhistoire ont entraîné un mouvement d’étude dit d’ethnographie comparée, consistant principalement à rapprocher entre eux des savoir-faire, en particulier celui ayant totalement disparu en Europe, la taille du silex. Ainsi ont été collectées en France, en Angleterre, en Allemagne et à Périgueux… des pièces provenant d’Océanie, des Amériques, d’Afrique et d’Asie.

En 1857, est adjoint à ce noyau « archéologique », une section Beaux Arts présentant des œuvres locales, françaises et européennes du XVIe siècle à nos jours. C’est la seule et unique collection publique de cette nature en Dordogne. Celle-ci a été constituée par des dons et achats de collections en Région, par des dépôts de l’État, œuvres venant des fonds du Louvre ou œuvres contemporaines achetées aux Salons de Paris.

En 1891, un très important legs du Marquis de Saint-Astier décida la Ville à bâtir le musée qui fut construit de 1895 à 1898. Il est aménagé une première fois de 1898 à 1903. Il est toujours héritier dans son organisation actuelle de l’histoire de la formation des collections. (1)

Classement

  • Le Musée d’Art et d’Archéologie du Périgord (MAAP) bénéficie du label « musée de France ».
  • Le Musée a été gratifié de 2 étoiles par le guide Vert Michelin et se classe ainsi dans la catégorie des monuments incontournables du Périgord.

Infos pratiques

Accès – Localisationicon info

  • Carte : IGN 48 – Pli B1.
  • Situation : Musée d’Art et d’Archéologie du Périgord, 22 cours Tourny 24000 Périgueux.
  • Coordonnées GPS (degré décimaux) : Longitude 45.1858464 N – Latitude 0.7236245 E.
  • Google Map : https://goo.gl/maps/svEdT4ZHSLR2.

Visites

  • Billet jumelé MAAP / VESUNNA.
  • Pour les enfants, un jeu de piste en plusieurs langues permettant une approche ludique du musée.

Services

  • Une bibliothèque documentation mise à la disposition de tous les publics, gratuitement sur rendez vous. Les livres ne sont consultables que sur place.

Accessibilité – Confort

  • Accessible aux personnes à mobilité réduite.

Pour en savoir plus…


Crédit Photos :

  • L’entrée du musée d’art et d’archéologie du Périgord, cours Tourny, Périgueux, Dordogne, By Père Igor (Own work), via Wikimedia Commons.
  • Portrait de Jean Nicolas de Boullogne (1726-1787), par Louis Vigée, au Musée d’Art et d’Archéologie du Périgord, Périgueux, By Louis Vigée (Own work), via Wikimedia Commons.
  • Siège de Namur, juin 1692, par Jean-Baptiste Martin, le vieux (1659-1735), musée d’art et d’archéologie du Périgord, Périgueux, via Wikimedia Commons.


Adresse

Adresse:

Musée d’Art et d’Archéologie du Périgord, 22 cours Tourny 24000 Périgueux

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