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Situé sur le ruisseau des Belles Dames, affluent de l’Auvézère, près de Payzac, aux confins du Limousin, la papeterie de Vaux-Malherbeaux a été crée en 1861, sur l’emplacement de deux anciennes forges, pour produire du papier de paille de seigle. À Malherbeaux, la pâte à papier est fabriquée à partir de paille, laquelle est transformée en papier à Vaux. Le principal débouché du papier paille est celui des bouchers. Commercialisé sous le nom « Épi d’Or », ce papier restera essentiellement papier d’emballage de produits alimentaires et de cartonnage. Après des périodes d’essor, de difficultés et d’adaptation, la papeterie cesse toute activité en 1968, la matière première venant à manquer. Classée monument historique, la papeterie de Vaux est la seule en Europe à proposer une chaîne de fabrication datant du XIXe siècle, intacte et en état de marche. Rachetée par la commune de Payzac en 1994, restaurée et valorisée, elle est depuis 2002 un écomusée qui adhère au réseau européen des Musées du Papier. C’est donc un site majeur du patrimoine industriel en Périgord, véritable témoignage de l’ère industrielle du XIXe siècle.


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À la découverte des lieux…

La papeterie de Vaux présente un espace muséographique de 800 m2, témoignage unique en Europe des débuts de l’ère industrielle de la papeterie. Au cours de votre visite, les différentes étapes de production du papier vous sont présentées. Vous assistez ensuite à une démonstration de fabrication de papier de paille, avant de visionner une vidéo sur l’histoire du site et le patrimoine du bassin de l’Auvezère. Maquettes manipulables, vidéo sur l’énergie hydraulique, éléments documentaires in situ sont à la disposition des classes.

Les abords immédiats du site – et du ruisseau des Belles Dames, affluent de l’Auvézère – ont été dégagés au début de l’année 1995 par les Chantiers du petit patrimoine périgourdin ou C3P.

Une brève histoire de la Papeterie de Vaux

Payzac-papeterie-Vaux-rouesUn ancien moulin construit en 1550 devient forge au XVIIIe siècle. C’est une affinerie appelée aussi « forge à fer ». On y produit le fer de pièces à fusil qui alimente la manufacture d’arme de Tulle. En 1860, à l’heure où sonnait le glas de la sidérurgie du Périgord, le propriétaire de Malherbaux et Vaux, Camille Bon, décide de reconvertir ces deux sites en une production de papier à paille. À Malherbeaux, la pâte à papier était élaborée à base de paille de seigle hachée, macérée dans du lait de chaux vive en immersion dans des fosses, puis broyée sous deux paires de meule en granit qui la transformait en pâte à papier.

Au milieu du XIXe siècle, la plupart des forges du Périgord sont dans une situation difficile. C’est le cas de la forge de Malherbeaux dont la production diminue faute de débouchés suffisants. Le traité de libre-échange signé entre la France et l’Angleterre en 1860 porte un coup mortel aux maîtres de forges périgourdins. Ils ne peuvent pas lutter face à la concurrence des installations métallurgiques britanniques plus productives, offrant des fers à moindre coût. À la même période, les fabriques de papier de paille sont au contraire, en pleine expansion. La paille de seigle offre une matière première avantageuse, le seigle, céréale des terres acides et pauvres est cultivé abondamment dans cette région du Périgord – Limousin sur les sois granitiques. Il présente une paille de grande longueur, riche en cellulose. Les fabriques de papier de paille tendent à supplanter les fabriques de papier-chiffon, dont la matière première est devenue trop chère.

De là, il est acheminée par des charrettes à bœufs jusqu’à Vaux pour une fabrication en « continu » sur une machine à papier très élaborée pour l’époque et pour le lieu : des piles, ou cuves, dites « hollandaises » broient la pâte sous des cylindres à lames de bronze. Puis une machine « à la forme ronde » entraîne sans interruption la pâte sous forme d’une feuille continue. Le papier s’enroule alors en bobines, après avoir séché au dessus de cylindres chauffants alimentés par de la vapeur produite par de vastes chaudières à charbon qui nécessitaient une attention quasi constantes. En 1861, ce système ingénieux était unique en France et en Europe.

La production du papier paille est devenue une spécialité limousine. La production annuelle est de l’ordre de 50 millions de tonnes au début du siècle. En 1896, la papeterie de Vaux-Malherbeaux fabrique près de 350 tonnes de papier, 500 tonnes en 1913. La production est perturbée par la première guerre mondiale. Le jeune Léon Ragot est mobilisé. L’activité est arrêtée de mars 1915 à septembre 1915. Après une légère reprise, la papeterie est à nouveau fermée en 1917. La production reprend après le retour de Léon Ragot en janvier 1919. (1)

L’ensemble des mécanismes était mû par l’énergie hydraulique, développée par deux roues à augets. L’entreprise produisait du « papier jaune », longtemps connu comme « papier de boucherie ». Ce papier aux qualités naturelles, sans encollage ni colorants, servit longtemps dans le domaine de l’emballage alimentaire, dont l’emballage des régimes de bananes venues des anciennes colonies. Certains artistes détournèrent ce papier de son usage domestique : ce fut le cas du peintre post-impressionniste Chabaud ou l’architecte Le Corbusier qui y crayonnait des plans…

Le principal débouché du papier paille est celui des bouchers. Il restera essentiellement papier d’emballage et de cartonnage. La Société Générale des Papeteries du Limousin fait référence au décrêt du 28 juin 1912 dans ses publicités pour le papier de paille « Epi d’or ». On peut lire: « L’hygiène la plus élémentaire exige l’emploi du papier paille. Le décrêt du 28 juin 1912 interdit de placer en contact direct des papiers usagers manuscrits ou imprimés en noir ou en couleur, les denrées alimentaires humides ou grasses. Qu’il s’agisse de volailles, viandes, poissons, beurre, graisses, légumes et fruits frais, l’emploi du papier paille est nettement et formellement indiqué. Il y a donc lieu de proscrire rigoureusement l’utilisation des papiers souillés, parce que ces papiers sont extrêmement dangereux pour la santé publique… Propreté, légèreté de manipulation (il ne pèse que 90 grammes ou 75 grammes au mètre carré), il ne multiplie pas le poids des provisions… ». (1)

En septembre 1968, Léon Ragot, dernier papetier de Vaux, ferme définitivement l’usine familiale. Le papier ne répondait plus aux nouvelles normes. Son exceptionnel état de conservation sera mis en lumière par des historiens du papier et la DRAC Aquitaine. Rachetée par la commune de Payzac en 1994, la Papeterie de Vaux est classée monument historique. Restaurée et valorisée sous la direction de l’architecte en chef Philippe Oudin, et de la muséographe Malika Boudelal qui définit le concept d’une « Usine aux champs », la papeterie de Vuax est, depuis 2002, un écomusée qui adhère au réseau européen des Musées du Papier. C’est la dernière papeterie en Europe à présenter une chaîne de fabrication intacte de cette époque. Il est toujours possible d’y fabriquer du papier, mais de façon artisanale. (2)

La région de Payzac joue la carte de l’archéologie industrielle (papeterie de Vaux, forge de Savignac-Lédrier) et de l’architecture rurale traditionnelle (granges ovalaires). Ce sont d’indéniables attraits touristiques pour cette région du Périgord aux frontières du Limousin.

Classement

  • Membre de la fédération des Ecomusées et Musées du papier d’Europe.
  • Prix national du patrimoine.
  • Étoile Michelin du tourisme.
  • Résidence d’artiste.


Papeterie de Vaux – Dordogne


Infos pratiques

Accès – Localisationicon info

  • Carte : IGN xxx – xxx.
  • Situation : Vaux 24270 Payzac.
  • Coordonnées GPS : Longitude : 1.24546105 | Latitude : 45.3905086.
  • Google Map : https://goo.gl/maps/8q3B2a1bFxw.

Visites

  • Durée des visites : 1 h / 1 h 15 – modulable.
  • Visites : hors saison touristique, uniquement sur rendez-vous.

Services

  • Langue(s) parlée(s) autres) que le français : anglais.

Accessibilité – Confort

  • Point Dépose Minute.
  • Proximité du parking au site : 50-100 m. Distance entre guichet et début de la visite : 0-50 m.
  • Distance à parcourir : moyennement. Peu de marches ou pentes à négocier.
  • Toilettes assez spacieuses pour accompagner un enfant, pour une personne à réduite difficile, sans eau chaude ni espace bébé.

Plus d’infos sur l’accessibilité et le confort de cette visite en consultant la page Papeterie de Vaux sur le site ConfortExplore(4)

Pour en savoir plus…


Notes :

Crédit Photos :

  • La machine à papier, papeterie de Vaux, Payzac, Dordogne, By Père Igor (Own work), via Wikimedia Commons.
  • Les anciennes papeteries de Vaux, Payzac, Dordogne, By Père Igor (Own work), via Wikimedia Commons
  • Détail de la machine à papier, papeterie de Vaux, Payzac, Dordogne, By Père Igor (Own work), via Wikimedia Commons.
  • Les deux roues des anciennes papeteries de Vaux, Payzac, Dordogne, By Père Igor (Own work), via Wikimedia Commons.


Adresse

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Papeterie de Vaux

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