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Le bourg de Piégut-Pluviers est dominé par la haute silhouette d’un donjon circulaire de 23 mètres, couronné de mâchicoulis, unique vestige d’un château construit sur une motte naturelle, qui fut détruit en 1199 par Richard Cœur de Lion. C’est un spécimen fort intéressant de l’architecture militaire du Moyen-Âge dans la partie limousine du Périgord.


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À la découverte des lieux…

 Classé Monument Historique (MH)Sous l’occupation romaine, Piégut était désigné sous le nom de « Podium Accutum », « Podium » désigne un lieu élevé et « Accutum » signifie en français aigu. Puis ce nom est devenu « Pic-Aigu », « Puy-Aigu » et enfin Piégut vers la fin du XVIIe siècle.

Sur une motte naturelle très abrupte composée de blocs de granit, fut construit tout d’abord une tour de guet en bois (vers le IXe siècle), puis un château-fort avec sept tours et donjon, héritier possible de quelques oppidums (place forte gallo-romaine).

Dès le IVe siècle, le Limousin comme le Périgord sont érigés en Comtés. La châtellenie de Nontron appartient au Limousin. Nontron étend alors son influence sur vingt-deux châtellenies comprenant soixante-douze paroisses. Dans les années qui suivent, les vicomtes de Limoges auront à défendre leurs terres à plusieurs occasions contre les Normands. C’est ainsi qu’ils érigent des tours de guet en bois, véritables postes d’observation, sur les mottes qui jalonnent leurs possessions. Il est vraisemblable que le château de Piégut, au même titre que ceux de Champniers ou de Châlus trouve ses origines dans ces constructions primitives.

C’est au XIIe siècle que le vicomte de Limoges fait dérasé et terrassé ce tertre de granit pour y ériger la tour médiévale de Piégut, afin de défendre la route de la capitale du limousin. Elle est aujourd’hui le seul vestige remarquablement bien conservé à ce jour, quant à son aspect extérieur, en raison de la solidité de son appareil. Beaucoup mieux conservé que la ceinture de murailles qui l’entoura au XVe siècle lorsque le château fut transformé en demeure et cessa de jouer un rôle militaire. On notera que les donjons circulaires sont rares en Périgord et sont tous localisés dans le Nontronais.

Tour-de-Piegut-ruines

Le donjon circulaire, en bel appareil de granite, mesure 23,10 mètres de haut et 7 mètres de diamètre. Il comportait quatre niveaux : une pièce circulaire au rez-de-chaussée, voûtée en coupole et haute de 3,70 m ; une autre pièce, également circulaire, au premier étage, où l’on pénétrait par une porte plein cintre de 2,50 m de haut ; enfin deux étages séparés par un plafond et dont le plus élevé était voûté d’une coupole polygonale. La pièce du bas, complètement obscure, servait de magasin à vivres ou encore de mrison. Le premier étage, voûté d’une coupole identique à celle du rez-de-chaussée, était éclairé par une fenêtre extérieurement très étroite et doté d’un caniveau d’écoulement. On accédait aux étages supérieurs par une petite porte percée dans la coupole et ensuite par une trappe ; l’éclairage était assuré au second par une fenêtre, au troisième par deux baies relativement large : il est probable que ces ouvertures datent de la fin du XIVe siècle ou du début du XVe, de même que la partie haute de la tour sommée de mâchicoulis, dont l’appareil est nettement plus petit que le restant de l’édifice. — Noël Becquart, Le Périgord vu par Léo Drouyn.

Il faut aujourd’hui une échelle pour atteindre la porte du rez-de-chaussée et l’employer encore pour parvenir au premier étage. Ce donjon conserve des traces de sa couronne de mâchicoulis. Il témoigne de l’ampleur défensive de l’édifice originel.

Une brève histoire de Château L’Évêque

Situé au croisement de plusieurs provinces, le château est très tôt confronté aux vicissitudes de l’histoire. Mais c’est en 1199 que Piégut entre véritablement dans l’histoire, année où il fut assiégé par les troupes de Richard Coeur de Lion qui, après son retour de croisade avait entrepris une expédition en Nontronnais pour châtier son vassal infidèle, le vicomte de Limoges Adémar V, lequel durant son absence avait pactisé avec le roide France. Mais Richard ayant reçu la flèche qui lui fut fatale non loin de là, devant Châlus, les Anglais se hâtèrent de déguerpir et le siège fut levé, épargant ainsi au donjon de Piégut une probable destruction. (1)

tour-piegut-donjonEn 1365, un recensement anglais fait état de dix-huit habitants répartis en trois feux.

Resté aux successeurs d’Adémar après cet épisode, le château échut en 1421 à Thibaud de La Gouflaye puis, par allinace, à la maison de Colonges. C’est vraissemblablement à cette époque que Piégut cessa d’être une forteresse et qu’au donjon primitif fut ajouté une troisième étage avec ses mâchicoulis, en même temps que les nouveaux seigneurs construisaient tout autour des murailles protectrices et des pièces à usage d’habitation. on a peut de renseignements sur ces constructions qui durent s’échelonner jusqu’au XVIe siècle : elles comportaient sept demi-tours jalonnant une vaste enceinte, et au milieu, à l’Est du donjon et tout près de lui, une tour circulaire maintenant à peu près totalement détruite. (1)

En 1569, l’armée calviniste met à sac les lieux, suivie par les soldats de la Ligue et les Croquants en révolte.

Le dernier des Colonges, Charles-Hélie, fit dopn de ses biens en 1610 à sa mère, Charlotte de Fumel, laquelle remariée en 1629 avec Jean-Hélie de Pompadour, apporta à cette famille la terre de Piégut. Il semble que dès lors le château ne fut plus habité par ses maîtres : il passa en 1708 aux Danjeau de Courcillon, en 1735 aux Du Lau d’Allemans qui en achetèrent les « masures », en 1769 aux La Ramière et ensuite aux de Wismes puis aux de Malet. Les constructions du XVe siècle, sans doute peu confortables, se dégradèrent peu à peu au cours des âges, laissant de nouveau émerger l’antique donjon de granit, beaucoup plus résistant. Enfin, le marquis de Malet devait faire don de la tour à la commune de Piégut-Pluviers le 21 juillet 1956.

Jusqu’à  la  fin du XIXe siècle, Pluviers était le siège de la paroisse.

Classement

  • La Tour de Piégut est inscrite à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques depuis le 3 octobre 1946.

Famille

Ancien fief des La Gouflaye, des Collonges, des Pompadour, des Danjeau, des du Lau et des Mallet puis propriété des de la Ramière et des Wisnes. Propriété de la commune de Piégut-Pluviers depuis le 21 juillet 1956.


Infos pratiques

Accès – Localisationicon info

  • Carte : IGN 40 – Milieu gauche pli D10.
  • Situation : 39 Place de la Tour – Piégut-Pluviers (24360).
  • Accès : à 6 km de Saint-Estèphe, à la sortie de Piégut-Pluviers, direction Le Bourdeix, ruines du château.
  • Coordonnées GPS (degré décimaux) : Longitude 45.621784 – Latitude 0.686349.
  • Google Map : https://goo.gl/maps/jwPvVdUDv5P2.

Visites

  • Libre.

Pour en savoir plus…


Notes et sources :

  •  (1) Le Périgord vu par Léo Drouyn, Édition du centenaire de la Société historique et archéologique du Périgord, Pierre Fanlac, 1974.
  • Site du Ministère de la Culture, Base Architecture-Mérimée, direction de l’Architecture et du Patrimoine, notice n°  : PA00082766.
  • Dictionnaire des châteaux du Périgord, Guy Penaud, Éditions Sud-Ouest, Bordeaux, 1996 (ISBN 287901221X).

Crédit Photos :

  • Tour de Piegut, By Michael Stuckey (Own work), via Wikimedia Commons.
  • Tour de Piegut, By Traumrune (Own work), via Wikimedia Commons.


Adresse

Adresse:

39 Place de la Tour, 24360 Piégut-Pluviers

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